‹ Institut-Canadien en 1852 [microforme]Chapitre 69 sur 69 · RTE CREME ER ET · texte numérisé non relu

RTE CREME ER ET

ront profité et vaudront, à 25 p. 00 de différence dans le prix de cet article, $1200. Le marchand a donc intérêt à rapporter des produits pour ses produits. Il en est de même de celui qui part pour New-York, il lui sera plus profitable de porter des produits pour acheter des marchandises que de porter de l’argent. Il fera deux transactions au lieu d’une seule et en retirera double avantage.

Pour faire de bonnes affaires, il n’est donc pas d’absolue nécessité de recevoir de l’argent pour ses marchandises, car on peut même s’en passer au besoin et en échangeant les produits pour des produits, on facilite et augmente les transactions, ce qui peut avoir l’effet de doubler et tripler les affaires et les profits dans le cours de l’année.

Mesdames et Messieurs,

Le sujet que je développe un peu plus au long que je ne me l’étais proposé dans le principe, vous paraitra peut-être un peu sec, un peu fatiguant même, mais son importance vous engagera sans doute à ne pas regretter de lui sacrifier quelques instants. Et d’ailleurs, quand, dans un but utile, lon ferait un peu pénitence, en temps de carême, ne serait-c° pas déjà un acte méritoire ?

Reprenant mon sujet, je vais donc examiner la seconde proposition, ‘ qu’il était avantageux pour ‘un peuple de fabriquer tout ce dont il pouvait a- ‘ voir besoin.”?

Comme on le voit, voici la question des manufactures qui se présente. Je n’entends pas faire un traité sur cette question, car cela nous conduirait top loin, je veux seulement eflleurer le sujet et énoncer quelques uns des principes qui devraient guider le commerce en pareille matière.

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dont on peut avoir besoin, c’est commettre une grande erreur. Supposons que le monde ait réalisé cette 1dée, pratiquement parlant, dans toute sa plénitude ; qu’arriverait-il? Que verrions nous? Chaque pays produisant et fabriquant tout ce qu’il lui faudrait pour sa propre consommation, il n’y aurait plus de commerce extérieur, plus d’importations, plus d’exportations, plus de relations avec l’étranger et l’on verrait probablement, sur les frontières de chaque pays, s’élever d’énormes murailles, à la chinoise, portant pour inscription: Défense aux étrangers d’entrer ici.

Je vous le demande, où en serait la civilisation avec un pareil système ?

Mais, là ne s’arrèterait pas le mal; une fois embarqué dans cette voie, il n’y aurait plus de limite. Chaque pays, ayant protégé ses manufactures, comme les prokibiteurs appellent cela, chaque district, chaque comté, chaque paroisse, chaque village voudraient en faire autant. Ce serait les habitans du comté de Montréal qui voudraient empêcher les habitans de Chambly d’apporter des dindes sur leur marché ; ceux de Chambly empécheraient ceux de Rouville d’apporter des patates et ainsi de suite. Voilà le côté ridicule de la chose pour ne rien dire de plus.

Maintenant je vais vous citer une page du magnifique traité d’économie politique de J.-B. Say, qui parle bien plus éloquemment que je ne le pourrais faire sur un tel sujet. Vous verrez de suite comment on doit envisager la question.

Après avoir parlé de l’importation du café en France, J.-B. Say continue :

“ Avant l’importation de cette denrée, (le café,) les cout teliers de France, après avoir fabriqué la quantité de couteaux dont les habitans de la France pouvaient avoir ‘* besoin, n’en fabriquaient pas d'avantage, sous peine de

