ITS
D er ee
plement duumoiri, et alors l'administration des cités gauloises ne différa pas, au moins en cela, de celle des autres villes de l'empire. M. Herzog (p.215), place ce changement sous le règne d'Auguste ou de Tibère pour les villes dont il s occupe; il faudrait en reculer peut-être la date pour Bordeaux, car je crois que Caius Julius Secundus fut contemporain de Claude et qu'il n'eut point de collègue dans « la préture ».
Les inscriptions ne nous ont pas fait connaître de duumwvirs bordelais; nous connaissons un de ceux de sa voisine Périgueux (Galy, n° 240). — Les vers célèbres d'Ausone (Ordo urbium, 167) :
Ditigo Burdigalam, Romam colo. Civis in hac sum, Consul in ambabus : cunac hic, ibi sella curulis,
ne nous apprennent rien sur la magistrature suprême de Bordeaux au iv® siècle, ni sur son vrai nom, ni sur le nombre de ses titulaires. Car, évidemment, consul est une simple expression poétique.
La somme léguée par Secundus se montait à deux millions de sesterces, c'est-à-dire à peine cinq cent mille francs : c'est peu pour un aqueduc! Peut-être Secundus n'a-t-1l donné que l'argent nécessaire à l'établissement de fontaines et de puits.
HS et, plus rarement, |IS, est l'abréviation du sesterce (cf. p. 28). L'allongement du premier | est un fait purement graphique, comme dans Plissrmvs, plis, xxlux (Corpus, VIII, 10586).—XX — 20; XX — 20,000 ; [XX] — 2,000,000. Dans l'inscription de Pline le Jeune (Corpus, V, 5262), les chiffres [XVIII] LXVI DCLXVI représentent 1,866,666. — On disait X HS, decem sestertir; XX, viginti sestertia (pour viginti millia sestertiorum); |XX|, vicies sestertium (pour vicies centena millia
sesterliüm ou sestertiorum): sestertium se place généralement avant l'indication de la valeur, et se décline comme s’il était un nominatif neutre : sesfertio decies fundum emi (cf. Madvig, Grammaire latine, App, 11). — Dans aguas ex sestertio vicies dedit, ex indique l'origine des eaux données par Secundus, et doit se traduire par « à l’aide de, au moyen de ».
Je suis tout disposé (la remarque de Léon Renier sur l’âge de l'inscription m'y autorise) à voir dans ce C. Julius celui qui éleva une Statue à l'empereur Claude (n° 26), et je souscris pour ma part aux Observations faites à ce propos par M. Dezeimeris (Remarques, p. 19) :
mere e.
BE es
de tous les empereurs, Claude favorisa le plus la construction de thermes et d'aqueducs; ce fut chez lui une sorte de passion. Il y a entre ces différents faits : les caractères de l'inscription, la nature de la construction faite aux frais de Secundus, la similitude de son nom avec celui de l'auteur de la dédicace à Claude, une coïncidence qu'on ne peut attribuer au hasard.
C. Julius Secundus était citoyen romain. Nous apprenons en effet par Tacite (Annales, 11, 23) que lorsque, en 48, Claude obtint le droit de briguer les magistratures romaines pour les premiers citoyens de la Gaule chevelue, primores Galliae quae Comata appellatur, ils avaient déjà obtenu le droit de cité, joedera et civitatem romanam pridem assecuti, et il est certain que c'est à Claude qu'ils durent aussi ce bienfait (cf. Spanheim, Orbis Romanus, I, xvr) : « En conférant la cité à des > personnes isolées », dit M. Madvig (L'État romain, I, 83), < on vou- » lait évidemment, — c'est le cas pour la Gaule; les renseignements » manquent pour les autres provinces, — gagner au parti de Rome des » hommes influents issus des races royales du pays ».
RCVS»*DV( SVO-POS
D'après l'original (Dépôt d'antiques de la rue du Colisée).
Var. — DVC chez JOuANNET; DVO chez ALLMER. — Apices omis par JOUANNET et RENIER.
Descr. — Magnifiques lettres de 0,10 centimètres.
Fragment taillé d’une architrave dont la saillie a été conservée. — Hauteur : 0,50, dont 0,15 pour la saillie; largeur : 0,64.
