‹ Insectes diptères du nord de la FranceChapitre 258 sur 666 · PlatypÈze noir ; F. atra , Fall., Meig · texte numérisé non relu

PlatypÈze noir ; F. atra , Fall., Meig

Noir. Balanciers et pieds noirâtres.

Long, i 1.

Front de la femelle d’un brun noirâtre. Balanciers et pieds d’un noir de poix; ailes hyalines ; la nervure postérieure delà cellule discoïdale interne s’étendant jusqu’au bord interne de l’aile.

Rare.

CALLOMYIE ; Callomyia.

Callomfia , Meig. , Panz. , Fall. , Lat. fam. nat. , Wiede-

mann. — Dolichopus , Fab. Syst. antl. , Lat. gen.

Palpes cylindriques. Troisième article des antennes pointu. Yeux d’un rouge ardent. Thorax élevé. Abdomen allongé , cylindrique , comprimé , arqué ; organe copulateur appliqué sous le ventre. Tarses postérieurs à premier article aussi long que les autres réunis. Deux cellules postérieures. ( PL i , fig. 2. )

Les Callomyies ont les tarses postérieurs moins dilatés que les Platypèzes , et le premier article en est beaucoup plus long. Les palpes , les antennes , le thorax , l’abdomen , les ailes présentent d’autres caractères ; mais ce qui distingue surtout ces Diptères , c’est la beauté à laquelle ils doivent leur nom ; ce sont les taches argentées du thorax et les bandes orangées de l’abdomen qui décorent les femelles.

Ces insectes , très-rares partout, vivent sur le feuillage comme les Platypèzes , et ne paraissent également que vers la fin de l’été. On ne connaît pas leur jeune âge ; mais les nombreux rapports qu’ils ont avec le genre précédent

fait présumer que les champignons nourrissent leurs larves.

Çallomyie agréable ; C. amœnct , Meig.

Pieds jaunes ; postérieurs noirs. Balanciers fauves. Abdomen noir (mâle) ; ou : thorax noir à trois taches argentées^ Abdomen antérieurement fauve, postérieurement noir à bande argentée (femelle).

Long. 2. I.

Mâle : Noir. Pieds antérieurs d’un jaune de miel ; cuisses d’un brun noirâtre ; postérieurs d’un brun noirâtre. Balanciers fauves. Ailes hyalines.

Femelle : Épistome et front d’un bleu pâle. Thorax noir ; une bande arquée d’un bleu pâle argenté , de chaque côté , et une troisième devant l’écusson , unissant les autres ; flancs de la même couleur ; écusson noir. Les trois premiers segmens de l’Abdomen d’un jaune orangé ; les quatrième et sixième d’un noir velouté ; le cinquième d’un bleu pâle argenté à ligne dorsale noire. Pieds antérieurs fauves ; postérieurs noirs à cuisses fauves.

DOLICHOPODES;Dcæichopoî)A ; Latreille, Meigen, Fallèn.

Caractère essentiel : Antennes de trois articles ; troisième sans divisions, comprimé en palette. Trompe peu saillante ; dernier article des palpes déprimé et membraneux.

Corps oblong , ordinairement d’un vert métallique. Tête hémisphérique , déprimée ; bords latéraux et inférieurs ciliés. Épistome étroit dans les mâles. Front ordinairement assez large dans les deux sexes , un peu enfoncé , à sillon longitudinal. Trompe peu saillante , submembraneuse, plus épaisse et apparente dans les femelles que dans les mâles ; tronc (caulis') court, épais, caréné en-dessous; lobes ter-

minaux seuls saillans , allongés , horizontaux , divisés par une fente en-dessous. Lèvre supérieure large à sa base , pointue à l’extrémité , échancrée en-dessous ; langue subuliforme, pointue. Deux soies (mâchoires) suivant Latreille , plus courtes que la lèvre supérieure. Palpes insérés à la base de la lèvre supérieure , rapprochés , petits , de deux articles; premier cylindrique, caché ; deuxième déprimé, membraneux, ordinairement ovale, recouvrant la base de la trompe. Antennes insérées ordinairement aux deux tiers de la hauteur de la tête , rapprochées , dirigées en avant ; premier article obconique ; deuxième cyathiforme , trèscourt ; troisième de diverses formes , ordinairement comprimé ; style dorsal ou terminal. Yeux ovalaires, verts, bleus ou pourpres. Yeux lisses insérés au vertex sur un tubercule , accompagnés de plusieurs soies longues et épaisses.

