‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 158 sur 263 · M T ! MT D D · texte numérisé non relu

M T ! MT D D

Musée d'armes (n° 1971 de l'Incentatre). | Musée d'urmes (n° 1972 de l’Inventaire).

Descr. — Lettres en relief. de 0,015 et 0,09, gravées sur le fond de bocaux en verre, tres bien conservés, tous deux d'égales dimensions, hauts de 0,11. — C’est évidemment le même cachet qui a servi pour les deux marques.

Hist. — Ces deux verres, et deux autres aujourd’hui perdus (sans marques de fabrique, semble-t-il), «avaient été », dit JOUANNET, € soigneusement renfermés dans un coffret, dont le bois n'existait plus, mais dont nous trouvâmes les attaches angulaires en fer »; ils ont été trouvés en 1830 dans le cimetière romain de Terre-Nègre,

Bibl. — JouAxNET, Acad., 1831, pl. IX, n° 43; le trpe des vases est dessiné pl. VII, n° 20, cf. p. 159 et 172.

Miro) Thsssessa) Gse

a b V Ç e D'après l'original. — Lettre de 0,02, D'après l'original. — Lettre de mème

en relief assez saillant, sur la paroi exté- | aspect, sur un fragment entierement semrieure d’un fragment de verre antique, qui | blable. semble avoir appartenu à un grand vase.

Hist. — Ces deux fragments ont fait partie du même vase, et ont été trouvés en même temps, rue de Grassi, n° 12 (salle des Ventes). Ils sont conservés par BRAQULHAYE.

De toutes les marques recueillies sur des objets fabriqués, celles des briques (lateres, lateres cocti) sont les plus intéressantes et les plus utiles pour l'histoire générale de l'industrie romaine. Le développement prodigieux que prirent, sous l'empire, ces constructions publiques et municipales dont la brique était un élément essentiel, murs, amphithéâtres, thermes ou aqueducs, fit multiplier à l'infini les briqueteries et les manufactures de terres cuites (/iglinae). Chacune avait sa marque, estampillée sur ses produits. Par ces marques, nous apprenons les noms des grands industriels de Rome, qui étaient souvent des personnages d'un rang très élevé: par exemple, Marcus Rutilius Lupus, Quintus Asinius Marcellus et Lucius Plautius Aquilinus, consuls ou membres de famille consulaire, possédaient d'immenses fabriques (Marquardt, Privatleben, p. 645). Les empereurs eux-mêmes en acquirent ou en confisquèrent, et ce ne fut pas le moindre de leurs revenus: la dynastie des Jules et des Claudes posséda la manufacture appelée officina Pansiana, près de Rimini; Domitien, Trajan, Hadrien, Faustine, la femme d'Antonin le Pieux, bien d'autres princes ou princesses de la famille impériale s'enrichirent à ce commerce. De leur côté, les légions fabriquaient elles-mêmes les tuiles nécessaires aux travaux militaires, tuiles marquées, cela va sans dire, au nom et au numéro du corps: ces estampilles nous permettent de retrouver les campements des légions, les districts qui étaient de leur ressort, et même de les suivre dans leurs expéditions. Enfin, il arrive souvent que les briques portent les noms des consuls sous qui elles ont été faites: ce qui rend possible de fixer, presque à coup sûr, la date du monument auquel elles ont été employées. |

Nous ne possédons malheureusement pas à Bordeaux de brique datée. Une seule parmi celles que nous allons donner, celle de Publius

3959 ets.

399 els.

ÆRutilius Antoninus (n° 372), semble être, à cause de la présence de ce nom, d'exportation étrangère et provenir d'une grande manufacture italienne. Les autres paraissent sortir de fabriques locales, dont les deux plus estimées furent sans doute celle du citoyen romain Caius Octavius Catulus et celle de Herula, fils de Toutissa, Biturixz Cubus, citoyen biturige cube.

Nous n'avons encore trouvé, parmi les briques innombrables qui ont été employées dans la construction du Palais-Gallien et de la muraille gallo-romaine, aucun fragment estampillé qui puisse nous donner une indication certaine sur l’âge de ces importantes constructions et sur l'origine des matériaux. La brique au nom de Zupus (n° 361) vient peut-être de l'amphithéâtre : mais nous ne pouvons que le supposer.

Voyez, sur ces marques de fabrique, outre celles qui sont disséminées dans le recueil de Schuermans, les collections données par M. Descemet, Znscriptions doliaires Latines, marques de briques relatives à une partie de la gens Domitia (1880, Paris, in-8), et par Marini dans son manuscrit Le tscriziont dolari (Vatican 9110), récemment publié par M. de Rossi (Rome, 1885); cf. les savants articles de M. Geffroy publiés, à propos de ces deux livres, sur L’épigraplie doliaire chez les Romains, dans le Journal des Savants de 1886. Sur la fabrication des briques, voyez Blümner, Z'echnologie und Terminologie der Gerxerbe und Æünste bei Griechen und Ræmern, t. IT (1879, Leipzig, Teubner), p.Jets.

ANTHI

D'après l'original (collection Combes).

Descr. — Belles lettres en relief, à peine saillantes, grasses et aplaties, hautes de 0,025. Le mot est encadré. |

Fragment de brique épaisse de 0,035.

Hist. — Trouvée maison Petit, rue de Grassi, n° 9.

Anthi ([officina).

Anthus est le nom grec 6:ç, « fleur ».

Pa,

D'après l'original (collection Braquehaye).

Descr. — Lettres en relief, hautes de 0.02, d'assez bonne époque.

La brique a 0,024 d'épaisseur.

Hist. — Trouvée le 6 mai 1882, devant l'École des Beaux-Arts (rue Ravez), dans les déblais d'une tranchée, par BRAQUEHAYE.

