‹ Institut-Canadien en 1852 [microforme]Chapitre 68 sur 69 · JO · texte numérisé non relu

JO

commerciales et moins susceptible de dépréciation dans sa valeur.

Dans l’antiquité, on se servait de morceaux de fer, de cuir, de coquilles pour monnaie, car on sentait alors comme aujourd’hui le besoin d’un agent, d’une mesure pour étatlir la valeur des articles et régler les opérations commerciales. Les premières monnaies de fer furent si lourdes que lorsqu'il s’agissait de faire le moindre paiement, il fallait plusieurs charriots pour en transporter le montant. Plus tard on fit usage de monnaies de cuivre, d’or et d’argent, et aujourd’hui, on se sert du papier-monnaie qui joue un grand rôle dans le commerce depuis sa première mise en circulation, vers 1750.

Un fait non moins frappant et qui indique on ne peut mieux que la richesse ne consiste pas seulement dans le métal précieux, c’est que malgré les énormes quantités d’or retirées des mines de la Ca- Jifornie, on n’en a pas encore reçu assez pour payer Ja moitié des marchandises de toutes espèces importées dans ce pays depuis l’exploitation de ses mines. Quand un pays ne produit que de l’or, il faut qu’il en produise une immense quantité pour satisfaire au besoin de sa population qui l’échange pour les articles absolument nécessaires à son comfort, son existence, sa vie. La Californie ne produit rien autre chose que de l’er, à peu d’exception près, et cependant elle n’a pas la richesse des Etats qui produisent le coton, ie tabac, le blé et les autres produits moins tentatifs.

Je pourrais m’étendre plus au long sur cette matière, mais je passe à la seconde partie de la première proposition : ‘ que ce qui était gagné dans le commerce par une nation devait indubitablement être perdu par une autre.”

Quelques mots sufliront pour faire ressortir la fausseté de ce raisonnement. Prenons deux mai-

réciation

‘eaux de on senan agent, rticles et premiè-

lorsqu'il allait pluint. Plus or et d’armonnaie depuis sa

jue on ne pas seulemalgré les de la Ca- Jour payer pêces 1mion de ses de l’or, il antité pour l’échange \ son COmMie ne proexception e des Etats les autres

r cette Mma-

de la prepné dans le bitablement

ressortir la deux mai-

sons de commerce dont l’une est à Montréal et l’autre à Québec. Supposons que la maison Buieau et cie., de Québec, ait besoin de 100 barils de fleu

qu’elle peut acheter de la maison Hudon Liege et Quévillon, de Montréal, et que cette derniére it besoin de 100 quarts de morue qu’elle peut se | curer de la première maison. Estimons ces oi duits aux mêmes prix dans les deux villes res oi ves. Disons que la morue vaut $4 le quart à! Qué

bec, la fleur $4 à Montréal. Chacune de ces doux maisons achête ces produits parcequelle en a besoi

et quelle espère en retirer un profit raisonnable po les échangeant pour d’autres produits, et ainsi de suite. La maison Buteau et cie. revend la fle ; $5, à Québec, et la maison Hudon ’Lesieur et Q évillon revend sa morue $5, à Montréal. Les ds maisons font des profits par cette transaction ; or il est donc clai: que ce que l’une d’elle a gagné L'autre ne l’a pas perdu, puisque toutes deux profite t de cet échange de produits. Il en est ainsi d

toutes les opéraiions de commerce ; règle général : en changeant de mains, les produits augt be ange: | , les s augmentent de valeur. Plus les besoins de certains produits sont considérables, plus les ventes ou échanges sont fré

quents et plus la valeur en augmente. Fri

Il en est de même de la propriété foncière ; pl les mutations sont fréquentes, plus la valeur en ie mente, car il n’est pas naturel qu’un homme vante librement sa propriété s’il n’en retire pas quel u : profits. Lors des grandes spéculations sur ja o priété foncière, dans Montréal, il y a 4, 5 et 6 ds on voyait Pierre vendre sa propriété à Jacques Ja revendait à Jean dont le but était de (Désert un autre ou J’en retirer des profits sous Die loyer. Chaque nouvelle vente se fesait à un riê plus élevé que celui de la précédente et c’est dei que Ja propriété atteignit une valeur très élevée en