Thorax sans suture , assez élevé , ovale , muni de fortes soies; poitrine saillante; écusson hémisphérique. Abdomen cylindrico-conique , comprimé latéralement vers l’extrémité, pointu dans les femelles , terminé dans les mâles par un organe copulateur très-développé , fléchi et appliqué sous le ventre, composé: i.° d’une base épaisse, cylindrique ou ovale; 2.0 de deux appendices tantôt filiformes , tantôt lamelliformes ; 3.° de deux autres appendices sétiformes , plus petites , quelquefois peu distinctes , situées entre les premières; 4-° d’une pointe cornée, insérée au bord antérieur et inférieur de la base. Pieds grêles , ordinairement allongés ; hanches antérieures assez allongées , nues ; cuisses ordinairement nues ; jambes munies de soies ; tarses finement velus ; articles décroissant graduellement de longueur; deux ongles et deux pelottes très-petits. Cuillerons petits, bordés de longs poils. Balanciers découverts. Ailes couchées ; cellule médiastine très-petite, à la base de l’aile , et fermée;

marginale s’étendant depuis la base jusques près de l’extrémité , droite et étroite ; sous-marginale semblable à la marginale , prenant naissance à l’extrémité de la discoïdale externe; deux discoïdales ; Péxterne très-pefife et étroite, ne s’étendant que jusques vers le sixième de la longueur dtf l’aîle ; l’interne longue , triangulaire, s’étendant depuis la base de l’aile jusqu’à la moitié au moins de la longueur; ordinairement trois postérieures ; la première superposée à la discoïdale externe , semblable à la sous-marginale , à nervure interne ordinairement fléchie vers les deux tiers de sa longueur ; la deuxième superposée à la discoïdale interne, en trapèze , élargie à l’extrémité ; la troisième superposée à l’anale ; anale fort petite et fermée. (PL i , Jîg. 3-8. )

Les Dolichopodes sont de petits Diptères remarquables par l’éclat de leurs couleurs , par la délicatesse de leur organisation , par la vivacité de leurs mouvemens et par la profusion avec laquelle la nature les offre à nos yeux. Rarement nous arrêtons nos regards sur le feuillage d’un arbrisseau sans voir un de ces petits êtres , brillant comme une éméraude enrichie d’or , animer la scène par l’agilité de sa course , et nous charmer par sa beauté. Voisines de la famille précédente , et se rapprochant comme elle des Athéricères par plusieurs rapports, elles appartiennent aux Tanystomes par l’insertion du suçoir et des palpes à l’entrée de la cavité buccale. Je considère ce suçoir , ainsi que M. Latreille , comme composé de quatre pièces, quoique l’extrême ténuité de ces organes , et la difficulté de les séparer soient telles que je n’oserais affirmer les avoir bien vues , et que Meigen rapporte n’en avoir reconnu que deux , en convenant toutefois qu’il peut y en avoir quatre. La trompe ordinairement peu saillante , mais s’allongeant quelquefois en tube , établit alors une autre ressemblance avec les familles suivantes , et l’habitude de se nourrir de proie y est encore conforme.

Les rapports que les Dôlichopodes présentent avec les Athéricères , et particulièrement avec les Muscides , consistent dans le système réticulaire des ailes , plus simple que dans les autres Tanystomes ; dans la forme de palette que prend le troisième article des antennes ; dans l’insertion souvent dorsale du style qui l’accompagne. De plus , les larves ont la tête charnue et de forme variable. Cette famille me paraît donc servir de transition entre ces deux grandes sections des Diptères , quoiqu’elle se lie mal avec celles entre lesquelles je crois devoir la placer pour former la série linéaire. M. Latreille , en la mettant entre les Leptides et les Asiliques , me semble l’avoir placée trop haut dans l’échelle des êtres, et Meigen , trop bas, en la rangeant entre les Conopsaires et les Syrphies.

