‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 40 sur 263 · L:IVL:MVTACI:SEQ Q:IGNIVS:SEXTVS FRATER · texte numérisé non relu

L:IVL:MVTACI:SEQ Q:IGNIVS:SEXTVS FRATER

D'après l'original (Dépôt du Colisée).

Var. — C. IGNIVS chez SANsAS (MVTAGI, dans la réimpression faite par la Société archéologique du travail de Sansas, est une faute du typographe qui ne se trouve pas dans l'édition originale de l’article).

Descr. — Hauteur des lettres : 0,035, 0,04 et 0,045. — Curactères gras, bien gravés, mais d’une assez basse époque; la boucle du G arrondie; les barres des M, Net A, s'amorcant au tiers des barres transversales.

Monument en pierre : en haut, dans une niche surmontée d’oreillettes et d’un fronton, le buste du défunt; en bas, dans un encadrement, l'inscription. — Hauteur : 0,95; largeur, 0,55. — RoBERT en a donné un dessin que nous reproduisons ici.

Hist. — Trouvé en 1868, d’après SANsAs, rue des Trois-Canards, maison de M. de Mérignac. Cet immeuble, qui occupait le n° 5 de la rue des Trois-Canards, correspond à la partie du trottoir du cours d’Alsace-et-Lorraine comprise devant le n° 101. — Musée des Facultés, n° 80 (cf. la Gironde du 13 avril 1870); transporté en 1883 au Dépôt du Colisée.

Bibl. — Sanxsas, Le Progrès, VI, p. 581 (Soc. arch. de Bord., t. VIII, p. 125). — RoëErT, Soc. arch. de Bord.,t. VIII, p. 68 (c’est à tort que Robert dit que le monument a été publié dans la Gironde en mai 1871). — D'après Robert, RENIER, fiches ms.

D{iis) M(anibus) L{ucii) Jul{ii) Mutaci, Seq{uani): Q{uintus) Ignius Sextus, frater.

La peuplade des Sequant avait pour chef-lieu Vesuntio, Besancon.

Les deux frères n'ont pas le même nom de famille. Je ne pense pas qu’il faille supposer, pour expliquer cette bizarrerie, que ce sont deux affranchis de maîtres différents. Il arrive très fréquemment, en Gaule tout au moins, que le fils ne prenne pas le gentilice du père, mais un gentilice formé du surnom soit de son père, soit parfois de sa mère. M. Hettner (Zur Æullur von (ermanien und Gallia Belgica, p. T) a remarqué ce fait sur les inscriptions de la Gaule Belgique : le fils d’un Ammutius Ollognatus s'appelle, par exemple, Ollognatius Secundus. Ce fait doit être généralisé à toutes les provinces de la Gaule, même à la

nu — em

= nr

Narbonnaise. Par suite, rien n'obligeait deux frères à porter le même nom. Le père de Julius Mutacus a dû s'appeler Julius Zqnis : l'un de ses fils a gardé son gentilice; l'autre a reçu comme gentilice celui d'Zgnius, formé du cognomen Zgnis.

Mutacus se retrouve à Langres (Catalogue du Musée, 1873, n° 79).

QIGNIVSSENIVS / | Pre FRATER | = Lex : = = = te gs;

— Le suffixe -acus est un des plus fréquemment employés dans les noms gaulois : on connaît (algacus, Diviliacus, etc. ; cf. Zeuss, p. 806. — Le radical mut- se rencontre dans le nom de Æufina (la ville de Modène) que Zeuss, p. ‘772, semble considérer comme d'origine celtique.

Remarquez le prénom Seæœius employé comme cognomen.

Les Séquanes faisaient partie de la province de Belgique ; au rv*siècle, de la province appelée Maxima Sequanorum.

REMOANVXL SECVRIAPRO TOGENIACN IVNXETMAIe RIVS FELICIS SIMVSLIBDP

D’après l'original (Dépôt du Colisée).

Var. — À la dernière ligne, SANSas écrit SIMVS. LIB. D. P.; ROBERT, SIMVSLIBDD. Descr.— Assez belles lettres, paraissant de bonne époque. — Hauteur: environ 0,04. Bloc de pierre; la partie supérieure du monument a disparu. — Hauteur : 0,60;

largeur : 0,76.