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‘i les donner au rabais et d’y perdre. Maintenant, après ‘ avoir pourvu la France de couteaux, ils en fabriquent ‘ d’autres pour les îles, et ces nouveaux produits de la ‘ France, sont consommés par elle sous forme de café. 4 Nous fabriquens et nous consommons beaucoup plus de ‘ couteaux (ou de toute autre marchandise que nous en- ‘6 voyons aux îles,) parce que nous en consommons une # bonne partie en café. Or, produire et consommer, voilà ‘ ce qui constitue la richesse, ce qui fait la supériorité ‘ des nations industrieuses sur celles qui ne le sont pas. 4 Cet avantage qui est très frappant dans le cas que je ‘ vous cite, se rencontre encore, mais à un dégré moindre, ‘ dans tous les commerces que l’on fait avec l’étranger, ‘ même lorsque nous recevons en échange des marchandises manufacturées que nous pourrions au besoin fabri- ‘ quer nous-mêmes. Par le commerce, nousles obtenons ‘à un prix inférieur à celui qu’elles nous coûteraient si “€ nous les fabriquions ; et la preuve en est que, malgré les # frais de commerce qui comprennent le bénéfice du com- ‘ merçant, on nous les vend encore à meilleur marché “ qu’on ne pourrait ici les produire directement. Nous ‘ les produisons bien toujours, mais nous les produisons ‘ indirectement, en produisant les objets que nous donnons ‘6 à l'étranger en échange pour les avoir, et cette manière ‘ est plus économique, plus favorable pour le consomma- ‘ teur, et plus encourageante pour le producteur.

‘ Ainsi pour faire sortir d’un exemple cet effet avanta- ‘! geux, je supposerai que des marchands achettent pour ‘ Allemagne cent aunes de taffetas dont les frais de pro- ‘ duction, et par conséquent le prix, soient de 400 fr. ; je ‘ supposerai que ce taffetas est vendu à Francfort 450 fr. ; “ qu’avec cette somme on achête cent pièces de padous ou ‘ rubans communs qui se fabriquent à Eberfeld, et qui # rendus à Paris se vendent 500 francs. Nous aurons pro- ‘ duit nos padous en fabriquant du taffetas. Maintenant ‘ je supposerai que nous voulions (comme la tentative en ‘ a été faite) ravir, comme on dit, cette branche d’indus- #6 trie à l’ Allemagne, et produire nous mêmes des padous : ‘“ on en prohibera l’entrée, et les cent pièces seront fabri- *# quées en France où elles reviendront à 600 francs, ce ‘ qui fait cent francs de plus que le prix auquel le com- ‘‘ merce nous les procure en ce moment.

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‘On observera peut-être qu’il importe peu que le con- ‘“ sommateur paie cent francs de plus, puisque ce haut ‘ prix est gagné par des producteurs nos compatriotes ; ‘6 mais il ne vous échappera pas que ce raisonnement est le ‘ même pour celui au moyen duquel on voudrait établir ‘ qu’il faut supprimer les moulins pour donner occasion ‘ aux tourneurs de meules à bras de gagner davantage. 4 J’ai déjà plusieurs fois combattu ce système en vous di- ‘ sant que c’est un progrès de l’industrie, que de procurer + à une nation les mêmes jouissances, avec moins de frais ‘t de production; que l’épargne que l’on fait d’une main- ‘ d’œuvre ne diminue pas le nombre des travailleurs, ni ‘ leurs profits, mais les dirige vers une autre production ‘ d’où résultent d’autres jouissances ; par là le travail ‘ d’une nation n’est point diminué, mais ses moyens de 46 jouir sont plus étendus. De même, lorsque nous vou- ‘€ ons produire des padous qui nous reviennent à 600 fr. ‘ au lieu de les produire indirectement en fabriquant des ‘6 étoffes de sole qui ne nous reviennent qu’à 500 francs, ‘ nous perdons 100 francs pour n’avoir pas choisi le pro- ‘ cédé le plus économique pour produire : celui que la ‘6 nature des choses, le climat, l’aisance des communica- ‘ tions, peut-être seulement notre aptitude naturelle, nous 4“ conseillaient de choisir. Et en préférant le procédé, le 4 moins économique, disons mieux, le moins intelligent, “ mous nous interdisons une partie de la demande et de la ‘ production qui constituent un état plus avancé de l’in- ‘“ dustrie et de la civilisation.”