Autant les Dolichopodes offrent de difficultés à les coordonner aux autres Diptères , autant ils se lient étroitement entr’eux , malgré les nombreuses modifications que présentent leurs organes. La longueur de leurs pieds qui leur a donné leur nom ; les belles couleurs métalliques dont ils sont ornés; la conformation des lobes qui terminent leur trompe ; celle de leurs palpes, et le développement extérieur de l’organe copulateur des mâles forment un ensemble de caractères communs à tous, que l’on ne trouve réunis dans aucun autre Diptère. En effet , les lobes terminaux de la trompe qui sont ordinairement réunis en-dessous par une membrane, sont ici divisés dans toute leur convexité , et peuvent librement se dilater et s’ouvrir. Cette anomalie est peut-être moins grande qu’elle ne paraît l’être : en comparant ces lobes à ceux de la trompe des Empides, par exemple, on peut croire que la partie divisée, qui est toute supérieure dans ces dernières, se courbe dans les Dolichopodes, devient antérieure et même inférieure, tandis que la partie réunie par une membrane y est réduite

à peu de chose. Les palpes , par leur forme foliacée , par leur nature presque cornée, et par leur position qui leur donne souvent l’apparence d’une lèvre supérieure bifide , ne ressemblent à aucun de ces organes connus, et changent même de destination. L’appareil copulateur n’est guères moins extraordinaire , et l’on ne voit que dans cette famille ces larges serres armées d’ongles recourbés qui ne donnent sans doute tant de moyens à l’un des sexes que pour vaincre une résistance également forte dans l’autre.

Plusieurs des organes qui ont des rapports plus ou moins intimes avec ceux des autres familles, ont cependant un caractère qui leur est propre. C’est ainsi que la réticulation des ailes , quoique semblable au premier abord à celle d’un grand nombre de Muscides , en diffère par la forme des cellules médiastine et anale, et par les bases toujours réunies des sous-marginale et première postérieure.

Les modifications que présente l’organisation des Bolichopodes , en affectent plus ou moins toutes les parties et même l’habitus , tantôt un peu épais et ramassé , mais le plus souvent svelte et plein de légéreté. Le vert métallique qui les colore prend toutes les nuances ; il se combine avec le pourpre, l’or, l’azur, pour produire les effets les plus brillans. Dans quelques espèces un léger duvet vient en amortir l’éclat ; dans d’autres , une épaisse couche d’argent cache un fond non moins riche. Le gris de perle qui revêt les flancs s’étend plus ou moins sur l’abdomen en se fondant avec le vert. Quelquefois le corps semble couvert de l’acier le plus poli. Enfin , dans un petit nombre d’espèces, toute cette beauté disparaît, et l’on aperçoit à peine une légère teinte métallique sur un fond gris ou jaune.

Chaque organe se modifie également. Les antennes , toujours la partie la plus changeante de l’organisation ,

varient dans la forme du troisième article , rond dans les uns, ovale dans d’autres et quelquefois allongé. Le style, tantôt dorsal, tantôt apical, formé d’un ou de deux articles de diverses dimensions , se singularise dans le sybistrome nodicorne par un renflement à l’extrémité de chacune de ces parties. La trompe est toujours plus épaisse et plus saillante dans les femelles. Elle s’allonge en tuyau cylindrique dans l’Orlhoehile et dans une espèce de Dolichope. Les yeux, quelquefois velus comme ceux de quelques autres Diptères , sont tantôt contigus dans la partie supérieure, tantôt dans l’inférieure, et souvent séparés par le front ou par l’épistome, surtout dans les femelles. L’organe copulateur des mâles se diversifie par la présence ou l’absence des serres écailleuses , ou par le nombre et les dimensions des filamens qui entrent dans la composition de cet appareil. Dans le Médétère orné , l’abdomen , excessivement court , est terminé par deux membranes creuses , boursouflées et fort extraordinaires. Les ailes offrent peu de variété dans la disposition des cellules. Le genre Psilope a une nervure de plus que les autres. La flexion de l’externo-médiaire est plus ou moins sensible , et paraît déterminée le plus souvent par un point convexe à la surface supérieure , concave à l’inférieure , que je n’ai observé dans aucune autre aile de Diptère. Dans le genre Hydrophore, la flexion et le point convexe disparaissent entièrement. Les pieds enfin se modifient plus que les autres organes, et ils ont beaucoup de rapports avec ceux des Empides. Les tarses s’allongent en s’atténuant dans les uns , s’épaississent dans d’autres ; une partie de leurs articles prennent la forme de disque, de fuseau , de massue ; ils se garnissent de cils , s’épanouissent en plumasseaux. Dans quelques-uns, les jambes sont bizarrement contournées ; mais toutes ces singularités

n’appartiennent qu’aux mâles. Les pieds prennent alors de nouvelles destinations, et deviennent sans doute auxiliaires de l’organe copulateur.

