‹ Insectes diptères du nord de la France (volume 2)Chapitre 158 sur 171 · Conërnre pâle; C. pallida, Meig., Panz · texte numérisé non relu

Conërnre pâle; C. pallida, Meig., Panz

Blanchâtre. Pieds ponctués de noir:

Chironomus pallidus, Fab. syst. antl, Tipula pallida, Gmel., Fab. ent. syst:

Long. 31.

Blanchâtre. Antennes roussâtres, avec la base de chaque article noire. Yeux d’un vert brillant. Thorax à bandes d’un gris roussâtre pâle. Segmens de l’abdomen terminés de noi< râtre. Pieds blancs; cuisses marquées aux côtés intérieur et extérieur de douze points, et les jambes de six points noirs; tarses roussâtres; Ailes blanches; nervures comme dans la C. culiciformis.

Il voltige en troupes nombreuses près des eaux:

COUSIN; Curex,

Culéx, Linn., Réâum., Deg., Geoff., Schæff., Scop., Schr.ÿ Fab., Oliv., Lat., Vill., Ross.; Cuv.; Lam., Walck., Schell.; Il:, Meig.

Tête petite. presque globuleuse. Trompé au moins de la longueur du thorax, menue, demi-cylindrique, dirigéé LS:

obliquement en avant; lobes terminaux petits et menus; lèvre supérieure de la longueur de la trompe, creusée inférieure ment en gouttière, et recevant la langue (1)? deux longues soies de chaque côté, insérées à la base de la lèvre supérieure. Palpes dirigés en avant, filiformes, de cinq articles dans les mâles, plus longs que la trompe ; le premier article très-court; très-courts et velus dans les femelles; les deux premiers articles peu distincts. Antennes de quinze articles; le premier court et cylindrique dans les mâles, les douze suivans noucux et plumeux à leur base, les deux derniers longs et cylindriques; dans les femelles, tous, excepté le premier, également longs etcylindriques, avec quelques poils à leur base. Yeux verdûtres (dans l’état de vie).

Thorax ovale; écusson petit. Abdomen à peu près cylindrique. Pieds menus, allongés, surtout les postérieurs. Ailes couchées, frangées, nervures couvertes d’écailles (2); cellule stigmatique nulle; une marginale; deux sous-marginales terminales, la supérieure pétiolée; deux discoïdales; quatre postérieures, la deuxième pétiolée, la troisième moins longue que la quatrième. ( PI. 4, fig. 8).

Les Cousins présentent avec les autres Tipulaires une identité parfaite dans la forme du corps; ils appartiennent particulièrement aux aquatiques par l’ensemble des caractères les plus saillans; le corps également eflilé et porté sur de

(1) L’esistence de cette langue est probable, mais douteuse. M. Meigen dit que la lèvre supérieure reçoit la langue dans sa partie inférieure creusée en gouttière ; mais il ne la représente pas dans les figures , d’ailleurs très-fidèles, de sun ouvrage, et l'on n’y voit que cinq <oies au lieu de six, comme dans les figures de Réaumur et dans les descriptions de Latreille , de Lamarck , ete.

(2) Les écailles de la surface des ailes sont allongées, étroites, un peu élargies vers l'extrémité qui est obtuse ; celles. des bords sont élargies vers Le milieu et terminées en pointe.

longues jambes, les antennes ornées du même panache, les ailes offrant uu semblable système de nervures, et même une ressemblance remarquable avec celles des Corèthres; enfin, l'existence aquatique des larves et des nymphes qui ont les plus grands rapports de conformation avec celles des genres précédens. La réunion de tant de caractères lie étroitement les Cousins aux autres Tipulaires; elle ne semble même compatible avec aucune modification importante dans les autres parties de l’organisation; et cependant, au milieu de cet accord, en apparence si parfait, se montre un organe, et le plus influent de tous, sur l’économie animale, qui diffère étrangement de ce qu’il est dans les autres branches de ceite famille. La trompe du Cousin me parait plus étonnante encore par celte espèce de suspension de la loi d’analogie , que par le mécanisme admirable qu’elle. offre à nos yeux. Au lieu d’un instrument faible, mou, charnu; ne renfermant que des parties peu ou point distinctes et inoffensibles, eile est une arme redoutable, un appareil écailleux de fourreaux extérieurs, d'aiguillons acérés, de lames dentelées en scies, dont nous ne connaissons que trop la puissance, et qui non-seule= ment pénètre dans nos vaisseaux pour y puiser notre sang, mais y distille encore un poison qui irrite les blessures et nous cause une douleur insupportable.

