‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 176 sur 263 · MARQUES DE FABRICANTS DE VASES · texte numérisé non relu

MARQUES DE FABRICANTS DE VASES

Les deux principales formes des cachets que nous rencontrons sur les poteries samiennes trouvées à Bordeaux, sont, ou bien le rectangle: [___ ],avec les angles plus ou moins arrondis:( ),ou:[ ), ou bien le cartouche: ©, dont les angles sont également presque toujours arrondis: € D. Le pied, qui sert de cadre à un assez grand nombre dc marques arrétines, ne se rencontre presque jamais ici, une ou deux fois peut-être. L'inscription est le plus souvent sur une ligne, rarement sur deux; dans ce cas il y a généralement deux cadres : -—|. Un très petit nombre de cachets, par exemple quelques-uns de ceux de Lupus et de Fam., sont gravés dans une couronne circulaire semblable à celle des briques (p. 453). Des marques toutes particulières sont celles de Acutus et de Zitus Manlius Fortis, qui sont sur deux lignes et entourées d'une guirlande circulaire de feuillages.

Les lettres sont en relief plus ou moins saillant. Le relief-est plus proéminent dans les poteries les plus anciennes. Un très petit nombre sont imprimées en creux et semblent également anciennes.

Nous n’avons trouvé, parmi nos marques, aucune qui puisse trancher la question toujours controversée de l'emploi des caractères mobiles. chez les anciens. Signalons toutefois, comme une preuve en faveur de ceux qui admettent l'existence de ces lettres mobiles, les fautes d'inpression vraiment bizarres que présentent les marques du potier F'elicio. On trouve à côté de reLicior, qui est la forme correcte, celle de I6ELICI04 et celle de cezricio : dans la première, toutes les lettres de 1a marque ordinaire se trouvent, favec un 1 en plus; dans la seconde, un des Fr a été remplacé par un c. Ailleurs, on lit TTIA, qui est sans doute pour ATTICI; FECTI POLIV, POUT FECIT POLIV; lIBHAVIZS, POUT LIBERALIS. Comment expliquer ces coquilles et le renversement de certaines autres lettres sans l'existence de lettres analogues à nos caractères d'imprimerie? « Presque toutes» nos marques de potier, fait justement remarquer Jouannet (Acad., 1826, p. 83), « paraissent empreintes d'un

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» seul coup; cependant il en est qu'au dérangement des lettres on » pourrait croire imprimées lettre à lettre. » Notons que les marques où se rencontrent ces substitutions nous semblent des plus anciennes, à cause de la nature de la poterie et de la forme des lettres (1).

Les lettres sont rarement rétrogrades; les ligatures sont relativement rares; la hauteur des lettres varie entre 0,0015 et 0,0035; on trouve plus rarement des hauteurs supérieures : 0,006 est le maximum.

Les noms gravés sur ces cachets sont tantôt au génitif, avec ou sans le mot officina, tantôt au nominatif, avec ou sans le mot jecit; l'expression de #anu est rare. La plupart sont des cognomina; les fria nomina apparaissent rarement et le gentilice est presque toujours abrégé.

Ajoutons, en ce qui concerne la lecture de ces marques, que l'empreinte étant parfois fort mal venue, il y a eu transformation d'une lettre en une autre : c’est ainsi qu'on lit souvent et qu'on doit lire sur le cachet 1.ALBI, 1.FLoRI, alors que le moule devait certainement porter L.ALBI, L.FLORI : la traverse de 1, trop peu profonde sur le poinçon, n'a pas paru sur l'empreinte; de la même manière, 1 se substitue souvent à Tr, et v ou A, quelquefois, à \.

La question la plus importante que soulève l'étude des marques de potiers est celle des règles auxquelles elles étaient soumises. Y avait-il une législation à ce sujet? des lois garantissant à chaque potier la propriété de sa marque et sauvegardant ses produits? La question, faute de textes, n'a pas été résolue jusqu'ici : ce qui vient encore la compliquer, c'est qu’un même potier se servait de marques très différentes. Mais il n’est pas impossible qu'on arrive un jour à la trancher, même avec le simple catalogue de ces marques. Il me paraît certain qu'il y avait. sinon des règles légales, en tout cas des usages traditionnels dans l'emploi des estampilles, et qu'on possédait des moyens pratiques pour distinguer, à travers la multiplicité des signatures et des vases les poteries propres à chaque manufacture. Le nom de Secundus devait être porté par plusieurs potiers, mais chacun, je le suppose, avait sa marque spéciale. Si les cachets des Afcir présentent un assez grand nombre de variétés, c'est sans doute parce qu'il n'y avait qu'une gens Ateia qui fabriquât des poteries. En outre, chaque famille de potiers semble conserver à travers les générations quelque signe distinctif,