Rien de plus clair, rien de plus simple, rier de plus naturel que cet exposé fidèle des opérations du commerce entre les nations. Lorsque vous faites de la potasse en Canada et que vous l’expédiez en Angleterre, pour rapporter du drap en échange, vous n’en produisez pas moins votre drap en fabriquant de la potasse, quoique ce soit d’une manière indidirecte. La raison en est toute simple, c’est que si vous aviez fait le drap vous-mêmes, vous n’auriez pas fait autant de potasse, n’ayant que votre propre marché à approvisionner et en obtenant

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votre drap pour de la potasse, vous l’obtenez à bien meilleure composition que si vous l’aviez fabriqué en Canada.

Dans le moyen âge et à une époque encore peu éloignée de nous, il existait des prohibitions des plus ridicules et absurdes sur les transactions commerciales, favorisées qu’elles étaient par les préjugés populaires. Je vais citer ici quelques unes des ordonnances de France sur le commerce pour en donner une idée et faire apprécier leur mérite et l'esprit du temps.

En 1302, il est ordonné à toute personne de remettre à la monnaie, la moitié de sa vaisselle d’argent, parceque l’on s’imaginait que l’argent ou le numéraire devenait rare.

En 1303. défense d’exporter de l’argent et du billon et de fondre les monnaies.

En 1305, voyant que l’augmentation du numéraire fesait augmenter les prix des denrées, chose toute naturelle, il est fait défense d’élever le prix des denrées à l’occasion des nouvelles monnaies mises en circulation.

En 1351, le commerce est interdit aux gens du grand conseil, comme dérogatoire à leur dignité.

En 1353, même interdiction aux officiers du roi et aux seigneurs.

En 1356, même défense aux magistrats et foncfonctionnaires.

En 1502, l’exportation des grains et autres marchandises de Province à Province est autorisée.

En 1536, les marchands du royaume ont la faculté de commercer librement avec l’étranger.

En 1560, il est enjoint aux juges de dénier toute action aux marchands qui auront vendu des draps et des soies à crédit.

En 1629, les gentilshommes ne dérogent point à leur dignité en se livrant au commerce maritime.

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En 1694, défense de porter des boutons de drap, dont l’usage nuit aux manufactures de boutons de cornes.

En 1701, les nobles peuvent faire le commerte en gros sans déroger.

En 1701, privilège accordé pour vendre de la glace et de la neige dans le royaume.

En 1718, afin de faire passer tout le monde sur les ponts, pour les protéger, il est défendu de passer la rivière sur la glace, d’y glisser et d’y patiner.

En 1723, on ordonne la fermeture des manufactures de la Normandie, pendant trois mois, afin de donner des bras à l’agriculture.

Quant il fut question de permettre l’usage des indiennes, toutes les villes qui avaient une chambre de commerce s’y opposèrent. Les préjugés étaient si extraordinaires que l’on accordait une prime pour la production des toiles, car le lin était du pays. Quelqu’un trouva enfin que l’on pourrait laisser entrer le coton, vu que ce qu’il faudrait pour le payer viendrait necessairement du produit d’autres industries.

Chaque pays a produit ses bizareries en fait de restrictions commerciales et ce serait beaucoup trop long que de vous les énumérer dans un écrit de ce genre. Il existe encore bien des restrictions sur le commerce, dans le monde, car comme je l’ai dit plus haut, les nations ont peine à se débarasser des préjugés qui en retardent encore la marche et à adopter une politique commerciale plus rationnelle, plus utile à l’humanité, plus en rapport avec leurs besoins et la civilisation du 19ème siècle.

En fait de commerce, et de tout ce qui s’y rattache, je suis partisan du laisser-faire ou de la liberté la plus entière, car c’est là l’esprit, la nature, l’âme, la vie du commerce. Plusilest libre, plus la concurrence est grande et plus il y a de compétition, plus

il y a d'efforts, d’énergie de déployés pour produire des articles d’un meilleur goût et à meilleure composition. La nécessité de lutter avec des établissements rivaux forcent les fabriquants ou producteurs à recourir continuellement à des moyens de production de plus en plus économiques. Dans ce cas, il n’y a que les industries naturelles, c’est-à-dire celles que la position géographique, le climat et la nature des productions d’un pays peuvent mettre en état de soutenir la compétition, qui prennent racine dans les différents pays, parce qu’il n’est pas possible qu’un homme ou qu’une nation continuent à exploiter une branche d’industrie qui ne leur est pas profitable.

