‹ Institut-Canadien en 1852 [microforme]Chapitre 44 sur 69 · ILLE · texte numérisé non relu

ILLE

otre C0oncours . P. D.

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grande influence sur nos sociétés modernes. Îl n°y a pas le moindre doute que l’intérét bien entendu, séparée de ce qui le rabaisse et le rapetisse dans acception ordinaire du mot, et élevé au rang des plus beaux sentimens humains, dans celle que lui donne l’auteur, ne soit un des moyens les plus

uissans, dont puisse se servir le philosophe, pour B perfectionnement de l’humanité. Plus les masses seront imbues de cette vérité, que non seule ment il est beau de remplir ses devoirs envers la famille et envers la société, mais de plus qu’en le fesant on sert ses propres intérêts, plus on leur donnera de motifs de les accomplir fidèlement

Tout en admettant la vérité, que l’intérêt, dans le sens que lui donne l’auteur, est appelé à exercer un haut degré d’influence, je suis néanmoins d’o- De qu’il lui a donné un peu trop d’extension.

| remplacerait presque les vérités morales, sur les quelles repose la société. L’intérét bien entendu pourra être un auxiliaire puissant pour mener les hommes à l’accomplissement des devoirs que leur impose la morale, mais ilne saura jamais la rem placer.

N’étant appelé qu’à donner une opinion sur l’ensemble de l’essai, et non à en faire une critique, je ne ferai que signaler le long détour par lequel l’auteur entre dans son sujet, la peinture peut-être un peu chargée de ce qu’étaient les gouvernemens européens sous la monarchie absolue, enfin quelques déductions qui ne m’ont pas semblé tout-à-fait correctes.

Le style de l’écrit est généralement facile et correct, et annonce de la part de l’auteur une assez grande habitude d’écrire.

En résumé, je répète que j’ai trouvé beaucoup de mérite à l’écrit, et je n’hésite pas à dire qu’il est digne du prix offert,

Je ne saurais terminer sans exprimor an comité mon regret, qu’il n’ait pas crn devoir nommer un plus grand nombre de juges. L’appréciation de l’6crit y eut certainement gawnée. Mais puisqu’il a jugé à propos d’en agir autrement, je Ini soumets franchement mes remarques. Si elles ne sont pas trouvées Justes par la majorité, je déclare du moins hautement qu’elles sont consciencieuses.

J’ai l’honneur d’être, M. le Président, et Messieurs, Votre obéissant serviteur, Louis Grarn.

Montréal, 20 décembre 1851.

Monsieur le Président, Messieurs de l’Institut-Canadien ;

Ayant eu l’honneur d’être choisi comme un des juges pour décider du mérite des Essais qui seront soumis au Concours ouvert à la jeunesse du pays

ar l’honorable Pierre de Boucherville ;

J’ai l’honneur de vous faire rapport :

Qu'un seul essai a été livré à mon examen, et que quoique cette circonstance soit regrettable, néanmoins j’éprouve la satisfaction de pouvoir dire que cet essai est digne des plus grands éloges, que Pauteur me parait avoir bien saisi la question posée, et l’avoir resolue avec beancoup d’à propos.

Cet essai contient des aperçus justes, des appréciations profondes et bien tracées, et des sentimens du plas pur patriotisme.

L'auteur de cet essai nous expose avec beancoup de justesse et de netteté ce que doit être de nos jours la conduite du citoyen vertuenx au sein de sa oe et au milieu de la société où la providence l’a place.

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Il nous représente avec force comment l’homme intelligent sur la plénitude de ses droits et sur l’etendue de ses devoirs pent et doit sauvegarder l’indépendance de son pays tout en concourant au bienêtre de sa famille, toujours dépendante de la prospérité uénérale,

[l nous signale avec avantage comme qnoi le citoyen modeste dans ses habitudes et humble dans ses mœurs, mais d’un caractère ferme et bien tempéié, peut opérer le bien en vue de son propre intérêt et qu’en tiavaillant à oltenir «a juste part des jouissauces de ce moude, il peut encore et doit nécessairement activer et angmenter celle des autres.

En effet, le citoyen, tel qu’il nous le dépeint, qui n’asnire qu’à aecomplir sa juste part du bien dans l’acheminement swénéral de l’humanité vers un état toujours perfectible, travaille efficacement tant au bonheur de sa famille qu’à la prospérité de la socièté, qui ne se compose que de la richesse particulière de chaque famille.

