‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 161 sur 263 · VI-IX - COCTC · texte numérisé non relu

VI-IX - COCTC

Un exemplaire d’après l'original (collection Combes : brique à rebord, épaisse de 0,027), les autres d’après la copie donnée par DE MENSIGNAC, Société archéologique, t. VI, p. 93.

Hist. — Au milieu de 1850, on trouva, en creusant la maison n° 125 du cours d’Alsace-et-Lorraine, « à un mètre en contre-bas du sol actuel », « un certain nombre de briques à rebords, dites briques de recouvrement, dont quatre tessons portent en caractères tres lisibles et gravés en creux la marque de fabrique ». Cf. ici p. 430, O'.

D'après l'originsel (Musée d'armes).

Descr. — Lettres en relief, de 0,017, de bonne époque.

Cachet en forme de couronne circulaire, large de 0,068. — Épaisseur de la brique : 0,033.

Hist. — Découverte en mai 1884, au milieu de poteries et de débris gallo-romains, dans le sol de la cour de la maison Petit, rue de Grassi, n° 9 (cf. p. 428), Donnée par PETIT à la Ville.

Bibl. et var. — JULLIAN, Bulleiin épigraphique, t. IV, p. 192. — J'ai présenté cette brique à la Société archéologique, le 13 juin : je ne sais pourquoi on donne comme inscription ACVBVS. dans les Comptes-rendus (1883-4, p. 91).

P{ublius) Rutil/ius) Ant{oninus) ou Ant{iochus?). La gens Rutilia a fourni un célèbre manufacturier, Marcus Rutilius

Lupus, dont nous avons parlé ici même (p. 447), qui vivait en Italie au temps de Trajan et de Hadrien, et dont les briques portaient un loup comme marque. Peut-être le Rutilius dont il est question ici est-il un parent de ce Lupus, son héritier ou son prédécesseur dans l'exploitation de la manufacture de briques : notre débris serait alors d'importation italienne.

Des briques aux noms de Æutilius Liberalis (Gruter, page 184, n° ]0), Æutilius L. (Corpus, tome IX, 6078, n° 144), Rufilius (Corpus, t. X, 8042, n° 88), Rufilia Ocratia (figlina Vicciana, Corpus, t. X, 8043, n° 78; 8046, n° 25), ont été rencontrées à Rome, dans le sud de l'Italie et en Sardaigne.

URNE CINÉRAIRE

Les urnes se reconnaissent à leur forme bombée, à leur col étroit et surtout à leurs deux ou trois anses, l’une, qui n'existe pas toujours, fixée au col, les deux autres sur les côtés. C’est surtout la présence de ces anses qui les distingue, dit-on généralement, des ollae, qui servaient, comme les urnes, à recueillir les cendres des morts. On faisait des urnes cinéraires en toute sorte de matière, en or, en argent, en airain, en porphyre, en marbre, en pierre, en albâtre, en terre cuite (1): bien entendu, c'étaient des urnes en terre cuite qui renfermaient les cendres des pauvres gens. Qu'on se rappelle les vers de Properce (2, 12):

Deinde ubi suppositus cincrem me fecerit ardor, Accipiat mancs parvula testa meos.

On n'a trouvé à Bordeaux que des o!lae et des urnes en terre cuite, presque toujours remplies de cendres et de débris d’ossements. Ce fut surtout vers 1824 et 1830 qu'on recueillit un très grand nombre d'objets de ce genre, lorsqu'on explora le cimetière gallo-romain de Terre-Nègre, cimetière qui était visiblement celui des pauvres gens de l’ancien Bordeaux. « Les urnes bituriges » qu'on y recueillit, a dit Jouannet (Académie, 1831, p. 149), « sont toutes de la plus grande simplicité, de » véritables urnes pythagoriciennes ; elles ne se recommandent que par » leurs formes en général pures et gracieuses. Les plus ornées le sont de » filets entre lesquels l'ébauchoir traça des hachures tantôt irrégulières, » tantôt symétriquement disposées. Quelques-unes sont cannelées trans- » versalement sur toute leur hauteur; d'autres ont seulement un ban- » eau cannelé. La plupart portaient un couvercle sans gorge, un peu

(1) Voyez surtout KIRCHMANN, De funeribus Romanorum (1609, Hambourg, in-16), p.376 cl s.

» bombé, et muni au centre d’un bouton plat; mais avant de confier le » vase à la terre, on retournait ce couvercle, le bouton vers l'intérieur, » comme pour opposer un obstacle à la main qui aurait voulu ouvrir » l'urne (1)... Avec les cendres et les ossemens nous avons quelquefois » trouvé une médaille, généralement très bien conservée (?); d'autres » fois, ou une fibule, ou un de ces petits vases de verre auxquels on a > donné le nom de Zacrymatoires. Nous avons pu reconnaître que ces » objets, tantôt avaient suivi le corps au bûcher, tantôt avaient été » déposés après l’incinération. Dans le premier cas, les métaux et le » verre ont été en partie fondus, et sont devenus presque mécon- » naissables. Certaines urnes étaicnt accompagnées de quelques vases » placés en dehors, mais près d'elles. »

Jouannet ajoute qu'« on remarque sur un petit At de ces vases, » deux ou trois lettres tracées grossièrement à la pointe, probablement » les initiales du nom du mort ». Jouannet ne signale cependant que l'inscription suivante, la seule également dont j'aic eu jusqu'ici connaissance.

Page 1