Toute intervention, de la part des gouvernements pour protéger certaines manufactures, est impolitique et n’est faite généralement qu’au détriment de la majorité des gouvernés. Dans la plupart des cas, sous le prétexte de protéger les manufactures, on impose une taxe élevée sur certaines marchandises étrangères ; impôts que paient toujours les consommateurs, ou la masse du peuple, au profit de quelques capitalistes, sans qu’il en résulte de grands avantages pour la nation.

La guerre fait augmenter les prix de tous les produits dans les pays où elle a lieu. La raison en est toute simple, c’est parce qu’elle réclame, sur les frontières, les services d’une grande partie de la population et qu’elle ôte ainsi à l’agriculture et autres occupations, un nombre immense de bras; parce qu’elle diminue le nombre des producteurs, ou des travailleurs, ce qui produit l’augmentation des sa- Jaires et de la valeur des productions de toutes sortes.

Personne, cependant, ne prétendra qu’il pourrait être avantageux pour deux pays de se faire Ja guerre parce que cela aurait l’effet d’augmenter Ja valeur de leurs produits respectifs. Ce serait de la folie, de la démence de la pire espèce.

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Il y a des manufactures, qui produisent des résultats presqu’aussi désastreux, parce qu’elles ne sont pas profitables ; qu’elles ne sont maintenues que par les hauts tarifs et qu’elles détournent un grand nombre de bras d’emplois dont l'utilité serait beaucoup plus grande et plus avantageuse à leurs populations. Telles sont les manufactures factices

ue l’on tente d’établir à coup de tarifs, au moyen d'impôts prélevés sur les consommateurs. C’est là un grand mal, un mal qu’il faut éviter autant que possible parce que chaque pays y perdrait des capitaux et des forces qu’il aurait pu utiliser autrement.

Quand votre charité, mesdames, vous porte à soulager les misères des pauvres de notre ville, vous sentez de suite le besoin de vous procurer des moyens pour subvenir à leur indigence. Pour obtenir ces moyens, il vous faut produire quelque chose et vous avez adopté une habitude qui me sert admirablement bien à expliquer le plus clairement possible ce que je veux dire. Je fais allusion à vos bazars. Vous achetez un peu de laine, de coton, de soie, des crayons et autres objets avec lesquels l’une d’entre vous produit une broderie, l’autre un tricot, celle-ci une bourse, celle-là un gentil croquis et ainsi de suite. Vous avez confectionné vousmêmes ces articles dont la matière première était d’une valeur bien minime, relativement à la valeur que vous lui avez donné par votre travail, votre industrie. Vous réunissez tous ces objets, tous ces produits de votre industrie, toutes ces marchandises et vous ouvrez un magasin, un bazar pour les vendre, en retirer le plus grand profit possible et en appliquer les revenus suivant le but que vous aviez en vue. Vous échangez votre argent pour du pain et des vêtements afin de cicatnser les plaies de la misèére publique.

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Les manufactures opèrent de la même manière.

Elles prennent la matière première et fabriquent des articies de tous genres qu’elles offrent en vente au moyen du commerce dans les magasins ou bazars commerciaux. La seule différence qui existe entre les deux, c’est que vos bazars ne sont que périodiques et que vous pouvez toujours vendre vos articles, même au moins galant des acheteurs, à des prix élevés, (soit dit entre nous, à des prix exhorbitans quelques fois) tandis que les propriétaires de manufactures doivent toujours régler le prix de leurs marchandises d’après les prix du marché, basés sur la plus ou moins grande compétition qu’ils reçoivent des établissements d’un même genre. Vos bazars rapportent toujours de grands profits ; les mannfactures sont bien souvent la ruine de ceux qui les exploitent, surtout quand elles ne convienent pas aux pays qui les possèdent.

Pour nourir et vêtir les indigents, vous produisez des objets d’une valeur quelconque, de même qu’une nation pour se nourir, se vêtir et vivre doit produire des valeurs pour le montant nécessaire à sa subsistance, car sans cela, elle végéterait dans les privations et la misère.