Jl nous fait voir aussi comment le citoyen, tout en employant son tems et sou industrie au bien-être de sa famille, peut prendre une large part dans la dhection des affaires publiques de son pays et déjouer par sa ferineté et son ir dépendance de caractére les intrigues de lPambitieux qui ne s’efforce qu’à concentrer en sa personne les bienfaits réservés à l’espèce humaine toute entière. 11 nous démontre que c’est l’espèêce humain: qui doit piédominer sur les individnalités et que c’est naturellement sons la bénigne influenes d’institutions démosratiques que les hommes qui ont tous droit au meune héritase, savoir de la terre, de l’air et de l’eau libremeut exploités, peuvent plus avantageu-ement acquérir un bien-être que Dieu a indique an premier hontine en le plaçant sut la terre et en lui déuombrant lPimmensité de ses pussessions et des lui assujetiissant.

ll nous apprend qne nous sommes tous solidaires les uns des autres, et que notre intérêt bien entendln ; tout en faisant notre mopre affaire, est de promouvoir la cause de notre voisin et de notre semblable pour, le plus souvent, obtenir directement les bienfaisans résultats d’une prospérité devenue générale.

Ii appuie avec bonheur sa doctrine sur une cita. tion prise de M. de Tocqneville qui reconnait que : $ si la doctrine de l’intérêt bien entendu ne produit pas de grands dévouemens, elle suggère chaque jour de petits sacrifices ; que si à elle seule elle ne saurait faire. un homme vertueux, du moins elle forme une maltitude de citoyens rézylés, tempérans, modérés, prévoyans, maîtres d’eux-mêmes, et que si elle ne conduit pas directement à la vertu par la volonté ; elle en rapproche insensiblement par les habitudes.??

Enfin il nous dit: “que du moment que chaque citoyen comprendra qne non seulement il est beau, mais qu’il est encore utile ponr soi-même et pour es autres, de comprendre que la pratique de la vertu est la première bâse de l’édifice de la fortune et que s’il vent acquérir des biens et de la con«idération, il lui faut avant tout, avant le talent, l’éducation et l’amour du travail, un caractère irréprochable et nn nom pur.”

La doctrine de l’intérêt bien entendu telle que développée par l’autenr de l’essai sur le meilleur emploi que doit faire un citoyen de son existence tant pour la société que pour sa famille me parait être ‘en parfaite harmonie avec cette autre doctrine de l'intervention pacifique et morale des populations civilisées les nnes à l’égard des antres qui commence à se dévolopper de nos jours et qui con: séquemment sera heancoup plus large et plus bienfaisante dans ses résultats.

Cutte ‘doctrine que la délivrance de Kossuth

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déjà, pour ainsi dire, consacrée définitivement au

milieu de deux des nations les plus éclairées de l’u-

nivers, révèle énergiquement à nos yeux, quel doit

et devra être par la suite le meilleur emploi qu’un

peuple peut faire de sa grandeur et de -a puissance

tant pour le bonheur des aulres peuples que pour le |

sien. | En résumé je considère qne cet essai est digne

du prix destiné par l’honorable citoyen, qui dans

son patriotisme éclairé, et dans son amour pour la

jeunesse de son pays, a st généreusement ouvert ce

‘oncours et qui a donné un si noble exemple à sa

patrie qui lui en sera toujours reconnaissante. |

P. R. LAFRENAYE.

Montréal, 20 décembre 1851.

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CONSTITUTION De l’Enstitut.Canadien.

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ART: I

La Société fondée par cette Constitution se nomme INSTITUT-CANADIEN.

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[”Institut-Canadien est foudé dans un but d’union, d’instruction mutuelle et de progrès général. À ces fins, les Membres de cette Société se réunissent une fo's chaque semaine et ont à leur disposition une Bibliothèque et une Chambre de Lecture.

ART: IL

L’Institut-Canadien se compose d’nn nombre indéterminé de Membres, divisés en Membres Actifs et en Membres Correspondants.

ART: IV

Pent être Membre Actif, tonte personne admise sur motion régulière, dont avis aura été donné huit jours d’avance,

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