SA'T: TERTIO
VECISO FRAT-:
POSVIT
D’après l'original (Dépôt J.-J. Bel, n° 152).
Var. — La troisième lettre de la seconde ligne est accostée en haut et à gauche d'un appendice en forme d’accent aigu : 4; on peut songer à une L semblable à celle de l'écriture cursive, et en particulier des graffit: de Pompéi; mais, comme cet accent ne rejoint pas la haste verticale, nous préférons le considérer comme un apex destiné à la lettre A; puis, l'inscription est trop bien gravée pour que le lapicide ait ainsi mêlé l'écriture cursive aux litterae quadratae. — Les deux éditeurs ont adopté SAI.
FRATER chez tous les éditeurs. — Il y a, au-dessus du crochet inférieur du C, isolée du corps de la lettre, une sorte de boucle qui me semble beaucoup trop légèrement gravée pour indiquer le crochet recourbé de la lettre G. Les deux éditeurs ont VECISO; RENIER, VIGISO; VECISO? chez CREULY, Revo. celt., III, p. 810. Descr. — Lettres de bonne forme, hautes de 0,036 et 0,03.
Monument quadrangulaire en pierre, sans ornement. La première ligne, sur le tympan du fronton; le reste, sur le dé. — Largeur du dé : 0,37; hauteur du monument : 0,50.
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Hist. — Provient, d’après JouANNET, des fouilles faites en septembre 1826, dans la muraille romaine, derrière le vieux Lycée (cours de l’Intendance, n°522 et21).— Réclamé par BROWN, puis donné par lui à la Ville. — Dépôt J.-J, Bel, n° 152.
Bibl. — JouaAnNeET : Acad., 1827, pl. [I], n° xu. — SaNsaAs : 19 Notice, p. 57 (Congrés, p.515), 20 Ascia, p. 25 et p. 63 (Acad., 1866, actes, p. 433 et 471). — RENIER, fiches ms.
Diis) M{anibus). Sai(o) Tertio. Veciso, frater, posuit.
Sar est l’abréviation de Saius ou de je ne sais quel autre gentilice. — S'il faut lire sar, ce qui est douteux, il s'agit du nom de Saloius.
Veciso, — (peut-être Vegiso, mais la lecture ne change en rien à l'origine du mot, c et G permutant d'ordinaire dans les noms gaulois), — Veciso doit être rapproché des noms, à radical analogue, de Vecefus (Schucrmans, 5596) ou Vegetus (id., 5598), Vegula (nom d'homme, Corpus, V,5155), Vegeto (Corpus, III, 4763); Vecus (V, 4910; cf. Vecco, V, 6644) semble être la forme la plus simple. Cf. encore Veci[s?jus (IIT, 4464). On trouve ailleurs Vegiso (TITI, 6010,277), Vegisonius (Brambach, 1438).
Parmi les papiers de DE LAMONTAIGNE, conservés à la Bibliothèque de la Ville de Bordeaux, se trouve la note manuscrite suivante, d'une main inconnue :
Inscriptions trouvées dans les fouilles de l’archevêché en 1775.
IIVLAE PACATAE SALVIAE MA
M : SALVIO P///JTE/I Q SALVIO AS///
IIIALVIO PACA [IIIIIN A E
Voici ce que raconte, au sujet de ces fouilles, BAUREIN, dans sa Dissertation sur les débris d'anciens édifices trouvés dans le Palais Archiépiscopal de Bordeaux, dissertation lue à l’Académie le 25 août 1775 et récemment imprimée dans les Recherches sur la Ville de Bordeaux (Variétés, t. IV, 1876), p. 341. — L’Archevêché occupait la partie du
terrain délimitée par l’Hôtel-de-Ville, la Cathédrale et la rue des Trois-Conils (cf. ici, n° 18, hzst., et DROUYN, p. 417).
« Les fouilles qu'on a faites dans l’enceinte du Palais Archiépiscopal de cette Ville, démoli depuis peu, nous ont procuré la découverte de quantité de cébrs d'anciens Édifices qui ont excité agréablement la curiosité du public.
» On y a trouvé des fûts et des tambours de colonnes, des bases, des chapiteaux, des restes d’entablemens, de corniches, de frises, d'architraves et autres ornemens de sculpture et d’architecture..….
> Ce ne sont point les débris d’un seul et même édifice. Celui auquel appartiennent les colonnes cannelées, dont les tambours ont environ quatre pieds et demi de diamètre, étoit construit d’une qualité de pierre dont le grain ressemble très-parfaitement à la pierre de Taillebourg.