Hist. — Trouvé en 1840, d'après JoUANNET, lors des fouilles qui furent faites sur l'emplacement du château du Hà. Extrait sans doute des fondements de la muraille romaine, lorsque le château fut bâti, en 1454. Transporté au Dépôt de la rue Jean- Jacques Bel (dans la cour, n° 24), et, en 1883, dans celui du Colisée.
Bibl. — JouanneT, Académie, 1840, p. 306. — RENIER, fiches ms. — ALLMER, Revue épigraphique du midi de la France, n° 454, t. I], p. 2.
ction de , Dr ture de On 10m e quon
2 et e droit de là Faient at ia des [OU jt) des
. aïrcus, duc[tus aquae.... de] suo pos[uit].
Les arcus sont les arcs qui, dans les aqueducs, soutiennent le canal, ductus aqguae. L'explication que nous donnons de ce texte est justifiée par l'inscription du château de l'agua virgo de Rome (Corpus, VI, 1252; année 46) :
TI: CLAVDIVS .« DRVSI «: F. CAESAR .« AVGVSTVS: GERMANICVS PONTIFEX - MAXIM.TRIB. POTEST.V: 1MP.XI:P-P.COS:DESIG.ITII ARCVS « DVCTVS . AQVAE. VIRGINIS -« DISTVRBATOS . PER + C. CAESAREM
À FVNDAMENTIS-NOVOS.FECIT-.AC-RESTITVIT
M. Allmer complète ajrcus duofs, qui n'est pas impossible : il s’agirait, dans ce cas, de deux arcs formant une porte de la ville.
Des traces d'aqueducs ont été signalées à Bordeaux sur les points
suivants: 1° ligne occidentale : au marché des Grands-Hommes (Soc. archk., VIT, p. 95); — rue Porte-Dijeaux, n° 43 (Acad., 1832, p. 139); — dans les environs de cette maison (de Lurbe, Discours, éd. de 1595, p. 66); — dans les environs de la Cathédrale (Progrès, III, p. 424; Soc. arch., V, p. 171); — près de Sainte-Eulalie (Antiquité de Vinet, 2° éd., $ 63; du même, Comm. in Auson., 8. 210 C; Académie, 1836, p. 146); = 2° ligne orientale : place Saint-Projet (supra, inscr. n° 11, Aisé.); — rue Combes (Comm. des mon. hist., 1848-9, p. 5); — rue Sainte-Cathenine, près la rue des Ayres (Soc. arck., VII, p. 39; Progrès, IV, p. 270); — 3° ligne unique dans la banlieue : rue des Sablières (Z24 Gironde du 13 avril 1866, n° 5352; Soc. arck., I, p. 56; Progrès, IV, p. 267; Soc. arch., VII, p. 36); — au moulin d’Ars, sur la route de Toulouse (Vinet, Antiquité, æ éd., $ 62 et 63; Comm. in Auson., s. 210 A et B; Billaudel, Notes sur un aqueduc antique, ms. conservé dans les Mémoires de l'Académie, t. IX; Acad., 1826, p. 125). — 4° Sur le tracé supposé de l'aqueduc dans la campagne depuis le moulin de Vayres, sur le ruisseau de l'Eau-Blanche, voyez la S'éatistique, I, p. 249; et le Zapport à l'Académie royale de Bordeaux, sur des aqueducs antiques, par Jouannet, Acad., 1826.
Le Dépt d'Antiques de l'hôtel Jean-J acques Bel possède un fragment de la cuvette de l'aqueduc romain.
Bernadau (Bull. pol., TITI, p. 70) faisait suivre l'inscription de Secundus de la remarque suivante, qui garde encore sa justesse : « On peut en conclure que de tout temps les eaux ont manqué aux » besoins de cette cité, comme il est démontré dans un #émoire sur la » possibilité d'établir à Bordeaux un nombre sufisant de fontaines, publié » par ordre de la Jurade en 1787 » (Bordeaux, in-4°).
VAESTOR?» MAG: PAG NAT-+AREAM? ADIECIT>
D'après l'original (Dépôt d'antiques du Colisée).
Var.— VAESIOR chez JOUANNET et DUCOURNEAU. — La vraie lecture, vue par RENIER, a été indiquée d'abord par ALLMER, Reoue, I, p. 179.
