‹ Inscriptions romaines de Bordeaux. Tome IChapitre 5 sur 263 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

Il y a dans Ammien Marcellin un texte relatif à Bordeaux auquel j'ai omis à dessein de faire allusion tout à l'heure.

« L’Aquitaine », dit-il, «est extrêmement remarquable par » l'ampleur de ses villes; pour en négliger beaucoup d’autres, » les principales sont Bordeaux et Clermont, puis Saintes et » Poitiers »: Agutilanica, ampliludine civilalum admodum culla; omissis aliis mullis Burdegala el Arverni excellunt, et Santones, et Piclavi. Je ne pense pas que ce Bordeaux dont parle Ammien Marcellin soit le Bordeaux muré du ive siècle, la petite ville, wrbs exigua, d’Ausone. C’est à un autre Bordeaux auquel Ammien songeait, à celui que lui ont fait connaître les écrivains des siècles précédents, et du reste maint passage de sa description géographique des Gaules paraît peu convenir au bas-empire. Le Bordeaux splendide dont il parle, c’est celui d'avant 300, celui de nos inscriptions. |

L'idée première du recueil qui paraît aujourd’hui est due à M. Reinhold Dezeimeris. Dans la séance du 13 novembre 1874, il proposa à la Commission de Publication des Archives municipales de Bordeaux de faire un Recueil d’inscriphions el autres monuments épigraphiques. Ce projet, dont la discussion et l'exécution furent retardées par la préparation de nos autres volumes, fut repris en janvier 1884, par MM. Barckhausen, Dezeimeris et Luchaire, et c’est sur leur initiative, — dont je tiens à leur exprimer ici ma profonde gratitude, —que la Commission voulut bien, à la date du 30 janvier 1884, me charger de réunir les matériaux et de commencer la publication de ce recueil.

C’est pour moi un devoir et un plaisir que de remercier ici mes collègues (!) de la Commission et mes amis de Bordeaux des conseils et des encouragements qu'ils m'ont donnés à toutes les heures de l’impression de ce travail. Ils m'ont appris qu’on pouvait aimer Bordeaux et l’épigraphie romaine tout à la fois; bien souvent j'ai pu répéter, en faisant ce

travail, le mot d'Ausone : Diligo Burdeqalam, Romam colo.

Je tiens à remercier aussi ceux des épigraphistes français qui ont voulu s'intéresser à ce recueil, Egger, Léon Renier et irnest Desjardins, — nos maitres et nos conseillers regrettés, — MM. Robert, Mowat et de Villefosse qui, mieux que moi, auraient pu le mener à bonne fin. Mais par-dessus tout je veux rappeler à mon maître et vénérable ami, M. Allmer, ce qu’il a fait pour m'aider dans ce travail, dont presque toutes les pages portent son nom et le témoignage de sa profonde science. J'aurais dû lui dédier ce livre, si je ne devais en adresser le respectueux hommage à ceux dont l'intelligente libéralité et la généreuse confiance m'ont permis de l’entreprendre et de le terminer, je veux dire à M. le Maire, à MM. les Adjoints et au Conseil municipal de la ville de Bordeaux.

Comme nous l'avons dit au début de cette préface, le premier volume des Znscriplions romaines de Bordeaux

(‘) Les membres de la Commission sont: MM. Henri Barckhausen, Édouard Bourciez, Brives-Cazes, Gustave Brunet, le comte Alexis de Chæsteignier, A. Couat, Reinhold Dezeimeris, Leo Drouyn, Ducaunnès-Duval, Ernest Gaullieur, Gustave Labat, Émile Lalanne, le marquis Théobuld de Puifferrat et Roborel de Climens.

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