Sphœrophqrie peinte ; S. picta
Abdomen à quatre bandes fauves , interrompues. Cuisses à base noire.
Syrphus pictus , Meig. beschr. 3. 3a6. 77, St.-Farg. et Serv. Encyc. t. 10. 5i3.
Long. ( mâle ) 6, ( fem. ) 3 1 1.
Mâle : semblable à la S. meiissœ , excepté : bandes de Fabdomen larges , arrondies antérieurement; bord postérieur du quatrième segment fauve ; cinquième fauve ; une petite tache noire de chaque côté du bord antérieur ; une bande dorsale et deux petites taches allongées, obliques, qui y aboutissent. Hanches et base des cuisses noires.
Je ne connais pas la femelle.
SYRPHE ; SYRPHUS.
Syrphus , Fab. ent. Syst., Spec. ins. , Mant., Lat. , Oliv. , Ross., Cuv., Lam. , Panz. , Schell., 111. , Meig., Fall — Scœva , Fab. Syst, antl. , Fall. — Eristalis , Fab. Syst. antl. , Lat. — Mile sia , Fab. Syst. antl. — Conops , Scop . — Musca , Linn., Geoff. , Schœff. , Schr., Deg. , Vill. Trompe épaisse; soies maxillaires arquées, tantôt courtes, tantôt assez allongées ; palpes filiformes dans les uns , renflés à Fextrémité dans les autres, obtusément coniques dans quelques-uns. Épistome convexe , à légère proéminence au milieu ; bord antérieur de la bouche peu ou point saillant. Front large, uni, peu ou point rétréci à Fextrémité , dans
les femelles. Antennes insérées sur une légère saillie du front , assez écartées Tune de l'autre à la base ; troisième article ovalaire ; style inséré près delà base, légèrement pubescent. Yeux tantôt nuds, tantôt velus.
Abdomen ovale ou droit , assez large ou étroit. Pieds menus. Cuillerons petits , doubles. Balanciers découverts. Cellule sous-marginale des ailes droite ; fausse nervure prenant naissance à la base de la marginale ; première postérieure émettant , ainsi que la discoïdale , une nervure terminale ; nervure extérieure delà cellule anale droite ; intérieure légèrement arquée. (P/. 2,/zg. 2.)
Lorsque les entomologistes sentirent la nécessité de subdiviser le genre Syrpbe , tel que l'avait nommé Fabricius dans ses premiers ouvrages , ils imposèrent de nouvelles dénominations à chaque coupe générique qu'ils formèrent, en laissant naturellement le nom primitif au reste de la famille comme genre principal. Ce grand naturaliste , dans le Systema anlliatorum , crut devoir intervertir cet ordre. Adoptant une partie des genres fondés par MM. Latreille et Meigen , il appela Syrphe le genre Volucelle établi par Geoffroy, le considérant sans doute comme formé des espèces capitales de la famille , et il donna le nom de Scœva au genre qui jusqu’alors avait conservé le nom de Syrpbe , après en avoir cependant séparé quelques espèces pour les réunir aux Éristales et auxMilésies. L'autorité de Fabricius fit adopter ce changement à plusieurs entomologistes , tels que Panzer etFallèn; mais MM, Latreille et Meigen reconnurent la justice de rétablir le nom de Volucelle donné par le fondateur de ce genre , et la convenance de rendre le nom de Syrphe au groupe que nous avons désigné, qui en effet renferme le plus grand nombre d’espèces et dont l’organisation présente en quelque sorte le type de la famille , plus ou moins simplifié ou composé dans les autres genres.
Le genre syrpbe, tel que l'a circonscrit M. Meigen, pré-
sente plusieurs modifications remarquables. Trois d’entr’ elles nous ont paru assez importantes pour adopter ou proposer les genres Chéïlosie, Doros et Sphœrophorie. Les jambes et les tarses antérieurs des mâles s’élargissent quelquefois , et ont donné lieu au sous-genre Platycheirus de MM. de St.-Fargeau et Serville, L’abdomen se diversifie de plusieurs manières ; il est ovale dans les uns , droit dans les autres , fort étroit dans quelques-uns. Les yeux sont tantôt nuds et tantôt velus. Les soies maxillaires et les palpes sont plus ou moins allongées. Outre ces variations dans les formes, la disposition des couleurs offre une très-grande diversité. Les bandes blanches, jaunes ou fauves de l’abdomen varient par leur nombre et leur figure. L’écusson est de la couleur du thorax dans les uns, jaune dans les autres.