Descr.— Magnifiques lettres régulières, bien espacées, et admirablement gravées,
hautes, à la 1re ]., de 0,11 et 0,12; à la seconde, de 0,095 et de 0,10. L'inscription appar-
tient sans aucun doute à la fin du premier ou au commencement du second siecle.
Bloc de pierre, taillé de manière à ce que la ligne de cassure, en haut, suivit la barre du T.— Hauteur : 0,41; largeur, 1 mètre 30.
Hist. — Trouvé, d'après JOUANNET, en 1840, dans les fouilles faites sur l’emplace. ment du fort du Hà, pour construire le Palais de Justice (cf. n° 10, Acst.). Déposé dans la grande cour de l'hôtel J.-J. Bel (n° 26); et transporté de là, en 1883, au Dépôt d’antiques du Colisée.
Bibl. — JOUANNET, Académie, 1840, p. 305. — DUCOURNEAU, Guyenne, t. I, Ir p., p. 97.= RENIER, fiches ms. — JuLLIAN, Les Bordelais, p. 29 (Soc. arch., VII, p. 185).
.….qluaestor, magister) pagli]..... [monumentum dedit quod promise]rat: aream adjecit.
C’est la restitution proposée par M. Allmer, qui dit, au sujet de cette inscription : « On rencontre la mention de [la questure] sur un frag- » ment anonyme rappelant un quaestor, qui, pour l'embellissement ou le » dégagement d'un édifice peut-être dû aussi à sa libéralité en exécution » d'une promesse faite au moment de son élection, y avait ajouté un » emplacement libre propre à faire une cour », ou mieux, croyons-nous, une place sur le devant de l'édifice. Cf. Digeste, 50, 16, 211: Zocus sine acdificio in urbe area appellatur; et, entre autres inscriptions, la lex paricti jaciundo de Pouzzoles (Corpus, I, n° 577; À, n° 17381), qui
commence par Ces mots : LEX. PARIETI. FACIENDO. IN. AREA . QVAE. EST ANTE|AEDEM. SERAPI (Cf. I, p. 164, le croquis de M. Bætticher).
Nous trouvons, dans le travail si complet de M. Houdoy sur Ze droit municipal, T, p. 298 et p. 143, les indications nécessaires pour commenter cette inscription : «Il était d'usage que le candidat à une » magistrature promiît à la ville d'opérer certains travaux, et notamment » de construire, de restaurer ou d'embellir des monuments publics, si » on lui déférait l'honneur qu'il ambitionnait. Loin d'être prohibées, de > pareilles promesses étaient privilégiées, puisqu'elles étaient obliga- »toires, indépendamment de toute acceptation; et les monuments » épigraphiques nous font connaître l'exécution d'un grand nombre de » pollicitations de ce genre... Toute pollicitatio faite ob honorem est » une véritable dette qui reste dans la personne des héritiers du pro- » mettant. » Du jour où un particulier s'engageait à faire construire un monument public à ses frais, il était tenu par sa promesse, si du moins elle n'avait pas été faite en l'air, mais pour un motif sérieux et légitime; et, même si cette promesse n'avait pas sa raison d'être, elle l'engageait dès qu'elle avait reçu un commencement d'exécution : Yon semper autem, dit Ulpien (De pollicitationibus, 1 : Digeste, 50, 12), obligari eum qui pollicitus est, scienduim est. Siquidem ob honorem promiseril decretum sibi vel decernendum ve? ob aliam justam causam,
tenebitur ex pollicitatione.… Zlem, si sine causa promiserit, cœperit
tlamen facere, obligatus est qui cæpit. Le donateur se trouvant lié par sa promesse comme par un contrat, le monument devait s'élever même malgré lui : il y avait d'autant moins de mérite à le faire construire que ces sortes de promesses étaient souvent exigées par les villes nécessiteuses, qui offraient un titre ou un honneur en échange d'une donation. De là, dans notre inscription, la double mention de la promesse, qui était en quelque sorte obligée, et du don spontané, auquel rien ne contraignait. Non content d'exécuter fidèlement son contrat et d'élever le monument, le questeur a, de son plein gré, acheté, devant cet édifice, un emplacement destiné à être converti en place publique. — Nous avons suppléé monumentum : évidemment le monument, arcus, balneum, basilica, a pu être désigné d’une manière plus précise, On peut même songer à {emplum exstruzit quod deo vovejrat. Car nous savons que les vœux faits aux dieux rentraient, au point de Vue du droit, dans la classe des pollicitations : le texte que nous avons
IXSce. 16
cité ici (supra, p. 14): S% quis rem aliquam voverit, voto obligatur, se trouve au Digeste précisément au titre De pollicitationibus.