Les habitudes de ces insectes, qui sont peu connues, laissent entrevoir quelques différences analogues à celles de leur organisation. Le plus grand nombre vit sur le feuillage des taillis , des buissons et des plantes herbacées; d’autres courent sur le tronc des arbres , sur la terre , sur les murs humides. Ils y montrent beaucoup d’agilité, et j’en ai vu qui marchaient en arrière et de côté avec beaucoup d’adresse. Quelques-uns se posent sur les fleurs et se nourrissent de leurs sucs. Les autres paraissent vivre de proie en faisant la chasse aux petits insectes. Cependant les espèces nombreuses qui fréquentent le feuillage ne se montrent jamais occupées de ce soin, et c’est vraisemblablement au vol qu’elles chassent , comme beaucoup d’autres insectes. Quant à celles qui habitent les troncs des arbres et les murs , on les voit poursuivre leur proie en courant , et deux observations remarquables faites , l’une par M. Latreille, l’autre par Fischer, directeur de l’académie impériale de Moskou , nous apprennent de quelle manière elles en font leur nourriture. Ces savans naturalistes ont vu le Médétère muselier dilater et ouvrir les lèvres de sa trompe pour y introduire un acarus qu’il semblait avaler ; ce que l’on ne pourrait admettre qu’en méconnaissant non-seulement les lois de l’analogie, mais encore l’impossibilité physique qu’apporterait à cette manière de se nourrir l’existence du suçoir qui ne permet le passage dans l’œsophage qu’aux matières fluides. L’on ne peut donc douter que la nutrition ne s’opère de la manière propre aux autres Diptères ; et il est très-présumable que la faculté accordée aux Dolichopodes d’in-, troduire leur proie dans l’intérieur de leur trompe, n’est

autre chose qu’un moyen de là mettre à portée du suçoir, et. de l’assujettir , de sorte qu’ils puissent en tirer toute la substance et en rejeter ensuite les parties solides. Au surplus, l’on ne sait pas si cette manière singulière de se nourrir est commune à d’autres Dolichopodes ; mais cela me paraît probable par la raison que je me suis assuré que tous ces Diptères ont, comme le Médétère muselier, la faculté d’ouvrir les lèvres de leur trompe.

Ces Diptères paraissent depuis le mois de mai jusqu’en octobre ; quelques-uns n’ont qu’une existence très-limitée ; d’autres se montrent d’abord dans les premiers jours du printemps, et une seconde fois en automne, ce qui indique alors deux générations dans la même année. Nous les voyons très^rarement accouplés, et il est probable qu’ils s’unissent dans les airs.

Nous ne connaissons , sur le développement de ces insectes , que les observations faites par Degeer sur le Dolichopode à crochets. Elles ne présentent rien de particulier. Les larves sont terrestres, vermiformes, à tête de forme variable comme celle des Athéricères. Les nymphes , plus courtes, laissent apercevoir sous leur enveloppe toutes les parties de l’insecte adulte.

Comme les Dolichopodes ne sont communs que dans les lieux frais et ombragés , on peut conjecturer qu’ils ont besoin d’une terre humide pour leur développement. C’est peut-être par la même raison qu’ils paraissent appartenir au Nord ; car , de toutes les espèces européennes décrites par Meigen , aucune n’est propre au midi , tandis que les régions septentrionales en foisonnent. M. Vonwinthem , de Hambourg , excellent observateur , lui en a fait connaître un grand nombre d’espèces des bords de la mer Baltique. Il a eu aussi la bonté de m’en communiquer plusieurs qui m’ont offert beaucoup de rapports avec celles du nord de la France.

Tableau synoptique des genres.

Organe copulateur des mâles à appendices filiformes.

Organe 1 copulaleur des mâles i appendices lamelliformes.

i Style des antennes apical . CHRYSOTE.

I Style des an- * e artirle I tennes inséré des antennes/ i» 1»

arrondi. | . . OIAPHORE.

' Style des antennes inséré près de l’extrémité. . . PSILOPE.

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