‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 162 sur 263 · LV · texte numérisé non relu

LV

D’üpres l'original (Musée d'armes, n° 1600 de l’Inventaire).

Descr. — Ces lettres, hautes de 0,018 à 0,02, en caractères à demi cursifs, ont été gravées à la pointe, après la cuisson, mais avec assez de soin, sur la panse d’une urne cinéraire en terre cuite blanchätre.

Sur un autre côté de la panse, on a gravé à la pointe le signe suivant, haut de 0,045:

L'urne, à trois anses, à 0,50 de hauteur. L'ouverture mesure 0,26.

« Ce vase », dit JOUANNET (Académie, p. 151), « renfermait une quantité considérable de cendres, d’ossemens et deux lacrymatoires de verre. En dehors et contre l’urne, était appliqué un cordon perpendiculaire composé de sept petits vases pareils, emboîtés les uns dans les autres...

(1) Ce sont ces couvercles que mentionne une inseription donnée par MuRrATORI, P. 1756, n° 7: OLLAE QUAE SVNT OPERCVLIS ET TITVLIS MARMOREIS. Voyez, sur ces couvercles, D8 CAUMONT, ALécédaire, p. 441.

(?) Toutes ces rnédailles, dit ailieurs JouANNET (page 136), « sont de fabrique romaine, de moyen bronze, ordinairement frustes... Excepté Othon et Vitellius, il s'en est trouvé de lous les régnes, depuis Auguste jusqu'à Marc-Aurele; celles d'Auguste et de Tibere élaicnt rares». Ce cimetière semble donc avoir été abandonné au deuxieme siécle.

URNE CINÉRAIRE. 457

« Son couvercle est un carreau de terre cuite, muni de deux boutons, et portant pour marque de fabrique C. OCT. CA». Voyez cette marque et cette brique à notre n° 368.

Hist. — Cette urne a été trouvée « dans le même cimetière [de Terre-Nègre] à trois pieds et demi de profondeur ». Si c'est l’urne dont il est question dans le Musée d’Aquilaine, elle aurait été trouvée en 1824.

Bibl. — JouANNET : 1° Académie, 1831, p. 151; 2° Catalogue (Soc. arch., t. IX, p. 26; cf. p. 20). Jouannet semble avoir parlé ailleurs également de cette urne (Musée d’'Aquilaine, t. III, p. 217).

P{ublii) L(.....ùi) V....

Il arrivait parfois que l'on gravât directement sur l'urne cinéraire les noms du défunt, et cela se trouve souvent, paraît-il, sur les urnes d'Étrurie (Marquardt, Privatleben, p. 310, n. 9). Mais la règle était que ni l’urne ni l'o//a ne portassent d’épitaphes : les noms du mort étaient réservés pour décorer le monument en pierre ou en marbre dans lequel l'urne était renfermée. Pour les gens pauvres, qui ne pouvaient se payer le luxe d'un monument, ils se contentaient de l’urne et se passaient d'épitaphe. Parfois cependant, cette épitaphe était gravée sur une tuile ou sur une plaque en marbre (cf. ici p.456, note 1), qui servait de couvercle (operculum) au vase cinéraire CrOYEZ le Dictionnaire des Antiquités de Rich, p. 435).

L'urne trouvée à Terre-Nègre possédait bien son couvercle en brique, |

et ce couvercle est marqué à un nom, celui de Cuius Octavius: mais ce nom nest certainement pas celui du défunt, car Caius Octavius est un fabricant de briques dont nous rencontrons souvent les produits à Bordeaux. Doit-on donc considérerles initiales 2. Z. V., comme celles des trois noms du défunt? Je ne le pense pas. On aurait ajouté quelques indications relatives à l’âge du défunt : sur les 178 ollae cinéraires trouvées dans la vigne de San Cesario sur la voie Appienne (Corpus, t.T), on a gravé, avec la pointe du stylet, l’épitaphe des morts; mais les noms sont presque toujours écrits tout au long, et le jour de la mort est généralement indiqué. De plus, le titulaire de l’urne de Terre- Nègre, possédant les trois noms, serait un citoyen romain, et les citoyens romains ne devaient pas se faire enterrer dans le cimetière des pauvres de Terre-Nègre et laisser déposer leurs cendres dans une urne en terre cuite. J'incline donc à regarder ces initiales comme celles des noms du fabricant de l'urne.

Nous désignerons sous ce nom de « vaisseaux en terre cuite » ceux que les anciens auraient appelés vasa vinaria, tous les vaisseaux destinés à renfermer surtout du vin, quelquefois aussi de l'huile, des légumes secs ou des conserves : par exemple les amphores, qui nous fournissent toutes nos marques, les Ægenae ou cruches et les serie, qui nous donnent nos graffiti. On devrait y joindre les barils fcupac), les dolia ou jarres, les cadi, qui sont des variétés d'amphores, les grandes urnes à vin (wrnalia), et les petits vases appelés wrcez (1); mais, quoique nous possédions à Bordeaux, en assez grand nombre, des exemplaires ou des fragments de ces derniers vasa, nous n'avons constaté d'inscription sur aucun d'eux.

Ces vaisseaux portent deux sortes d'inscriptions. Les unes, et ce sont des estampilles imprimées en creux ou en relief sur la pâte encore molle à l’aide de moules, se réfèrent au vase lui-même et nous font connaître les noms du potier qui l'a fabriqué : ces marques se trouvent en général sur l’anse de l'amphore. Les autres, beaucoup plus rares, se rapportent au contenu même de l’amphore ou de la cruche : elles désignent, — soit le nom du crû ou l’âge du vin qu’elle renferme, — soit les noms du propriétaire ou du marchand de ce vin (noms mis alors au génitif), — soit ceux du client à qui le vin était adressé (les noms sont alors au datif), — soit le numéro d'ordre que portait l'amphore dans la cave du marchand ou dans celle du propriétaire (cf. n° 382), — soit enfin la contenance du vaisseau ou le prix auquel était vendu le vin (cf. n°° 379-381). Ces indications sont tantôt gravées à la pointe, — tantôt peintes ou marquées à l'encre, à la couleur ou au Charbon : nous n'en possédons pas de cette dernière sorte.

(1) Voyez, sur la question des rasa rinaria, les passages si curieux du Digeste, 33, 6, 14-16; 33. 7, 7; 34, %, 49; 50, 16, 206. Il y avait à leur sujet u ue législation tres netle el des distinctions très minutieusces.

374ets.

CE Voyez, pour les graffiti, Richard Schæne, dans le Corpus inscriptio-

num latinarum, t. IV, p. 168 et s., et pour les marques de fabrique gravées sur amphores, Bruzza, Zscriziont Vercellesi, p. 185 et s.; sur les inscriptions d'amphores en général, les deux mémoires de M. Dressel, Annales de l'Institut de Correspondance archéologique, 1878, p. 118 et s., et Bullcttino della Commissione archeologica comunale, 1879, p. 36 ets.

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Monumont funéraire d'u Dépôt J.-J. Bel, ue 62; cf. Bull. mon., t. XX VIII, p. 46 ; Abécédaire d'archéologie de DE CAUMONT, p. 486: dessin de DRoUYN.

Le buveur tient (le la main droite un scyphus ot de la main gauche une petite Zagena.

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