Le questeur, quaestor, est le magistrat chargé de la caisse municipale : il est élu par les comices, il est au-dessus des édiles et des duumvirs; on ne sait du reste rien de plus sur ce fonctionnaire. Il est seulement probable (cf. Houdoy, p. 406) que ses attributions étaient celles du questeur romain, et que, par suite, c'était à peu près exclusivement un caissier, chargé d'enregistrer les entrées et les sorties des fonds de la commune.
On appelait pagi les districts, les subdivisions du territoire d'une civitas. Chaque cité gauloise comprenait un certain nombre de payi, peut-être quatre (c'est le chiffre donné par César pour les Helvètes, 1, 12; par Strabon pour les trois nations galates d'Asie, 19, 5, 1; cf. mes Znscriplions de la vallée de l'Huveaunc). Avant la domination romaine chaque pagus formait une sorte d'État autonome dans la cité (ainsi un pagus des Helvètes se joignit seul aux Cimbres contre les Romains) : il avait son chef, presque aussi puissant qu'un roi. Sous les Romains, ces pagi furent conservés, mais placés sous la dépendance directe et continue du chef-lieu de la cité: leurs chefs, chargés surtout de la justice, s'appelaient pracfecti pagi (chez les Voconces et chez les Allobroges: Hirschfeld, Gallische Studien, I, p. 37), ou magistri pagi (chez les Bituriges Vivisques; chez les Aguenses, dont Dax était le chef-lieu : Bladé, n° 87). La différence entre les deux titres semble être que le pracfectus est nommé par la métropole, est désigné par les magistrats de la cité; que le magister est nommé par les habitants mêmes du pagus. — La questure, magistrature générale à toute la cité, exercée dans le chef-lieu, était plus importante que celle de praefectus ou de magister pagi : mais il arrivait souvent que l'habitant d'un pagus, après être parvenu, dans son canton, à l'honneur de la magistrature suprême, aspirait aux dignités de la cité, devenait quaestor, acdilis, duumoir. C’est le cas de l'habitant du bourg d’Hasparren, dont on connaît l'inscription métrique (Bladé, n° 87) commençant par ce vers :
F'lamen, item dumoir, questor, pagique magister.
C'était le cas de l’auteur du monument dont nous venons d'étudier ici la dédicace.
un mme
La fin de l'inscription étant perdue, nous ne pouvons savoir si le nom du pagus y était gravé. — Des pagi dont se composait la cité des Biluriges Vivisci, nous ne connaissons que celui des #edulhi, aujourd'hui le pays du Médoc. Nous le connaissons par les vers qu'Ausone adresse à un de ses amis (ÆZyistolae, 4, 1):
Ausontus, cujus ferulam nunc sceptra terentur, Paganum Medulis jubeo salcere Z'heoner.
D'après l'original (collection Dezeimeris).
Descr.— Lettres hautes de 0,042, régulières et bien gravées; mais les G sont trop aplatis, les déliés trop épatés pour que les caractères soient ceux de la meilleure époque. — Photogravure dans les Remarques de DEZEIMERIS, « due à l’habile procédé de M. TERPKREAU, photographe à Bordeaux ».
Fragment d’une plaque de marbre gris des Pyrénées, mesurant environ 0,12 sur 0,16.
Hist. — « M. A. DEZEIMERIS, correspondant de l'Institut, lit une notice sur un fragment d'inscription gravée sur marbre, recueilli dernièrement par M. A. COMBES, rue de Grassi, n° 9 bis » (Soc. arch., 14 avril 1880, t. VII, p. v1). « L'emplacement fouillé est celui qu’occupait, au moyen âge, la maison de Duras» (DEZEIMERIS; Cf. Drouyn, p. 415). — Donné par Combes à Dezeimeris, le fragment est aujourd’hui conservé dans l’appartement de ce dernier, rue Vital-Carles, 11. Un moulage s'en trouve au Dépôt du Colisée (ALLMER place à tort le fragment dans le Musée municipal).