Mais si dans vos bazars, vous ne pouviez pas retirer plus que l’argent que vous auriez placé sur les matières premières, vous n’auriez aucun avantage à travailler pour ces magasins des pauvres, car votre temps, voire travail et vos peines seraient perdus. Eu n’augmentant pas la vaieur des matières premières, vous n’auriez rien produit et 1l n’en résulterait pas d’avantages pour les indigens. Vos bazars ne sont donc utiles qu’en autant qu’ils sont profitables. Vous avez bien le soin de ne produire que les articles qui vous rapporteront le plus de profit possible, et vous auriez tort aussi de produire des articles ordinaires que l’on peut se procurer ehez tous les marchands pour des prix minimes

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Il en est de même des manufactures ; elles doivent toujours tendre à produire les articles qu’elles peuvent vendre le plus facilement possible et elles ne sont avantageuses à un pays qu’en autant qu’elles peuvent se maintenir sans aide factice et sans faire payer leurs marchandises plus cher que le prix pour lequel on pourrait les obtenir aïileurs. Er un mot, il faut qu’elles produisent plus qu’elles ne coûtent et dépensent pour être avantageuses à la nation.

Produire, voilà donc quel dait-être le grand but des nations. Que ce soit du fer ou de l’or ; de la laine ou de la soie ; du fromage ou du blé, peu importe ! Toujours faut-il produire pour acquérir des richesses et vivre dans l’aisance.

Le grand secrêt dans l’établissement de manufactures, consiste dans la connaissance et dans le choix de la branche d’industrie que l’on se propose d’exploiter. Tel peuple exploitera librement une branche d’industrie sans le concours d’un tarif protecteur et réussira parfaitement bien, tandis que tel autre, avec Ja protection que lui fournira un tarif élevé, ne pourra réussir dans uñe même branche d'industrie. La première sera naturelle au pays, naitra, vivra et prospérera d’elle-même, tandis que autre sera factice, forcée, bien plus exposée aux revers et aux crises des tarifs qui montent et baissent avec les partis politiques.

Le meilleur moyen de ne pas engager les capitaux dans des entreprises ruineuses, c’est de ne protéger aucune manufacture, de iuisser-faire ; elles se frayeront un chemin elles-mêmes, à mesure que Je besoin s’en fera sentir ; elles prendront racine et deviendront utiles et avantageuses.

—Mais l’on me dira, vous ne voulez donc pas de manufactures.—Oui, je veux des manufaciures, mais j’en veux comme celles que je vois naître li-

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brement à Montréal, et dans ses environs. Des manufactures d’étoffe, des moulins à farine, à plâtre, à clous, à l’huile de lin etc., fabriques naturelles au pays et qui produisent des marchandises à l’épreuve de toute compétition. Nous avons des mines de fer qui n’ont pas encore été exploitées et nous pouvons le faire avantageusement en nous servant du charbon qui couve encore sous le sol canadien.

Ce serait là une source de produits intarissable. Nos bois, notre potasse, notre perlasse, nos grains, notre farine, les navires construits dans nos ports, sont autant de richesses que nous pouvons échanger pour les produits des autres nations, bien plus avantageusement que si nous établissions des manufactures pour satisfaire à tous nos besoins.

Le Canada possède encore bien des ressources qui n’ont pas été exploitées etje me permettrai d’en sisnaler une à l’attention publique. Le lin pousse admirablement bien dans le Bas-Canada, particulièrement. Pourquoi ne ferions nous pas une tentative pour le cultiver sur une grande échelle? La graine se vendrait facilement et quant aux bois ou aux fibres, nous pourrions les préparer pour l’exportation dans les pays où se fabriquent les toiles. L’Irlande importe chaque année une quantité immense de ce produit brut pour alimenter ses manufactures de toiles fines. Comme il ne nous serait probablement pas possible d'établir des fabriques de ce genre pour lutter avec celles des étrangers, du moins nous pourrions obtenir beaucoup de la production de la matière brute. Ce serait un article important dans notre commerce et 1l mérite l’attention de tous nos marchands qui ont habitude de passer en Europe et qui peuvent acquérir les informations nécessaires sur ce sujet, quant à la manière de préparer le lin, de l’emballer et de l’expédier convenablement et avec économie.

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