‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 41 sur 263 · M VOOR N:XXXX · texte numérisé non relu

M VOOR N:XXXX

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D'après l’original (Dépôt du Colisée).

Var. — SANSAS, à la 3° ligne, omet l’N, et, de même que ROBERT, le dernier X; — à la 5, il lit ONATRICVS; — la dernière ligne omise par SANSAS; ROBERT y a remarqué « les traces de deux caractères qui étaient sans doute les lettres finales ordinaires P C ou D D».

Descr. — Hauteur des lettres : 1re ligne, 0,05; 2°, 0,06; 3°, 0,035; 4e et 5°, 0,03; 6°, 0,02. — Caractères d'assez mauvaise époque.

Moitié d’un monument en pierre, brisé dans toute sa longueur : au centre, dans une niche « un homme debout, vêtu de la penula, tenant d’une main un coffret, arcula (?), et de l’autre un objet arrondi dont la nature est difficile à reconnaitre : les doigts qui apparaissent sur l'épaule gauche du défunt annoncent qu'il avait à sa droite un autre personnage, sans doute sa femme » (ROBERT). Les lignes de l'inscription sont gravées sur le fronton et l’entablement du monument, sur l’arcature et les pilastres qui encadrent la niche. — Hauteur du monument: 1,55; largeur moyenne du fragment: 0,35. — Grâce à l’amabilité de M. ROBERT et de la Société archéologique de Bordeaux, nous pouvons reproduire ici le joli dessin qu'il a donné dans les mnémoires de cette Compagnie.

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Hist. — Trouvé en 1868, d'après SANSAS, dans la muraille romaine, « maison Boucaud (?), rue du Mû». J'imagine que cette maison Boucaud n'est autre que la maison de M. Bourieaud, qui portait le n° 18 de la rue du Màû, et dont l'emplacement correspond au n° 79 du cours d’Alsace-et-Lorraine. — Musée des Facultés, n° 26; transporté en 1883 au Dépôt du Colisée.

Bibl. — Sans4s, Le Progrés, VI, p. 589. — RoBERT, Soc. arch. de Bord., VIII, p. 74. — D'après son dessin, RENIER, fiches ms.

[D{iis)] M{anibus)..... [Fa]vor, [def{unctus) an]nfos)xxxx, faber, [civis Medi]omatricus.....….

F'avor est le cognomen du défunt.

Les AMediomatricit formaient une civitas de la province de Belgique, avec Divodurum, Metz, pour chefleu.

Faber signifie proprement un ouvrier, et ne s'emploie guère seul, mais accompagné d'un adjectif indiquant un métier: faber tignarius, ouvrier charpentier, faber ferrartus, ouvrier forgeron, etc. Peut-être cette indication se trouvait-elle sur la partie de l'inscription qui nous manque.

« Ce tombeau », a dit M. de Villefosse, « présente une forme spéciale »et tout à fait particulière aux mo- » numents funéraires de Belgique, » dont on retrouve des exemples » notamment à Amiens et à Trèves »

(Répertoire des travaux historiques, t. III, n° 1293).

L:AMMI:SILVI Mi CIVI AMBIA N// D-F.AN-XXXXV-///// SILVINA:LEPIDI/ COGNATA : ADQW/!!

CVRE : PALME : AE// LIANI:FIL.TVTORY//

D'après l'original (Dépôt d’antiques du Colisée).

Var. — 5° ligne : je ne suis pas sûr que le Q et le fragment d’V de la fin n'aient pas été gravés par un amateur moderne trop peu délicat. Il est certain en tout cas que SANSAS n’a point vu ces deux lettres.

Descr. — Inscription gravée en belles lettres, régulières et bien espacées, hautes de 0,04. S |

Elle se lit sur le dé d’un autel en pierre sans ornement, dont la base et la corniche ont été ravalées. Hauteur du fragment : 1,22 ; largeur du dé: 0,58. — Cf. le dessin de ROBERT.