Bibl. — DezgiMERIS, Remarques, p. 9 et pl. (Soc. arch., t. VI, p. 55 et pl. xt). = ALLMER, Reoue épigraphique du nudi de la France, n° 198, t. I, p. 162.
Gaius) Jullius......... sevir] Aug(ustalis), b[alneum ?? velustate con]labs[um pecunia sua restituendum curavit|.
B peut commencer le mot baszilica aussi bien que le mot balneum. — De même Ave. peut être l'abréviation de flamen augusti (prêtre muni- Cipal attaché au culte des empereurs), comme de sevir augustalis (membre du collège des adorateurs d'Auguste; cf. n° 23): dans le premier cas, il s’agit d’un personnage né libre ct appartenant aux
&randes familles de Bordeaux, d'un ancien magistrat de la ville (cf. Page 122); dans le second cas, d’un homme de condition inférieure, .
le collège des Augustales se recrutant surtout parmi les affranchis. La première restitution est celle de M. Allmer,; la seconde, celle de M. Dezeimeris.
L'orthographe G. du prénom Caius, et, plus encorc, la forme des lettres montrent qu'il ne peut s'agir du préteur C. Julius Secundus. On sait que Gaius est l'orthographe la plus conforme à la prononciation du mot: Quid, quae scribuntur aliter quam enunciantur? dit Quintilien (1, 7, 28): nam ct Gaius C littera significatur. G. est infiniment plus rare que C., mais il se retrouve à toutes les époques (p. ex. en 236, Brambach, ©. 2. rA., 1336). |
Sur l'ensemble de la restitution proposée, cf. les excellentes Æemarques de M. Dezcimeris.
C[ PORTICVM:TES EMQVE-HERES-PONI
D'après l'original (Dépôt d'antiques de la rue du Colisée).
Var. —1re ligne : X plutôt que C. — XI de la 1°, EM, de la 29 1., omis par SANSASs, qui écrit, à la fin, PONE.
Descr.— Lettres de 0,115 et 0,10, bien gravées et assez belles. Toutefois, certaines nésligences dans la gravure.
Fragment d’architrave en pierre, formant huit morceaux; hauteur: 0,65.
Hist. — Trouvé, d'après Sansas, en 1858, dans le mur romain, en démolissant la maison Marly, rue d'Enfer. La rue d’Enfer correspond à la partie de la rue des Bahutiers comprise entre le cours d'Alsace-et-Lorraine et la rue du Cerf-Volant. La rue ayant été élargie et rectifiée, l'immeuble Marly a en grande partie disparu; ce qui reste occupe aujourd'hui l'angle des rues du Cerf-Volant et des Bahutiers (n° 2 de la première de ces rues). — L'inscription, transportée (n° 114) au Musée des Facultés, est, depuis 1853, au Dépôt du Colisée.
Bibl. — Saxsas, Le Progrès, VI, p. 590. — D'après le dessin de RuBERT, RENIER, fiches ms.
[ex sestertiis..........]xi(?), porticum tes[tamento dedit...…. idjemque heres pone:ndum curarvit].
Cette inscription nous apprend l'existence, à Bordeaux, et dans la
partie sud-est de la ville romaine, d'un portique élevé aux frais d'un généreux citoyen et destiné sans doute à servir de promenade publique et de lieu de réunion. Le nom du donateur est malheureusement perdu, — les lettres x1 semblent la fin de l'indication de la somme léguée; — nous savons seulement que c'est par testament quil a donné l'argent nécessaire à la construction du portique, et que l'édifice a été élevé par les soins de son héritier institué : la formule demque annonce que cet héritier tenait par d'autres liens au défunt, quil était son parent ou son affranchi.
L'héritier institué par le défunt était tenu d'exécuter ses legs et ses volontés : s’il s'agissait d'un monument à élever, il devait veiller à ce qu'il fût commencé et achevé dans un délai fixé par le gouverneur, sous peine d'avoir à payer les intérêts de la somme léguée à cet effet (Digeste, 50, 10 : de operibus publicis, 5).