Cependant, si nous examinons attentivement cette trompe nous reconpaissons dans la gaîne extérieure, malgré le plus grand changement dans la forme, les trois parties dont elle est composée dans les autres Tipulaires. La base et la tige

s'atténuent et s'étendent en long tube cylindrique, et les deux

lobes terminaux que nous ayons vus souvent épais et arrondis,

se réduisent en un petit article apical et bilide. Les palpes;

qui s’allongent également et prennent une direction horizon-

tale, sont formés du même nombre d'articles, et c’est dans

la forme seule que consiste leur singularité. Quant aux parties 11:

internes de la trompe, on y retrouve la lèvre supérieure, fa langue et deux paires de soies, c’est-à-dire, l’organisation la plus complète de la bouche dans les Diptères, et telle que nous l'offre celle des Tabaniens.

Personne n’ignore la manière de vivre des Cousins. Communs partout, et particulierement près des eaux, dans les bois et dans nos habitations, ils passent la plus grande partie du jour dans le repos, fixés sur les feuilles dès arbres, et le plus souvent sur la surface inférieure, où ils se balancent fréquemment sur leurs longues jambes avec lenteur et une apparence de mesure. On les voit aussi sur les fleurs, occupés à tirer les sucs des nectaires; mais cet aliment paraît leur plaire beaucoup moins que le sang pour lequel leur avidité se montre avec la plus grande véhémence. Ils attaquent les hommes et les animaux avec une opiniâtreté qui leur fait vaincre tous les obstacles qu’on leur oppose, et la fumée dont s’entourent le Lapon, le Hottentot, comme les cousinières imaginées pour nos Sybarites, n’ont fourni encore que des moyens bien impuissans pour repousser leurs importunes hostilités. Ils troublent trop souvent notre sommeil, soit par leurs piqûres douloureuses, soit par le bourdonrement aigu dont ils nous fatiguent et nous inquiètent : je le leur pardon= neraisencore, s'ils consentaient à me laisser jouir paisiblement de la fraîcheur des eaux, de l’ombrage des forêts et du charme d’une belle soirée; mais c’est là précisément qu’ils se rendent le plus insupportables.

On a observé que nous n'avions pour ennemis que les femelles des Cousins, et que les mâles trouvaient leur subsistance sur les fleurs. Cette observation s’accorde avec celle qui a été faite sur les Tabaniens. Cependant la conformation de Ja trompe pourrait plutôt faire soupconner le contraire; cet organe, d’ailleurs le même dans les deux sexes, étant accompagné dans les mâles de palpes beaucoup plus longs et plus forts.

Les Cousins, comme beaucoup d’autres Tipulaires, se réunissent en troupes nombreuses dans les airs, et y voltigent de même aux derniers rayons du soleil. La cause long-temps mystérieuse de ces assemblées aériennes paraît enfin connue. On a remarqué qu’elles étaient composées en très - grande partie de mâles, auxquels venait se joindre un petit nombre de femelles, et que c'était en volant que s’opérait la fécondation. Cette observation est d'autant plus digne de confiance, que d’autres insectes s’umissent également dans les airs, entr’autres les Éphémères, les Fourmis, et particulièrement les Abeilles, dont les amour:, si long-temps couvertes d’un voile épais, ont enfin été divulguées par M. Huber, de Genève.

Les femelles ne tardent pas à s'occuper des soins de la maternité, et la manitre dont elles effectuent leur ponte est bien ingénieuse et entièrement différente de celle usitée par les autres Tipulaires aquatiques. Au lieu de déposer leurs œufs en masse dans une matière transparente qui se précipite au fond des eaux, les Cousins pondent les leurs au nombre de deux à trois cents, un à un, en les collant l’un à l’autre, et en formant de la totalité un petit radeau qui surnage. La forme et la position de ces œufs rendent cet arrangement fort difficile. Allongés, à peu près cylindriques, mais terminés en pointe

par un bout, et munis d’une espèce de cou de bouteille par lautre, ils sont posés verticalement les uns contre les autres, le bout pointu en dessus. Pour parvenir à les déposer ainsi, le Cousin se cramponne, au moyen de ses pieds antérieurs et intermédiaires, sur une feuille ou quelqu’autre corps flottant sur l’eau , de manière que l’extrémité de son abdomen dépasse ce corps. Ensuite-il croise ses pieds postérieurs, relève le dernier segment de l’abdomen, afin que les œufs sortent dans une position verticale, et il place le premier qui se présente dans l’angle formé par ces pieds. Le second est collé au premier, et ainsi de suite, en remplissant intervalle entre

(158) ces pieds qui s’écartent à mesure que la ponte:avance, sans cesser de maintenir les œufs tant qu’elle ne. soit terminée, C’est ordinairement le matin que se fait cette opération ingénieuse, et toujours sur des eaux slagnantes,