(LC. Scacenyaxs, p. 21, n. 2; HAROLD DE l'OXTENAY, p. 343,

quelque particularité propre à sa raison sociale. C’est ainsi que tous les Atei portent le même prénom de Cnacus. Il y a un très grand nombre de poteries signées Chresimus, Marcus, Lucius, ou Caius Chresimus : ces Chresimus appartiennent tous à une même dynastie : dans celle-là, c’est le surnom qui a été conservé par les héritiers successifs. Chez d'autres familles, les surnoms, tout en se modifiant, ont un radical commun qui sert à les reconnaître : je n'hésite pas à regarder Scotus, Scottus, Scottius, Scotinus, comme les membres d'une même maison, de même que Samno, Samia, Samitus, Samogenus. Les marques de FAM. F ont plusieurs formes : l’abréviation subsiste. Il y a peut-être deux potiers portant le nom de Acutus, mais l’un écrit Aqutus, l'autre, Acutus. 11 semble que chaque maison eût la propriété d'un prénom ou d’un surnom, d'une abréviation ou d'une orthographe. En règle générale cependant, le surnom était la partie essentielle de la marque de fabrique ou de la raison de commerce, et se transmettait de propriétaire à propriétaire ou de père en fils. C'est pourquoi nous croyons utile de classer les marques de poteries par ordre alphabétique des cognomina. Le recueil le plus complet de marques de potiers est celui de Schuermans, déjà souvent cité, mais, paru en 1867, s'il est demeuré très utile, il est devenu fort incomplet. On peut s'aider, pour le compléter, des volumes du Corpus inscriptionum latinarum qui ont paru, surtout du tome II (Espagne), du tome VII (Bretagne) et du tome X (en particulier les marques trouvées à Pompéi). On aura des indications fort utiles, pour les marques de la Gaule, dans les ouvrages suivants : Zascriptions de Vienne, de M. Allmer, Marques de fabrique du musée de Nimes, par M. Aurès (1876, Nîmes); Xemarques sur les inscriptions antiques de Paris, de M. Mowat; Mofice sur les monuments cpigraphiques de Bavai, de M. Desjardins (1873, Douai, in-8°); Znscriptions céramiques galloromaines découvertes à Autun, par M. Harold de Fontenay (Æfémotires de la Société Éduenne, n. s., t. III, 1874, p. 331 et s.);, Zes poteries estampillées dans l’ancienne Séquanie, par M. Alfred Vaissier (Hémoires de la Société d'émulation du Doubs, V° s.,t. VI, 1881, p. 408 et s.). Les marques de la Narbonnaise doivent avoir paru en ce moment avec le tome XII du Corpus. M. Dissard a publié dans la Xevue cpigraphique de M. Allmer un millier d'estampilles, gravées sur les poteries récemment trouvées au quartier de Trion, à Lyon (1885 et 1886). Enfin, plus près de nous, les marques de la Novempopulanie ont été données par

412 «is.

412 ets.

M. Bladé dans son Lpigraphie de la Gascogne; celles de Périgueux, dans le Catalogue de M. Galy (1862, Périgueux, 1in-8); celles de Clermont, dans l’Abécédaire de M. de Caumont, éd. de 1870, p. 557.

ABBOFE

D'après l'original (Musée d'armes, n° 1861 de l’Znventaire). Descr. — Les lettres de notre pièce, encadrées dans un rectangle, sont hautes de 0,003 : elles sont gravées au fond d’une soucoupe mesurant 0,19 de diametre.

Abbo fe(cit).

La signature de Abbo s'est rencontrée surtout en Germanie, parfois gravée en lettres rétrogrades (Sch., 14), tantôt avec Jccit, tantôt avec les initiales je., ou jf. seulement (#4., 13-16). Abbo paraît un nom gaulois.

ACULUS.

Les marques de Acutus sont répandues partout, avec toutes les variantes imaginables, ACVTI OF, ACVTVS, ACVTI, Ctc.; le nom est tantôt sur une seule ligne, tantôt coupé par le milieu. On a trouvé à Besancon un exemplaire de cette marque où le mot aAcvr forme une estampille rectangulaire entourée d'une ligne de feuillages (Vaissier, pl. I, n° 1), cadre que nous rencontrons ici dans une estampille circulaire.

l ACVTI il ACVTI

D'après l'original (Dépôt d'antiques de D'après l'original (collect. de Puifferrat). l'hôtel J.-J. Bel). — Trouvée à Terre- Même estampille. — Soucoupe ou pa- Nègre. tella. — Au revers du vase, en graffilo:

Descr.— Lettres de 0,003. — Cachet en

forme de rectangle. J \ Bibl. — JouaANNET, Académie, 1831, XX

pl. IX, n° 14; cf. p. 174. — SANSAS, Anii- ‘) quatres, t. XXXIII, p. 152.

LL ACVTI

D'après l'original (Dépôt d'antiques de l'hôtel Jean-Jacques Bel). Lettres semblables, mais le cachet est en forme de cartouche.

ACV IV se

D'apres l'original (collection Combes).

Lettres de 0,002. — Cachet circulaire encadré de feuillages. — Sur le revers du vase,

le grafito:

EPA

V ACVTVS

D'après l'original (collection Combes).

Lettres de 0,003. — Cachet arrondi aux extrémités.

ÆBIX

D'après l'original (collection Combes).

Lettres de 0,003. — Cachet rectangulaire.

AIASA

« Au Musée », SANSAS, Antiquaires, bulletin de 1872, t. XXXIII, p. 152.

AIV

D'après une communication de BRAQUEHAYE : « Fond de coupe; rue du Loup, en 1866 »; cf. notre n° 433.

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