Le nom de l'héritier n'était sans doute gravé sur la dédicace que s'il avait été chargé par testament ou s'il s'était chargé de lui-même de veiller, à ses risques et périls, à la construction du monument ; que s'il avait demandé à être le curafor responsable de l'édifice légué par son parent : dans Ce cas, comme l'office de curator operis était souvent très onéreux, l'héritier méritait aussi de voir son nom gravé sur l'édifice. Si la ville encaissait la somme et désignait elle-même le . Curator operis, le nom seul du donateur devait apparaître sur la dédi- Cace, ce qui est, j'imagine, ce qui s’est fait pour le legs du préteur Secundus (cf. n° 30; et, sur les curatores operum, Houdoy, p. 471).
D'après l'original (Dépôt d’antiques de la rue du Colisée). :
: Var. — JouanNeT écrit CLAVDIVS. — La première et la dernière lettre omises par ENIER.
Descr. — Lettres d'une très belle époque, hautes de 10 centimètres.
Frazment d'architrave en pierre dont la saillie est conservée. — Hauteur : 0,42; largeur : 0,60.
Hist. — Trouvé en 1840 (d’après JOUANNET), dans les fouilles faites sur l'emplacement du fort du Hâ, et provenant sans doute de la muraille romaine (cf. n° 10). Transporté dans la cour de l'hôtel Jean-Jacques Bel, puis, en 1870, au Musée (n° 25) de la rue des Facultés; enfin, en 1863, au Dépôt de la rue du Colisée.
B1b1. — JouANNET, Académie, 1840, p. 805. — RENIER, fiches ms.
C(aius) Claudiul[s....]
Les dimensions des lettres et la forme du fragment (ainsi que de tous ceux qui suivent), indiquent seules qu'il s'agit de l'inscription dédicatoire d’un monument.
ŒSEREN VS! PI
D'après l'original (Dépôt d’antiques de la rue du Colisée) [cf. planche V].
Var. — L'apex omis partout. —CERENVS chez SANsAs est une faute d'impression et non pas de lecture (cf. Soc. arch., I, p. va). — Le même Sansas pense que PI « doit tres probablement être lu PR, la cassure de la pierre ayant eu lieu sur le jambage 1». L'I au contraire est parfaitement net et en dehors de la ligne de cassure.
Descr. — Lettres d'une très grande beauté, comme forme et comme gravure, et ne mesurant pas moins de 22 centimètres de hauteur.
Blocs de pierre dure, larges, le premier, de 1,92; le second, de 0,30; hauteur du premier : 0,50.
Hist. — Le second fragment a été trouvé le premier, en 1865, écrit SANSAS au mois de septembre de cette année, « à quelques mètres à l’ouest de la tour Pey-Perland », en dehors de la ligne du mur romain. Le premier a été rencontré quelques semaines après, écrit Sansas en octobre, « en faisant les derniers travaux destinés à transformer en jardin l’espace qui se trouve entre la cathédrale et la tour de Pey-Berland....; en creusant plus profondément à l'endroit où avait été trouvé le fragment d'inscription PI»; cf, sur les fouilles faites dans le square Saint-André en 1873, Soc. arch., I, p. vi et 1x. — Les deux fragments, déposés dans la cour J.-J. Bel (le second sous le n° 51), sont aujourd’hui au Dépôt du Colisée, éloignés à tort l’un de l’autre.
Bibl. — Les deux fragments ont été publiés par SANsAs dans Le Progrès, le premier, t. III, p. 631 (Soc. arch., VII, p. 26); le second, t. IT, p. 593 (Soc. arch., VI, p. 46). = D'après le dessin de ROBERT, RENIER, fiches ms. — JULLIAN, Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1885, fasc. V.
C(aius) Serenus, [proconsul Galliae Transal]pi[nae].......
Serenus est un gentilice, un nom de famille, qui fut celui d’un écrivain célèbre du temps de Caracalla, Z. Serenus Sammonicus, et que
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l'on retrouve dans un petit nombre d'inscriptions : c. SERENVS. PA..., supposée de Patras (III, 6097), c seRENI MAxIMI, au Musée de Naples (X, 3481; M. Mommsen écrit Serenius, sans doute à tort, dans son Zndez ]).