Les habitudes des Syrphes n’offrent rien de particulier dans l’état adulte. Comme les autres membres de la famille, leur existence est liée à celle des fleurs. Ils ont pour elles des affections tantôt exclusives, tantôt assez générales. Les uns recherchent les ombellifères, d’autres, les synanthérées ; celui-ci reste fidèle à la rose et en porte le nom ; ceux-là voltigent dans tout le domaine de Flore.
Un soin plus important encore que celui de chercher des sucs nourriciers les attire sur les plantes, et leur donne d’autres relations avec elles. Les femelles viennent déposer leurs œufs sur les tiges et les feuilles couvertes de pucerons, et les jeunes larves, en naissant, se trouvent au milieu de ces êtres à qui la nature , en leur dispensant avec prodigalité la faculté de se reproduire , a donné de nombreux ennemis destinés à mettre des bornes à cette reproduction. Comme les larves des hémérobes et des coccinelles , celles des Syrphes se nourrissent de pucerons , et en font une consommation énorme. Elles sont cependant conformées d’une manière qui semblerait les priver de la faculté de vivre de
proie. Sous la forme de vers, sans pieds et sans yeux ( i ), elles n’ont pas même la ruse qui supplée souvent à tant d’autres qualités; mais les Pucerons ont toute la stupidité nécessaire pour devenir les victimes de semblables ennemis. Il suffit à ces larves, nées au milieu d’eux, d’allonger le corps et de porter la tête de côté et d’autre en tâtonnant pour en trouver un grand nombre, et quand elles ont dévoré tout ce qui était à leur portée, quelques pas, faits en rampant, les portent au milieu de nouveaux groupes qu’elles détruisent de même. Nous avons décrit dans les généralités des Syrphies le singulier instrument composé d’un dard à trois pointes et d’une espèce de trompe intérieure, au moyen desquels ces larves font tant de carnage ; mais c’est dans les descriptions parfaites de Réaumur qu’il faut voir tout le mécanisme de cet organe.
Quoique l’on ne connaisse que les larves d’un petit nombre de Syrphes , l’on voit quelque différence dans leur organisation. Celles que nous trouvons habituellement sur le groseiller, le chèvre-feuille, le sureau, sont nues , vertes, jaunes , blanchâtres , variées de lignes d’une autre couleur. Celles du poirier, du rosier, etc. , ont le corps légèrement velu, vert, à ligne dorsale blanche ; d’autres, d’une forme arrondie , sont armées de pointes.
Lorsque ces larves ont pris tout leur accroissement, elles se fixent sur les tiges ou les feuilles , en s’y collant au moyen d’une liqueur visqueuse qu’elles font sortir de la bouche. Le corps se raccourcit ; la peau durcit , et elles passent ainsi à l’état de nymphe. Seize ou dix-sept jours après , les Syrphes éclosent et tardent peu à prendre leur essor.
(i) J’ai observé cependant à la tête de ces larves deux points noirs , brillans, qui semblent être des jeux lisses; mais en voyant la manière dont elles cherchent leur proie ,1’on ne peut douter qu’elles ne soient réellement aveugles.
I. Jambes et tarses antérieurs dilatés dans les mâles (i). Corps étroit ( Platycheirus , sous-genre ). St.-Farg. et Serv. Encyc.
1. Syrphe albimane; S. albimanus, Fab. ent. Syst. , spec. ins. , Mant. , Meig., St.-Farg. et Serv. Encyc.
Abdomen à deux bandes blanchâtres , interrompues.
Jambes et tarses antérieurs blancs et dilatés dans les mâles. Scœva albimana , Fab, Syst. antl. 253. 28.
Musca albimana , Gmel. Syst. nat. 5. 2876. 364.
Long. 4 1.