Fllavius|.

LYP

D'après l'original (Musée d'armes, anciennement au Dépôt J.-J, Bel). — Provenance inconnue. ;

Descr. — Lettres en creux, de basse époque, épaisses, allongées et grasses, hautes de 0,035.

La brique, aujourd'hui brisée, mais qui parait avoir été considérable en largeur et en longueur, a 0,04 d'épaisseur.

Lup(us).

Ce Lupus est-il le Marcus Rutilius Lupus qui fut propriétaire de la manufacture appelée figlina Brutiana, de l'an 109 à l'an 122 de notre ère, et dont les produits portaient un loup comme marque (Borghesi, Œuvres, t. IV, p. 387)? Je ne le pense pas. La forme des lettres, allongées, grasses, laides, et en particulier l'aspect du P, dont la boucle rejoint la haste, ne nous permettent pas de placer la brique avant le troisième siècle.

Les dimensions de la brique, sa forme, l’âge des lettres sembleraient faire croire qu'elle a servi à la construction du Palais-Gallien. De fait, Caila mentionne dans son Æzxphcation [ms.], n° 74, des « briques » trouvées dans les fouilles faites dans le cirque du Palais-Gallien »en 181.. [sic] >. Mais aurait-il omis de transcrire la marque du fabricant, si l'une de ces briques l'avait portée ?

362 «ts.

Marques de Merula.

Les briques estampillées au nom de Æ/erula sont de deux sortes : les unes portent « VMervla, Toutissae f{ilius) », les autres, « Merula Cubus ». Il est visible que les unes et les autres concernent le même Merula : les lettres des deux cachets ont en effet la même hauteur, à peu près 17 millimètres; elles sont absolument de la même forme et appartiennent également à une assez bonne époque. Les dimensions et l'aspect de l'estampille sont identiques : l'inscription est gravée dans une couronne Circulaire, dont le centre est toujours formé par une rosace à quatre lobes. Les briques ont enfin la même teinte rosée et le même grain.

Ce Aerula, fils de Z'outissa, s'appelle Cubus, c'est-à-dire, probablement, civis Bilurir Cubus, membre de la cité des Bituriges Cubes, cité dont Acaricum, Bourges, était le chef-lieu. Æ/erula, « le merle », paraît un nom d'origine latine; l’autre nom est en revanche essentiellement celtique : Z'outissa est formé, à l’aide du suffixe -#ssa (cf. p. 214), du radical {out-, dont l'épigraphie gallo-romaine nous a fait connaître un très grand nombre de dérivés, Zoutus et Z'outius, Toutiorix, Toutillus, Jouto et Zoutona.

Ces deux marques se sont rencontrées, non pas seulement à Bordeaux (cf. ici), et dans le territoire des Bituriges Vivisques (cf. plus loin}, mais encore au dehors et assez loin de nos pays. On les trouve toutes deux à Saint-Georges-de-Didonne près Royan, par conséquent chez les Santones (Société archéologique, t. IV, p. 26; Audiat, Zyigraphie Santone, p. 67). M. le marquis de Puifferrat possède un MERvILA. cvBvs, qui vient, m'a-t-1l dit, de Hure, endroit qui devait faire partie du territoire des Vasates. Benjamin Fillon en cite un autre provenant d'Auzay en Vendée, chez les Piciones (L'art de terre chez les Poitecins, 1864, Niort, p. 23; 24e, Schuermans, n° 1789). Il en résulte qu'on ne peut guère retrouver, à coup sûr, l'endroit où Merula avait installé sa fabrique, quoique, étant donné le nombre de ses briques rencontrées chez nous, on soit en droit de supposer que cet industriel se fût établi dans le territoire des Bituriges Vivisques. L'époque à laquelle il vivait

est tout aussi difficile à établir. D'après l’âge des médailles qui ont été trouvées en même temps que les briques portant son nom, en particulier à Saint-Georges-de-Didonne, on ne peut le placer après le temps de l'empereur Antonin. D'après la forme des lettres, j'ai tout lieu de croire quil florissait au premier siècle, mais plutôt vers la fin qu'au commencement de ce siècle. En tout cas, ses produits n'ont jamais été employés dans la muraille gallo-romaine et ne se rencontrent qu'au milieu de constructions antérieures au rempart et démolies pour lui faire place.

Notons enfin que la marque « Herula, Toutissae f. », est la plus commune à Bordeaux même, peut-être la seule qu'on y ait trouvée (cf. la remarque jointe à notre n° 365). Au contraire, « #erula Cubus » paraît plus fréquent hors de Bordeaux.

Descr. — Les lettres des cachets de Merula sont en relief, hautes de 0,017; la forme est excellente et de bonne époque. — Le cachet est gravé dans une couronne circulaire, dont le centre est occupé par une rosace à quatre feuilles : entre chaque feuille de la rosace, des points.

D'après la description donnée par SANSAS.

Hist. — Trouvée en 1868, dans les fouilles de l'immeuble Beauvallon (rue des Trois- Canards, vers les n° 68-74 de la rue du Loup; cf. n° 54, hist.), parmi les décombres calcinés d’une habitation romaine antérieure à la construction de la muraille; cf. p. 429, N (SANSAS).

Bibl. — Saxsas : 1° Progrès, t. V, p. 567 (Société archéologique, t. VII, p. 211); 2 Bulletin de la Société des Antiquaires de France de 1872, p. 143.

362 es.

363 Il

D'après un estampage pris par JOUANNET et conservé dans ses notes ms. [IX].

La marque ne provient peut-être pas de Bordeaux. — Elle diffère de la précédente en ce que, dans #eru/a, M et E ne sont point liés.

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