Il y avait une classe de gentilices terminés en enus, formés à peu près tous de noms de lieux, qui se rencontrent presque exclusivement dans le Picenum et les régions centrales de l'Italie : tels sont Auf denus, Alfenus, Annienus, Vettulenus, etc. ; leur nombre atteint presque le chiffre de 300 (cf. là-dessus Henzen, supplément à Orelli, p. 242; Hübner: 1° Quaestiones onomatologicae latinae, 1854, p. 13; 2 Æpz. ep., II, p. 27). Serenus, qui est à l'origine un surnom, a été employé comme gentilice à cause de l'analogie de sa désinence avec celle des ethniques en eus, — à moins qu'on ne veuille distinguer de Serenus, surnom, Serenus, nom de famille, et dériver ce dernier, comme les noms similaires en enus, du nom de la ville samnite Aesernia, que les manuscrits de l'Itinéraire Antonin (p. 48, Parthey) appellent Serni. — Nous avons déjà vu les cognomina (eminus (n° 12), Zonginus, etc. (p.40), devenus gentilices, sans doute parce que leur désinence rappelait les gentilices en înus dérivés de noms de lieux.
Le complément que nous avons donné à notre inscription nous a été suggéré par l'inscription suivante :
1-:0-M://1//! G///NO LOCI HVIVS - Q - CAECILI VS : SECVNDVS LEG : C : SERENI
PROCOS - GALLIAE TRANSALPINAE V.-S-L-M:
Inscription trouvée à Qualburg dans la province de Dusseldorf: copie donnée par le seul Juste-Lipse, dans son Auctarium inscriplionum veterum (à la suite des Inscriptiones de Smetius, 1588, Leyde, in-f), p. 34.
J'ai essayé, dans les Mélanges de l'École française de Rome, de prouver l'authenticité de cette dernière inscription, mise en doute par des
savants autorisés : j'ai également essayé de retrouver la date du monument, et par suite du proconsulat de Caius Serenus. Selon nous, il gouverna toute la Gaule, sous le nom de 'proconsul Galliae Transalpinae, au temps du second triumvirat, entre les années 40 et 29.
C'est sans doute ce même Serenus dont le nom se trouve gravé sur l'inscription de Bordeaux : d'abord ce gentilice est d'une extrême rareté; puis les deux personnages ont le même cognomen; enfin, comme le montrent les dimensions des fragments, le monument auquel ils appartiennent ne pouvait être qu'un édifice public considérable, dû à l'initiative ou à la générosité d'un haut magistrat, d'un gouverneur plutôt encore que d'un préteur : nous pensons qu'il s’agit de murailles, ou de portes, ou d’arcs-de-triomphe.
On ne peut faire qu'une objection à cette série d'hypothèses, c'est que le Caius Serenus qui fut proconsul vivait au temps de la République romaine, et que les caractères de notre inscription sont de beaucoup postérieurs à son proconsulat : on ne peut guère les placer avant le règne de Claude.
Nous avons tourné cette difficulté en supposant que le monument construit sous le gouvernement de C. Serenus aura été détruit ou dégradé, puis rétabli ou restauré sous l'empire, vers la fin du premier siècle, et que, lors de cette restauration, on n'aura eu garde d'omettre le nom du magistrat qui en avait doté la cité. S'il s'agissait de murailles, par exemple, pouvait-on laisser tomber dans l'oubli le nom du gouverneur qui les éleva, et qui fut en quelque sorte le fondateur du Bordeaux romain?
Souhaitons que des fouilles ultérieures, entreprises autour de la tour de Pey-Berland, résolvent bientôt toutes ces difficultés, et nous fassent connaître la première page de l'histoire de notre cité.
DGENPL:
D'après l'original (Dépôt d'antiques de l'hôtel J.-J. Bel, n° 144).
Descr. — Belles lettres de 0,15.
Bloc de pierre haut de 0,19, large de 0,77.
Hist. — « Ancien Musée, provenant de Saint-Urgent », dit RENIER. Je suppose qu'il
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faut entendre Centujean (quartier de Bègles), qu’on a l'habitude d'écrire fautivement Saint-Ujean. J’ignore quand le monument a été apporté au Musée, où il a été classé entre 1850 et 1853, sous le n° 144.