er ae En EME dE À EN ESP ET o £ eo ré cé Soirées res =

Mr VQ

conséquence du grand nombre d’acheteurs et de vendeurs. Bientôt, on étendit les limites de la ville, on divisa une quantité énorme de terreins pour bâtir; on construisit un nombre immense de maisons pour louer, tellement que le marché fut encombré de propriétés à vendre, ce qui produisit une réaction défavorable aux spéculateurs ; les mutations devinrent moins fréquentes, la valeur demeura dans un état stationnaire, on ne trouvait plus d’acheteurs et les vendeurs devinrent moins exigeants. Comme je l’ai dit plus haut, il n’est pas naturel de vendre à perte, aussi n°y a-t-il pour ainsi dire que la nécessité qui puisse engager les propriétaires à vendre actuellement.

Je cite ces faits pour expliquer plus clairement ce que j’avance en fait d’opérations commerciales.

Les nations transigent entre elles comme le font les individus et elle ne vendent et achêtent de produits qu’en autant quelles espèrent en retirer des avantages. Deux nations commerçant ensemble sont absolument dans la même position que la maison Hudon, Lesieur et Quévillon de Montréal et la maison Buteau et cie., de Québec. Toutes deux trouveront intérêt à échanger leurs produits respectifs. Toutes deux profitent de leurs transactions mutuelles et augmentent la richesse de leur localité respective, et conséquemment, il est absurde de dire sé que ce que gagne une nation doit indubitablement être perdu par une autre.”

La dernière partie de la première proposition ‘‘que le grand but du ‘marchand devait être de recevoir de l’argent pour ses marchandises s’il voulait faire de bonnes affaires,’ se rapproche tellement de la première que ce serait répéter ce que Jj’ai dit au sujet de l’argent en s’y arrêtant longtemps. Je vous présenterai seulement un seul fait pour combattre cette idée.

FE An CC

t de e la reins e de s fut Luisit mudeplus y EX1t pas ainsi >prié-

oment ales.

e font e prohe emble 4 mailet la

deux especactions ocalité de dire itable-

‘que cevoir t faire

de la

au su- > VOUS battre

Prenez un marchand qui envoie de l’avoine aux Etats-Unis. Il a besoin de riz et de tabac pour son commerce en Canada. Croyez vous qu’il lui sera plus avantageux de vendre son avoine pour de l’argent que de l’échanger pour du riz et du tabac? Certainement non.—Mais l’on me dira, s’il avait acheté son riz et son tabac avec de l'argent, il les aurait acheté à meilleur marché. Dans ce cas, il vous faudra faire le même raisonnement pour sa vente et dire que s’il avait vendu son avoine pour de l’argent il aurait vendu meilleur marché. L’un revient à l’autre.

Au temps de la vente, l’avoine, vaut tant sur le marché : le riz et le tabac, tant. Les prix sont toujours connus de ceux qui commercent, et payer sur le champ ce que l’on achête avec des produits, c’est payer au comptant tout aussi bien que si l’on payait avec de l’or en barre. Celui qui vend le riz pour de l’avoine ne court pas le risque qu’occasionne le crédit ot il peut toujours revendre immédiatement son produit le prix qu’il l’a payé, car il règle invariablement son prix d’achât sur le prix courant du marché. De même, celui qui achête le riz, le revend au prix du marché Canadien, en l’échangeant pour du bois, du blé, de la potasse etc., articles sur lesquels il retirera un profit raisonnable, si ses opérations sont faites avec jugement et bonheur, et au moyen desquels il multipliera son capital, tout aussi bien que s’il n’avait vendu que pour de l'argent.

Supposez encore que votre marchand ait vendu son avoine pour de l’argent et qu’il rapporte son argent en Canada; une fois rendu ici, son argent ne vaudra pas plus qu’à New-York, il ne fera aucun

profit et en dépensera même une partie pour ses frais de voyage en revenant. Au contraire, s’il achête du riz, à New-York, pour la somme de $1,000 ; une fois rendu à Montréal, ses $1,000 au-

Page 1