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un nouveau terrain,—tracez votre chemin d’un pied ferme et résolu, surmontez tous les obstacles, allez à la recherche de nouvelles conquêtes et par ce moyen vous n’aurez pas vécu en vain. Votre activité, votre zèle, vos travaux vous survivront et don neront une nouvelle vigueur aux actions de ceux qui viendront après vous.??
Si le commerce a opéré de si grands résultats pour l’humanité entière depuis trois siècles, que n’aurait-il pu accomplir s’il n’avait pas été faussé dans sa marche par des législations arbitraires, contre-nature et qui faussent bien souvent, même jusqu’anx notions les plus élémentaires de l’économie politique. On ne peut calculer l’immense somme de bien-être dont le genre humain aurait profité si le commerce n’avait pas été détourné de sa voie naturelle, s’il n’avait pas été géné, arrêté dans son libre essor vers un état de choses de moins en moins susceptible de perfectibilité.
Les prohibitions, les entraves de toutes sortes qui pesèrent si lourdement sur le commerce dans le moyen âge, jusqu’au commencement du 19ème siècle et qui existent même encore dans un grand nombre de pays, en ont retardé le développement et arrêtent jusqu’à ua certain point son progrès. Le manque de connaissances acquises sur les principes sur lesquels repose le système du commerce a été ia principale cause de ce mal. C’est ainsi que des erreurs grossieies en fait de principes commerciaux sont devenues populaires et des plus funestes à la prospérité des nations.
Il n’y a pas eu d'erreurs plus grandes en fait de commerce que celles qui composaient le vieux systême mercantile: ‘%* Que la richesse consistait dans ‘# Ja possession d’une grande quantité de métal pré- ‘ cieux ; que ce qui était gagné dans le commerce ‘ par une nation devait indubitablement étre perdu
par une autre et que le grand but du march id ‘ devait-être de recevoir de l’argent pour ses m=r- * chandises, s’il voulait faire de bonnes affaires.”
C’est d’après les mêmes données que l’on a fait croire aux nations : ‘qu’il était avantageux pour ‘ un peuple de fabriquer tout ce dont il peut avoir ‘ besoin?” et qu’elles se sont imposé des privations et des sacrifices funestes à leur propres intérêts pour atteindre ce but.
C’est encore les mêmes raisons qui portent les masses à croire: ‘ qu’il faut exporter plus de mar- ‘ chandises que l’on en importe, car on se ruinerait ‘ bien vite en envoyant tout l’argent hors du pays ‘ pour payer la balance de nos importations sur nos ‘é exportations.??
Je vais maintenant examiner, une par une, ces trois propositions afin de mieux établir ce qu’elles ont d’erroné. Je serai aussi concis que possible, j’appuirai mes avancés de faits incontestables dont la simplicité frappera toutes les intelligences.
Le monde commercial intelligent, éclairé par les savants économistes de notre siècle, commence à répudier ces croyances d’autrefois, mais les nations ont peine à s’en débarasser. Cependant, les Etats- Unis d’Amérique ont frayé la route en établissant le commerce sur la bâse la plus libre possible entre chacun d’eux. L’Angleterre et la Hollande ont fait de grands progrès vers le commerce libre, de sorte que la nouvelle politique commerciale gagne du terrain tous les jours, et l’on ne doit rien négliger de ce qui peut tendre à son développement.
Il est d’autant plus nécessaire pour nous de combattre ces erreurs commerciales qu’elles ont de profondes racires en Canada et que bien souvent l’on en entend prôner quelques unes, même du haut de nos tribunes publiques.
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vausé par la frusse idée que l’on attache générale ment au nutéraire ou à l’or et l’argent, dans les transactions .Ÿ’} mmes à hommes. Si l’on en croyait l’idée we s’en forme en général la masse des lifférents pertples, on serait porté à regarder l’or et l'argent comme quelque chose de surnaturel, ay. at une valeur fabuleuse, indéfinissable.
Ceux qui examinent ia chose de près sont bientôt convaincus que l’or et l’argent ne sont que des produits, des marchandises, absolument comme une pièce d’étoffe ou un minot de blé. En Californie et en Australie, on recueille le métal précieux tout comme on retire les produits des mines de fer, de charbon, de sel, ou encore comme l’on moissonne les pommes de terres en Canada.