Bibl. — RENIER, fiches ms.
... [Div]ogeni liber[tus]....
Sur le nom de Divogenus, cf. n° 2 et n° 8.
LPVRO STAIMNO:F-C
Le fragment de gauche d’après l'original (Dépôt du Colisée; ancien n° 49 du Musée des Facultés); celui de droite, d'après SANSAS.
Voici ce qu'écrit SANSAS dans le n° 4,568 de la Gironde, le 27 novembre 1863 (article reproduit dans la Société archéologique de Bordeaux, t. IV, p. 389):
«En démolissant les maisons qui masquaient, à l’est, la tour Pey-Berland, on a atteint une partie encore enfouie sous le sol de l’ancien mur d’enceinte de Bordeaux. Deux fragments de pierre arrachés de ce mur portent l'inscription suivante :
..+ VLPARO .. . + ESTESTAMENTO. F. C
> C'est un nouveau nom biturige qui nous est révélé. Malheureusement, il ne peut pas
être complet, et le nom des héritiers manque entierement. Peut-être, ainsi que cela est
arrivé lors de la démolition du fort du Hä, où les deux parties d’un autel taurobolique-
ont été trouvées en deux endroits différents, le commencement de l'inscription dont il s'agit se trouve-t-il au milieu des constructions encore intactes.
> Quoi qu'il en soit, sous le rapport paléographique, notre inscription est digne d'intérêt. Les caractères en sont tracés avec le plus grand soin; ils ont onze à douze centimètres de hauteur, ce qui est une dimension peu commune. Les lettres bien finies, un peu lourdes et carrées, offrent des jambages forts, tous d’une égale largeur, sans déliés, bien d’aplomb et terminés par un petit évasement très régulier; les O sont absolument ronds et non ovales; le dernier jambage de la lettre M, incliné de gauche à droite, sert à former la lettre suivante E; le dernier jambage de la lettre N, prolongé au-dessus de l'alignement des autres lettres et surmonté d'une ligne horizontale, forme le T. | |
> Cette inscription, qui devait appartenir à un monument d'une grande importance Par ses dimensions, me paraît remonter à la seconde moitié du n° siècle; elle compterait ainsi seise cents ans d'existence.
Je suppose qu'VLPARO est une faute d'impression : car il y a, très visiblement, VLPV sur le fragment conservé. De même, dans ESTESTAMENTO, EST a dû être
répété par inadvertance : car nous possédons le commencement de l'inscription et, pour admettre l'existence du premier EST, il faudrait supposer un troisième fragment, alors que SAnsaAs n’en indique que deux. Nous ne possédons plus que celui de gauche. Il mesure 0,50 de large et 0,69 de haut. Les lettres, assez belles, hautes de 0,12 et de 0,11, ne me paraissent pas cependant d’une très bonne époque.
Bibl. — Saxsas, loco cilato, donne les deux fragments. — RENIER, d’après le dessin de ROBERT, donne celui de gauche dans ses fiches ms.
… Ulpurn (7)... [heredes ex tlestamento f(aciendum) c{uraverunt).
Peut-être faut-il supposer une ou plusieurs lettres devant wlpuro.
Uro se retrouve, comme terminaison de cognoïmen, dans Sacuro (n° 23), Vimpuro (Bull. ép., I, p. 40), Sinturo (id., p. 135).
HN AAINIEMEN GTS HUM PE CV
D'après l'original (Dépôt d’antiques de la rue du Colisée). |
Var.—G,lI,etS,au milieu, sont loin d'être sûrs. — Nous avons indiqué dans un encadrement la partie de la pierre qui a été rabotée et polie pour recevoir un numéro d'ordre: nous l'avons fait, pour montrer avec quel manque de soin et avec quelle inintellicence on a parfois choisi la place où devait être inscrit le numéro du monument.
Descr.— Assez belles lettres, mais qui semblent, à l'exception des quatre dernières, avoir été martelées à dessein dans l'antiquité. Elles sont hautes de 0,10.
Bloc de pierre dure, large de 1,30, haut de 0,25.
Hist. — Provenance inconnue. — Au Dépôt d'antiques du Colisée, apporté, je crois, en 158: de la cour J.-J. Eel.
….M.m....... [ma gis[ter???].... pecufria sua?]