Mâle : épistome d’un vert noirâtre, métallique. Front noir, velu. Antennes noirâtres. Yeuxnuds. Thorax d’un vert métallique ; quelques poils roussâtres ; écusson bordé de quelques longs poils noirs. Abdomen étroit, d’un noir velouté ; troisième et quatrième segmens à bande d’un blanc jaunâtre, interrompue. Pieds antérieurs : cuisses noires, à extrémité d’un blanc jaunâtre ; jambes élargies , surtout vers l’extrémité , blanches du côté extérieur , noires intérieurement ; tarses dilatés , surtout le deuxième article , d’un blanc jaunâtre. Pieds intermédiaires noirs ; base des jambes et tarses brunâtres; postérieurs noirs. Balanciers bruns. Ailes presqu’hyalines ; stigmate d’un jaune pâle.
Je n’ai pas observé l’anneau noir aux jambes antérieures dont parle M. Meigen.
Femelle : Front d’un bleu d’acier. Thorax de la même couleur à reflets verts. Abdomen d’un bleu d'acier ; bandes d’un blanc bleuâtre. Balanciers blancs. Tarses antérieurs, courts , serrés, aplatis.
J’ai trouvé plusieurs individus en été.
2. Syrphe à écusson ; S\ ècutatus , Meig. , St.-Farg. et Serv. Encyc.
(1) Dans les femelles , les articles des tarses antérieurs sont courts , serrés, aplatis et un peu plus larges que ceux des autres tarses.
Abdomen à trois ou quatre bandes interrompues , jaunes ou blanchâtres. Pieds antérieurs dilatés; jambes à anneau blanc ( mâle ) , pieds fauves ( femelle ).
Scava albimana , Fall. Syrph. 46, 19.
Long. 4 1-
Mâle : Épistome d’un vert métallique, à duvet grisâtre et proéminence noire; partie inférieure obtusément saillante. Front de la même couleur. Antennes brunes ; troisième article fauve en-dessous. Thorax d’un vert métallique noirâtre , à poils ferrugineux. Abdomen convexe , d’un noir mat ; trois bandes fauves , interrompues , assez éloignées l’une de l’autre ; ventre noir. Pieds antérieurs : hanches et cuisses noires, à extrémité jaune ; jambes d’un jaune pâle , à ligne longitudinale brune, élargies vers l’extrémité:; une touffe de poils au milieu du côté extérieur; partie postérieure d’un jaune brunâtre, à deux lignes transversales, anguleuses, blanches , bordées de noir ; premierarticle des tarses allongé, élargi , d’un jaune pâle en-dessus, noir , rayé de blanc en dessous; second presqu’aussi large, mais très-court, blanchâtre , ainsi que les autres. Pieds intermédiaires bruns, à articulations blanches; postérieurs à genoux blanchâtres ; premier article des tarses un peu épaissi. Balanciers blanchâtres. Ailes presqu’hyalines.
Femelle : front d’un bleu d’acier, à bande interrompue d’un duvet jaune. Thorax d’un vert doré, très-brillant. Abdomen déprimé , h trois bandes fauves à reflets blancs , formées par de petits poils ; quelquefois une quatrième bande au cinquième segment. Pieds simples, fauves; hanches noires; pieds postérieurs bruns, à base et extrémité. des cuisses fauves.
Cette espèce n’est pas rare , au mois de mai. Le front de la femelle est quelquefois vert.
3. Syrphe à bouclier ; S. peltatus , Meig., St.-Farg. et Serv.
Encyc.
Abdomen à trois ou quatre bandes interrompues, fauves. Premier article des tarses antérieurs des mâles dilaté, blanc en-dessus , taché de brun en-dessous.
Long. 4 1*
Mâle : semblable au S. soutenus , excepté : abdomen plus étroit ; bandes plus larges. Pieds antérieurs : cuisses noires, à extrémité jaune; jambes d’un jaune pâle , un peu élargies ; une raie noire au côté extérieur ; premier article des tarses allongé , élargi , presque carré, d’un jaune pâle ; trois taches brunes , allongées en-dessous ; les autres articles petits , d’un jaune pâle. Pieds intermédiaires fauves; postérieurs noirâtres ; premier article des tarses épais.
Femelles : bandes de l’abdomen fauves; une quatrième au cinquième segment. Pieds fauves; hanches noires; cuisses postérieures à anneau brun ; tarses antérieurs courts ; pelottes et ongles petits.
Assez rare.