> Néanmoins les pierres sur lesquelles on a trouvé quelques inscriptions, concernant principalement l’ancienne famille de Salvius, étoient d’une qualité tres-différente et n’approchant pas à beaucoup près, ni de la blancheur, ni de la finesse des pierres de ce grand Édifice.
» Si les inscriptions eussent appartenu à celui-ci, on n’auroit point manqué de les graver sur des pierres d’une même qualité, les inscriptions étant ordinairement placées ou dans la facade d’un Édifice ou dans quelque autre lieu remarquable. 11 y a donc lieu de penser que ces démolitions appartiennent à différens Édifices; d’ailleurs, si parmi ces débris, on retrouve quelque morceau d’architecture romaine, on y en trouve aussi dans le goût de l’architecture gothique ».
Bibl. — Ces fouilles et ces découvertes ont été mentionnées, d’après le manuscrit de BAUREIN, dans le Bulletin polymathique, t. XT, p. 147 et p. 181; d’après cette dernière dissertation, par JUUANNET, Acau., 1829, p. 173.
Les inscriptions ont été publiées, d’après les papiers de de Lamontaigne, par JULLIAN: 19 Soc. arch. de Bordeaux, VIII, p. 1973; 2° Bulletin épigraphique, IV, p. 198.
Jullilae Pacatae.... Salviae Max[imae).
M{arco) Salvio P[aïter[no].... Qfuinto) Salvio As[iatico?]. [Slalvio Pacalto]......[.....iae.....]nae.
J!/ T M L : SAMONICs= CÆD/AIIII/// I V L: I VL:
CASTR VICTOR
E NSIS IAE MRVS MRVYS
D'après l'original (Dépôt Jean-Jacques Bel, n° 83). Var. — 1" ligne omise par CAILA, DE CAUMONT et RENIER; D... chez JOUANKKT et
SANSAS. — A la 2€ ligne, ET M chez CaiLaA, ET (liés) M chez RENIER, I Æ M chez JOUANNET et SANSAS; omise par DE CAUMONT. — À la 3°, CAE... chez JOUANNET, SANSAS et DE Cau- MONT, CAES... chez CAILA, CAE///D//] chez RENIER; SAMONIGCAE...L chez CREULY (Reo. cell., III, p. 305: carnet XVI, p. 35). — A la dernière, M.RVS et M.RVS chez CAILA, JOUAN- NET et SANSAS, qui s’inspirent visiblement l'un de l'autre; AMRVS et MRVE chez DE CAUMONT; MARVES et MARVES chez RENIER.
Descr. — Lettres d'environ 0,04, régulières, mais fort laides, les déliés très épais, les C et les O aplatis, les angles équarris.
Monument en pierre : la formule D M sur les acrotères; entre les deux, un fronton, dont le tympan est occupé par une pigna; sur le bandeau du fronton, la 2° ligne. Audessous, l’épitaphe : la première ligne de l’épitaphe sur une saillie; le reste, au-dessous, dans deux niches cintrées, flanquécs de pilastres. — Hauteur : 1,26; largeur : 0,77. — Voyez le croquis de THIOLLET.
Hist. — Provenance inconnue. — D’après CAILA, trouvé en 1756 dans les fondements de l’Intendance. On ne peut se fier aux indications de Caila : JOUANNET, qui avait accepté d’abord son affirmation, a classé ensuite l'inscription parmi celles de provenance incertaine. En tout cas. elle se trouvait dès 1813 au Dépôt J.-J. Bel, où elle occure aujourd’hui le n° 83.
Bibl. — CaiLA, Explication [ms.], n° 47. — JOcANNET : 19 Académie, 1829, pl. [II], n° 22; cf. p. 173; 2° /nscriptions [ms.], n° 98. — Sansas, Notice, p. 50 (Congrès, p. 508). — DE CAUMONT, Bulletin monumental : 1° t. XXVII, p. 534; 20 t. XXVIII, p. 451 (les deux fois avec le croquis de THIOLLET). — RENIER, fiches ms.
[D{iis)] M(anibus) Telt m{emoriac) L(ucii) Samonic(i) Caed'ija[ni] ou Caediiimii]; — Jul(iac) Castrensis : mar(ilus) Vfe)s(tinus)(?); — Jul(iue) Victoriae: m{a)r(itus) Fes(tinus) (?).
C'est l'interprétation donnée par Léon Renier à de Caumont (Pu/7. mon., XXVIII, p. 451). L. Samonicus Caedianus devait être le père du donateur, Vestinus: Julia Castrensis et Julia Victoria sont les deux femmes du même Vestinus.