Hist. — Sansas écrit dans {a Gironde, à la date du 24 juillet 1867 : « Les fouilles qui s'effectuent le long de la rue du Peugue, au pied de l’ancien rempart gallo-romain de Bordeaux, ont permis de reconnaître les restes de quelques constructions romaines en dehors du rempart... À la hauteur de la rue Duffour-Dubergier, le creusement du canal à fait découvrir deux cippes au milieu d’autres débris de monuments. L'ancien mur est resté intact au nord de la fouille »; et dans Le Progrès: « Dans la démolition de la tour et des murs adjacents..., au milieu de ces intéressants débris, il a été recueilli divers monuments épigraphiques ». Cette tour n'était autre que la {or Gracilis dont parle en ces termes M. Drouyn, p. 94: « Nous avons reconnu cette tour lorsque, en 1866, on a démoli le mur romain pour percer le cours d’Alsace-et-Lorraine : elle était sur l'emplacement des maisons neuves qui sont à l’est du clocher de Pey-Berland » (n° 127 du cours d’Alsace-et-Lorraine). — Musée lapidaire (n° 41) de la rue des Facultés; transporté en 1883 au Dépôt du Colisée.

Bibl. — Sansas: 1° la Gironde, 24 juillet 1867, no 5801 (Soc. arcà., V, p. 127); 2° Le

Progrès, 1867, t. V, p. 739 (Soc. arch., VII, p. 171). — ROBERT, Soc. arch., VIIL, p. 70.

[D(iis) m{anibus)]. L(ucio) Ammi(o)Silvin[o],civi Ambian[o], d(e)f{uncto) an(nos) xxxxv: Siluina, Lepidi[f{ilia)], cognata, adqu{e] Cure, Palme, Ae[milliani fil(iae), tutori.

Le défunt, Zucius Ammius Siloinus, était citoyen romain, comme l'indiquent ses trois noms. Cependant, il porte le titre contradictoire

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de civis Ambianus, « citoyen Ambien »: or, d'après une règle de droit qui était classique chez les anciens, nul ne pouvait appartenir à la fois à deux cités. En droit strict, Silvinus était civis Romanus, ortu ou domo Ambianus, « citoyen romain d'origine ambienne » ou « domicilié chez les Ambiens ». Mais peu à peu, le sens du mot civis se transforma: il se restreignit à mesure que s'étendait la cité romaine. Du jour où elle appartint à tous les habitants de l'empire, civis n'a plus qu'une valeur administrative. Civis Amb'anus, c'est celui qui est inscrit sur les registres de la cité des Ambiens, qui y est né et y possède son domicile légal. C'est dans ce sens qu'Ausone se dit citoyen de Bordeaux : Civis in hac sum (Ordo urbium, 167).

Quant aux Ambiens (province de Belgique), ils étaient établis sur les bords de la Somme, et avaient pour chef-lieu Samarobriva, qui prit plus tard le nom de la peuplade, Ambiani, et est devenue la ville d'Amiens.

La traduction et l'interprétation des deux dernières lignes de l'inscription présentent certaines difficultés. Faut-il voir dans cvre, dit M. Robert, reprenant en cela l'idée de Sansas, « le nom commun cura » à l’ablatif, et faire de Palme un génitif? On serait alors en présence » d'un monument que Si/vina aurait fait élever seule à un parent et » tuteur; cette femme aurait confié à Palma, fille d'Aelianus, les détails » matériels de l'exécution ». — L'autre conjecture de M. Robert est de beaucoup préférable : le monument a été élevé par deux femmes, Siloina, fille de Zepidus, parente (cognata) du défunt, et (adque, pour atque), Cure Palme, fille d'Aelianus : Silvinus était le tuteur des deux femmes et le parent de la première seulement. — Nous ne modifierons que sur deux points l'opinion de M. Robert. Les deux femmes étaient unies au défunt par des liens différents: l’une lui a élevé le monument comme sa belle-sœur (c'est le sens de cognata dans les inscriptions); l’autre, comme à son tuteur. Cette différence dans les formules, l’une indiquant la qualité du survivant, l'autre celle du défunt, n’est point rare à Bordeaux. En second lieu, il est fort possible qu'il y ait eu deux pupilles de Silvinus, deux filles d'Aemilianus, Cure et Palme.

Cure ne se rencontre nulle part ailleurs, et c'est ce qui empêche de présenter notre explication autrement que comme une simple hypothèse. Peut-être faut-il le faire dériver du grec xésn OU xo5or, « jeune fille », ce qui expliquerait sa terminaison grecque. Je préfère cependant

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