La valeur de l’or et de l’argent augmente ou baisse en proportion de la quantité qui s’en trouve sur le marché tout comme la valeur des autres produits. C’est si bien le cas, que lors de la découverte des mines du Mexique et du Pérou, il y a trois siècles, la quantité de leurs produits, exportés en Europe, fut assez grande pour faire augmenter les prix des produits agricoles et autres marchandises, ou diminuer la valeur du métal précieux, c’est-àdire que l’on pouvait obtenir plus d’argent en échange pour un minot de blé, après l’exploitation de ces mines, qu’on ne le pouvait faire avant, de même que cette année, vous pouvez obtenir plus de blé pour une piastre en argent que vous n’auriez pu le faire l’an dernier. La plus ou moins grande abondance en fait augmenter ou diminuer la valeur qui n’est après tout qu’une affaire de convention.
Pendant les l’7ème et 18ème siècles, la quantité d’or et d’argent mise en circulation fut plus grande, mais elle produisit peu ou point d’effet sur les valeurs, car les besoins de ces produits devenaient de plus en plus considérables. On commença à em-
* UTC
ployer une grande quantité de ces métaux pour des articles d’argenterie et d’orfèvrerie, ce qui avait pour résultat de maintenir la valeur en équilibre.
La Californie n’a pas encore produit une assez grande quantité d’or pour influencer le marché monétaire, cependant, si elle continuait à en produire pendant quelque temps, en même proportion, l’effet se ferait bientôt sentir. Déjà les économistes se préoccupent de la question que les monnaies d’or et d’argent devront avant longtemps perdre de leur valeur.
C’est une erreur de croire qu’en augmentant le numéraire d’un pays, on augmente son capital. On ne devrait jamais oublier que capital ne signifie pas seulement numéraire ou argent, mais qu’il embrasse toute cette masse de propriétés dédiées à la consommation reproductible. En d’autres mots, le capital comprend tous les effets, marchandises ou matières que ce soit, susceptibles de reproduire une valeur quelconque.
Ainsi la neige n’ayant aucune valeur par ellemême, ne peut pas être considérée comme capital quelleque soit la quantité que l’on puisse en posséder, mais iln’en est pas ainsi d’une table, d’un poêle, d’une pièce d’étoffe, d’une maison ou d’une terre, Tous ces articles ayant une valeur plus ou moins élevée ou étant susceptible de produire une valeur quelconque forment partie du capital de celui ou de ceux qui les possèdent. C’est l’utilité des choses qui fait leur valeur. L’or et l’argent comme tons les autres produits n’ont de valeur que comparativement à leur utilité. Ce sont les besoins et la quantité des choses utiles qui règlent leu: valeur. En Angleterre, où le numéraire abonde, on place l’argent à 2 et3p. 00, tandis qu’ici, où ies besoins sont plus considérables, on le place facilement à 6 p. 00 et ceux qui ne craignent point l’infraction des
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lois qui règlent le taux de Ll’intérêt peuvent obtenir beaucoup plus.
Quand on veut prêter un capital, ou que l’on veut fonder un établissement de commerce, on commence par vendre tous les articles dont on peut disposer. On possède alors le montant sous forme d’argent, mais l’argent est une matière bien transitoire, qui ne demande qu’à circuler et qui disparait dès le moment que l’on fait les paiements de ses achats. Cependant il n’est pas perdu, puisqu’on l’échange pour d’autres effets afin de le faire profiter.
Les masses n’ayant pas le temps d’entrer dans tous ces raisonnements, jugent ordinairement d’après les premières impressions et croient que l’argent seul est le capital, parce que l’on a besoin de son entremise pour faire mouvoir le capital.
En un mot, celui qui possède des marchandises ou une maison, valant réellement $1000, est tout aussi riche que celui qui possède $1000 en or; la seule différence est que si ce dermer veut acheter quelques effets sur le marché de New-York, il peut mettre son or dans sa poche, tandis que le premier ne peut pas en faire autant avec ses marchandises ou sa maison. L’un est commode, portatif et les autres ne le sont point. Voilà tout.
En supposant que tous les produits, toutes les richesses du monde fussent convertis en or, que ferait le genre humain? Il remplirait le rôle du bon homme Harpagon pourissant sur son coffre-fort.
Rien donc de plus absurde que de croire que la richesse consiste uniquement dans le métal précieux. Non, encore une fois, l’or n’est qu’un produit, une marchandise qui n’a de valeur qu’en autant qu’on peut l’échanger pour d’autres produits nécessaires à l’homme, et 11 n’est recherché que parce qu’il est le plus commode agent dans toutes les transactions 1 +