Les œufs. tardent peu de jours à éclore. Les larves sont douées d’une organisation très-compliquée, qui offre quelque ressemblance avec celle des Tanypes et des Corëètbres, et dont les parties extérieures se rapportent toutes à l’une des trois fonctions de la nutrition, du mouvement et de la respiration. Le corps est allongé, composé de huit segmens, d’un thorax grand et arrondi, et d’une tête très-distincte, Les organes de Ja bouche, au nombre de sept, si lon ea croit Swammerdam, sont très- peu distincts et à peu près inconnus encore, à J’exception de deux espèces de mâchoires en croissans et ciliées du côté intérieur, auxquelles les larves donnent beaucoup de mouvement, en les porlant en avant et les retirant avec la plus grande vivacité. Cet appareil semble d’abord combiné pour saisir une proie; mais il parait n'avoir d’autre fonction que d'agiter l’eau et de l'attirer à la bouche, pour y amener en même temps les corpuscules alimentaires qui s’y trouvent. Deux filets qui ressemblent à des antennes paraissent coopérer à l’action de ces mâchoires; ils sont inarticulés, garnis de touffes de poils, insérés près de la bouche, et arrondis en ares dont les extrémités'se rapprochent.

L'organe de la respiration consiste en un tube allongé, inséré sur le dernier segment de l’abdomen, et avancé obliquement au-delà du corps. Ce tube ‘sert à introduire l'air de l'atmosphère aux trachées. L’extrémité en est donc appliquée à la surface de l’eau, ce qui oblige la larve à y vivre dans une posilion reuversée. Cependant elle à la faculté de plonger, de rester assez long-temps sans communiqueravec l'air extérieur, el je soupçonne qu'elle respire alors au moyen des toufles de poils dont le thorax et les segmens de l’abdomen: sont garnis, et qui peuvent remplir les fonctions d’ouies.

La faculté de nager dont jouit cette larve, est due à un autre organe situé à l’extrémité du dernier segment et dirigé du côlé opposé au tube atrifère. Quatre ou cinq petites lames ovales , transparentes et entourées à leur base de longs poils disposés en entonnoir, sont insérées sur une base Courte et épaisse, et paraissent propres, par leur forme et leur mobilité, à servir de nageoires. Au reste, ces larves usent peu de la faculté de se mouvoir; mais au moindre objet qui les effraie, elles quittent, en se précipitant, la surface de l’eau pour y remonter bientôt après (1).

Après avoir pris tout leur accroissement, et changé plusieurs fois de peau, les larves passent à l’état de nymphes, et, sous cette nouvelle forme , elles ressemblent fort aux nymphes des autres Tipulaires aquatiques. Munies, sur la partie supérieure du thorax, de deux tubes atrifères en forme de cornets, elles ont, à l'extrémité du corps, deux nageoires aplaties,accompagnées de deux soies allongtes, dont j'ignore la destination. La plus grande différence qui les distingue; consiste dans l'attitude du corps, dont la partie postérieure est ordinairement tournée autour du thorax. Ces nymphes se tiennent, comme les larves, à la surface de l’eau pour respirer, et elles ont également la faculté de se mouvoir au moyen de leurs nageoires.

Lorsque le moment de la dernière transformation est venu,

(:) Je ne sais si ce genre de vie et l’instiuct de vivre eu familles nombreuses ne nous donneraient pas, au moins dans certaires localités , le moyen de nous délivrer facilement du plas grand nombre des Cousins , avant qu’ils ne fussent en état de nous incommoder. Dans bien des cantons , une mare , un fossé de peu d'éteudve contiennent les seules eaux d’où sortent tous ces insectes, et j'ai trouvé tant de facilité, avec un filet de gaze , à en preudre les larves par centaines à la fois , pour les observer, qu'il me semble possible d’user d’un moyen semblable pour les détruire.

c'est-à-dire, vingt à vingt-cinq jours aprés la naissance de la Jarve, le thorax de la nymphe se fend; le Cousin commence à paraître , la tête la première. Par les contractions des segmens du corps, il parvient à se hisser verticalement hors de son enveloppe devenue une espèce de nacelle sur laquelle il reste quelque temps immobile, et que le vent fait voguer et quelquefois chavirer. Quand ses organes se sont raffermis, il pose ses jambes délicates sur l’eau qui semble perdre sa fluidité en sa faveur, il déploie ses ailes, et va prendre possession du domaine des airs.

a, Cousin annelé; C. annulatus, Gmel., Fab., Meig.

D'un roux brun. Abdomen et pieds fasciés de blanc. Ailes à

cinq taches, Lat. gen. crust., 5, 2887, 8.

Long. 5 —41.

D'un brun obscur. Articulations des derniers articles deg palpes blanches, dans le mâle. Thorax couvertde poils jaunes, courts, noirâtres, souvent peu distincts, et marqué de deux lignes. Abdomen d’un brun noirâtre; base des segmens blanche ; une bande longitudinale blanche sur le premier. Pieds marqués d’un anneau blanc vers l'extrémité des cuisses, d’un autre plus petit à l'extrémité des jambes, d’un autre au milieu da premier article des tarses, et d’un autre à la base des deuxième, troisième et quatrième articles. Ailes marquées de cinq petites taches obscures à la bifurcation des nervures,

Commun en automne.

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