‹ Insectes diptères du nord de la FranceChapitre 240 sur 666 · Xylophage varié ; X . varias , Meig · texte numérisé non relu

Xylophage varié ; X . varias , Meig

Noir. Antennes plus longues que la tête. Bord postérieur des segmens de l’abdomen jaune.

Long. 3 { 1.

Trompe et palpes jaunes. Hypostome et front d’un noir luisant ; bord des yeux blanc au - dessus des antennes. Antennes presqu’une fois plus longues que la tête , jaunes en-dessous , depuis le deuxième article jusqu’au quatrième segment du troisième article. Thorax d’un noir luisant, à poils blanchâtres qui forment quatre bandes peu distinctes, une bande jaune sur les côtés, de la base des ailes aux épaules ; écusson jaune , noir sur les côtés. Abdomen d’un noir luisant , à poils blancs ; bord postérieur des segmens jaune ; un enfoncement elliptique fauve , à la base. Pieds jaunes à hanches noires et extrémité des tarses obscure. Balanciers jaunes. Ailes hyalines.

Rare.

CtENOMYIE ; Cœnomyia.

Cœnomyia , Lat. , Lat. — Sicus , Fab. Syst. antl. , Meig.

Klass. , Walck. , III. , Schell. , Fall. — Tabanus , Fab. Spec.

ins. , Ent. syst. , Gmel. — Straliomys , Panz. , Schr. ,

Schœff. — Musca , Herbst , Scop. , Vill.

Tête un peu moins large que le Thorax. Trompe légèrement saillante ; lobes terminaux grands , striés antérieurement. Lèvre supérieure pointue , presqu’aussi longue que la trompe ; langue de la longueur de la lèvre , également pointue ; soies capillaires de la même longueur. Palpes velus, à-peu-près cylindriques, légèrement arqués, couchés sur la trompe , de deux ou trois articles peu distincts ; premier fort court. Antennes presqu’aussi longues que la tête ; premier article un peu allongé , velu ; troisième allongé , conique ; premier et huitième segmens un peu plus longs que les autres.

Écusson petit , armé de deux petites pointes. Abdomen allongé. Pieds assez menus ; jambes terminées par deux pointes. Nervures des ailes à-peu-près comme dans les

Taons ; deuxième cellule sous-marginale un peu plus longue ; base de la quatrième postérieure appuyée sur la discoïdale inférieure ; anale -assez éloignée du bord intérieur (ï).

Ce genre , comme les deux précédens , offre un assemblage de caractères communs à divers autres Diptères , et c’est peut - être ce qui a engagé M. Latreille à lui donner le nom de Cœnomyie. Les parties de la bouche sont à-peu-près semblables à celles des Leptides ; les antennes , par la subdivision du troisième article en en huit segmens , offrent le caractère principal des Xylophagites ; les pointes de l’écusson établissent un rapport avec les Stratiomydes ; le port des ailes est couché comme dans ces dernières , et les nervures 9 quoique très-différentes , présentent également la base de la quatrième cellule postérieure appuyée sur la base de la discoïdale inférieure , modification que l’on ne retrouve point ailleurs. Elles ont cependant beaucoup plus de rapports avec celles des Tabaniens.

La classification des Cœnomyies a éprouvé des fluctuations analogues à ces divers rapprochemens. Elles ont été tour à tour comprises parmi les Stratiomes et les Taons ; mais quelle que soit la place qui leur ait été assignée , elle n’a jamais paru satisfaisante. Celle qu’elles occupent maintenant 1 quoique très-naturelle , suivant nous , ne paraît pas l’être davantage , et voici sans doute quelle en est la raison : les Stratiomydes et les Tabaniens forment les deux extrémités de la série des Diptères dont les antennes ont le troisième article subdivisé. L’intervalle qui sépare ces deux familles très-différentes n’est occupé , au moins en Europe , que par celle des

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( 0 Nous figurerons ces ailes dans Je prochain fascicule.

Xyîophagites , qui ne peuvent remplir tous les degrés intermédiaires , et dont les différens genres sont plus ou moins éloignés les uns des autres.

Les Coenomyies sont rares dans le nord de la France. Leurs habitudes et leur mode de développement sont inconnus. M. Meigen croit qu’elles n’ont pas , comme les Taons , la faculté de piquer. 11 soupçonne que les larves vivent dans le détritus du bois.

Gœnomyie ferrugineuse ; C. ferruginea , Lat. , Meig.

Abdomen à taches latérales blanches. Ailes jaunâtres. Siens ferrugineus , Fab. Syst. antl. 72 , 2 , Meig. Kl. 1 , 121 , 1 , Falî. Dipt. suec. , 12, 1.

Siens bicolor , Fab. Syst. antl. 76 , 3, Meig. Kl. 122, 2 a.