Hist. — « On vient de découvrir », raconte SANSAS à la date du 16 mai 1871, « rue du Peugue, en démolissant un des vieux restes de l'enceinte gallo-romaine de Bordeaux, au milieu de pierres de la plus grande dimension, deux cippes », etc. La rue du Peugue est aujourd'hui le cours d’Alsace-et-Lorraine. — Musée des Facultés, n° 79; transporté

en 1883 au Dépôt du Colisée.

Bibl. — SANSAS, La Gironde, 186 mai 1871, n° 7122. — ROBERT, Soc. arch. de Bord.,

VIL, p. 77. — D'après lui, RENIER, fiches ms.

ss. ReMO, ann(orum) xl: Securia Protogenia, conjunx, et Majorius Felicissimus, lib{ertus), d(e) p(roprio).

Le peuple des Remi avait pour chef-lieu Durocortorum : la ville a perdu son nom, mais elle a en revanche pris celui du peuple dont elle était la capitale et l’a perpétué; c’est aujourd'hui la ville de Reims.

e Securia, comme Securius », dit M. Robert, «est un nom dérivé du > surnom Securus, si commun dans les inscriptions. — Profogenia est »le nom grec Ilpursyéux; c'est l'équivalent de Primigentia. >» — Majorius est un gentilice formé du cognomen Major.

Le monument a été élevé au défunt aux frais communs de sa veuve et de son affranchi.

Les inscriptions de Reims ont été réunies par M. Héron de Villefosse dans le Bulletin épigraphique de la Gaule, t. IL p. 118 et s.

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OB - MEMO RIAM:-VES

TINIXONATE DONIS»>-C: BELeDeF# AN # XXKXIIII

D'après l'original (Dépôt du Colisée).

Var. — A la 4° ligne, NATE chez Sansas (Gironde seulement); à la 5° ligne, ON/;////C chez RoBERT; à la 6°, BEL///////F, chez ROBERT et SANSAS.

Descr. — Lettres hautes de 0,04 à 0,05, laides et mal gravées.

Autel rectangulaire; l’inscription gravée sur une aire formant tableau et encadrée de deux pilastres; la première ligne sur le bandeau. — Hauteur : 0,78; largeur : 0,52. — Cf. les dessins de BERNÈDE (Progrès, V, pl. n1, n° 8) et de ROBERT.

Hist. — Découvert en janvier ou février 1867, d'apres SANSAS, dans Je mur romain, entre la rue Porte-Basse et la rue du Loup, sur l'emplacement de la maison située au nord de l’ancienne porte Toscanan. La porte Toscanan, démolie en 1866, s’ouvrait sur la rue du Peugue (cours d’Alsace-et-Lorraine), à l'endroit où elle était coupée par la rue Porte-Basse, et au couchant de cette rue : la maison située au nord de cette porte et où a été trouvée notre inscription correspond à celle qui fait le coin de la rue Porte-Basse et du cours d’Alsace-et-Lorraine, n° 123 du cours (cf. Drouyn, p. 89). — Transporté dans les dépendances de l'hôtel Fieffé; depuis 1870 au Musée des Facultés, n° 81; depuis 1883 au Dépôt du Colisée. :

Bibl]. — SAnsas : lo La Gironde, 24 février 1867, n° 5661 (réimp. Soc. arch., IV, p. 186); 20 Le Progrès, V, p. 175 (réimpr. Soc. arch. VII, p. 166) et pl. 11, n° 8. — ROBERT, Soc. arch. de Bord., VII, p. 72. — D'après lui, RENIER. fiches ms.

D{iis) M(anibus). Ob memoriam Vestini Onatedonis, c/ivis) Bel(lovaci), d(e)f{uncti) an(nos) xxxiiti.

La formule ob memoriam, «en souvenir de », ne se rencontre dans aucune autre inscription de Bordeaux.

M. Robert interprète Vesfinus, Onatedonis (filius) : mais l'absence du mot fus est bien rare, surtout dans les inscriptions qui ne sont pas très anciennes, comme celle-ci; on ne la remarque dans aucun texte bordelais. Je préfère regarder vasrTiNI comme le gentilice du défunt,

soit qu'on voit dans Vesfini une contraction pour Vestinii, soit qu on aime mieux le faire venir de Vesfinus, nom de famille en -nus analogue au Geminus d’une autre inscription de Bordeaux (n° 12). Onatedo, dit M. Robert, « est un nom de physionomie gauloise ». Les Bellovaci ont laissé leur nom à leur capitale, Beauvais, autrefois Caesaromagus. Ils faisaient partie de la province de Belgique.

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