- - aureus , Meig. Kl. 122, 2, 6.

- errans , Fab. Syst. antl. 76, 4*

Tabanus bidentaius , Fab. Ent. syst. 4 y ^72 , 4° ? Gmel. 5 , 2885 , 33.

Tabanus bispinosus , Fab. Ent. syst. 4 y ^72 , 41 y Gmel. 5 f 2885 , 34»

Stratiomys macroleon , Panz. Faun. germ. g , 20.

* - — grandis, Schr. Faun. boic. 3, 3373.

Musca olens , Herbst, Gem. nat. 8, 108.

Long. 6,7!.

D’un brun ferrugineux. Thorax à deux bandes rapprochées , d’un blanc changeant , peu distinctes au-delà du milieu. Abdomen plus foncé antérieurement ; une tache blanche de chaque côté du deuxième segment ; une bande blanche rétrécie au milieu, sur les troisième et quatrième ; ventre ferrugineux; bord postérieur des segmens , excepté le premier , blanc. Pieds ferrugineux. Balanciers jaunes. Ailes d’un jaune brunâtre à nervures d’un jaune ferrugineux.

TABANIENS ; Tabami.

Tabanii , Lat. , Meig.

Caractères essentiels : trompe renfermant six soies dans les femelles. Antennes ordinairement de trois articles ; troisième divisé. Abdomen de sept segmens distincts. Tarses munis de trois pelottes. Ailes à cinq cellules postérieures.

Corps élargi, déprimé. Tête hémisphérique, déprimée, légèrement concave postérieurement ; front nul dans les mâles, plus ou moins large dans les femelles; hypostome ordinairement plat. Trompe submembraneuse, horizontale dans les mâles , perpendiculaire dans les femelles , subcylindrique , de la longueur de la tête ; lobes terminaux épais , allongés ; lèvre supérieure de la longueur de la trompe, assez large, sillonnée ; langue étroite, pointue; deux soies supérieures (mandibules) en forme de lames, lancéolées , dans les femelles seulement ; deux soies inférieures ( mâchoires ) plus étroites ; palpes épais , comprimés , velus , horizontaux dans les mâles, perpendiculaires dans les femelles ; premier article court , cylindrique ; deuxième ordinairement conique. Antennes rapprochées à la base ; premier article ordinairement court , cylindrique ; deuxième ordinairement très-court ; troisième à quatre ou cinq divisions dont la première est beaucoup plus grande, quelquefois échancrée vers la base. Yeux arrondis , brillans ; facettes supérieures plus grandes que les inférieures dans les mâles ; yeux lisses souvent nuis.

Thorax muni de chaque côté d’un petit tubercule vers la base de l’aile, d’où part une ligne enfoncée oblique de chaque côté en avant de l’écusson. Abdomen large , déprimé , rétréci postérieurement. Pieds assez courts ; postérieurs un peu plus longs que les autres ; jambes intermédiaires ordinairement terminées par deux pointes;

tarses assez courts, munis de trois peiottes. Balanciers en grande partie cachés sous une double écaille. Ailes ordinairement à demi-ouvertes ; cellule stigmatique nulle ou pçu distincte ; marginale élargie vers l’extrémité ; deux sous-margiuales terminales ; deuxième petite et souvent sinueuse; trois discoïdales ; cinq postérieures; anale ordinairement fermée. (PL 3, fîg. 6 — 8. )

Nous terminons la description de la longue série des Diptères à antennes inarticulées par la famille desTabaniens dont l’organisation est plus forte que dans aucun autre de ces insectes. Tous les organes paraissent avoir reçu le plus haut degré de développement dont ils étaient susceptibles. Le corps est grand ; les ailes sont mues par des muscles puissans , et pourvues du plus grand nombre de nervures observées dans cet ordre. Les pieds sont robustes , et les tarses munis de trois peiottes. Les antennes ont le troisième article divisé en plusieurs segmens, comme dans les deux familles précédentes , et même , dans l’un des genres qui la composent , ces divisions ne peuvent plus être considérées que comme autant d’articles distincts; de sorte qu’en terminant leur série, les Tabaniens commencent en même temps celle des Diptères à antennes multiarticulées. Enfin la trompe, cet organe dont nous avons vu , depuis les Phthiromyies et les Muscides , les pièces intégrantes se multiplier progressivement, acquiert dans les Tabaniens un accroissement refusé à tout ce qui précède, et elle présente pour la première fois, au moins dans l’un des sexes, le même nombre de parties qui accompagnent la bouche dans les insectes les plus développés , c’est-à-dire que l’on y distingue , de plus que dans les Diptères précédens, deux soies ou lames cornées qui par leur position sont analogues aux mandibules des insectes masticateurs. M» Savigny , dans ses excelJens

mémoires sur les animaux invertébrés , qui nous ont révélé l’identité de composition dans la bouche de tous les insectes , décrit et figure ces mandibules , et il les distingue des deux autres soies qui sont les mâchoires , et que l’on reconnaît comme telles à leur adhérence aux palpes. M. Meigen, qui méconnaît cette analogie, et qui nomme mandibules dans tous les Diptères les parties que nous nommons mâchoires , les considère seulement comme doubles dans les Tabaniens , sans expliquer davantage la nature des deux soies insolites qu’on y découvre. Au surplus , c’est ce grand entomologiste qui a fait connaître que les femelles seules de ces Diptères possédaient ces parties supplémentaires.

L’un des organes les plus remarquables des Tabaniens sont les yeux. J’ai observé que dans les mâles , les facettes supérieures sont plus grandes que les inférieures, comme dans une partie des Stratiomydes. Ils sont quelquefois admirables par leurs couleurs brillantes et la variété des figures qui y sont dessinées. Dans les uns, ils sont d’un beau vert Céladon tacheté de brun ; dans d’autres , d’un vert obscur orné d’un ou de plusieurs Iris nuancés ; tantôt la surface en est grisâtre et traversée par des lignes onduleuses ; tantôt elle est éblouissante d’or et émaillée de pourpre. Cet éclat relève singulièrement les couleurs souvent ternes du corps ; mais c’est l’éclat chatoyant des yeux du Tigre, du Léopard , l’indice de la cruauté et de la perfidie ; et en effet , l’instinct des Tabaniens ne s’accorde que trop avec les moyens de nuire que leur donne la conformation de leur trompe. Leur avidité pour le sang est extrême, et ils partagent avec les Asiles , les Stomoxes, les Cousins, l’odieux privilège de nous faire la guerre, et de s’abreuver de notre fluide nourricier ; mais ils se rendent bien plus redoutables encore aux animaux qui

ne peuvent se défendre avec autant d’avantage que nous, et que le cuir le plus épais ne met pas à l’abri de leurs douloureuses piqûres. Les chevaux et les bœufs en sont souvent tourmentés au point d’entrer en fureur. Ces bestiaux et plusieurs autres en ont chacun une espèce qui s’attache plus particulièrement à leurs pas , et qui portent leur nom. Le Renne , si précieux aux Lapons , a aussi son parasyte ailé ; et si l’histoire de ces formidables insectes était mieux connue , on pourrait peut-être en nommer le plus grand nombre du nom de leurs victimes. Cependant les femelles seules, excitées par le besoin d’une nourriture plus substantielle , ont cette soif de sang. J’ai fait arrêter bien des fois des chevaux dans les bois pour observer les Taons qui venaient à l’instant les assaillir en grand nombre. Je tuais tous ceux de ces insectes qui parvenaient à se fixer , malgré les obstacles qu’y mettait le mouvement adroitement dirigé de la crinière et de la queue. Je n’ai jamais observé de mâles parmi les assaillans. Ceux-ci vivent du suc des fleurs. Leur trompe, quoique moins fortement organisée que celle de l’autre sexe, paraît bien propre encore à percer la peau des animaux, et l’on ne peut guères attribuer cette différence de l’appétit qu’au besoin moins impérieux de nourriture qu’éprouvent tous les insectes mâles. L’on trouve aussi quelques femelles sur les fleurs.

Les Tabaniens fréquentent particulièrement les bois et les prairies humides, comme les Asiles, les terrains secs. C’est pendant l’été et aux heures les plus chaudes de la journée qu’ils se rendent le plus redoutables. Leur vol est rapide et accompagné d’un bourdonnement. Leur développement n’est connu que par les observations de Degeer sur le Taon des bœufs. La femelle confie ses œufs à la terre. Les larves sont grises, longues, cylindriques,

rétrécies aux extrémités et sans pieds. Elles ont îe corps composé de douze segmens ; la tête est cornée , étroite , allongée et munie de deux crochets, de palpes et d’antennes. Les nymphes sont nues. Le front porte deux tubercules, et l’extrémité du corps six pointes. Les segmens de l’abdomen sont bordés de petites pointes. Elles passent un mois sous cette forme.

Cette famille se diversifie en plusieurs genres institués pour la plupart par Meigen, et distingués entr’eux par la conformation des antennes , par la présence ou l’absence des yeux lisses , et par quelques autres caractères moins importans. Parmi les genres dont elle se compose en Europe, nous ne connaissons dans le nord de la France, ni les Pangonies , ni les Sylvius , qui sont propres au midi.

Tableau des genres.

Antennes de trois articles.

Antennes de six articles.

Troisième article des antennes échancré. .

1 Troisième avticîe des antennes

entier.

Trois yeux lisses.. . . . .

Point d’yeux lisses .

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