PLAN AYANT LES NOUVELLES CONSTRUCTIONS
AVANT-PROPOS
L Institut catholique de Paris de 1875 à 1907 , c’est-à-dire depuis sa fondation jusqu’à la nomination de son troisième recteur, tel est le sujet que nous présentons au public dans les pages qui vont suivre (1).
Nous avons pensé qu’il ne serait pas sans importance de conserver à la postérité le récit des efforts tentés par une partie de l’épiscopat et des catholiques français pour mettre à profit le principe de la liberté de l’enseignement supérieur, consacré par la loi du 12 juillet 1875, et de retracer les laborieux débuts d’un grand établissement créé dans des circonstances difficiles, et qui ne s’est maintenu et développé qu’à force de dévouement et de sacrifices.
Ce n’est pas encore de l’histoire proprement dite. Les origines sont trop rapprochées, il n’y a pas le recul suffisant, et l’on manque de la perspective nécessaire pour porter sur les hommes et les choses des jugements indépendants et définitifs.
Ce n’est pourtant déjà plus la sèche chronique,
1. La première édition, parue en 1902, s’arrêtait aux noces d’argent de l’Institut.
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o fi les faits se suivent uniquement dans l’ordre des temps, sans groupement logique.
Entre ces deux genres, nous avons essayé de tenir un juste milieu. Tout d’abord nous a>mns exposé dans leur suite chronologique tous les événements qui intéressent les débuts et la marche générale de l’œuvre, c’est-à-dire sa fondation, son organisation, ses épreuves et sa transformation. Nous avons ensuite groupé entre eux, dans un ordre logique, tous les faits qui se rattachent plus spécialement aux différentes formes de la vie universitaire, telles que les Facultés de théologie, de droit, de lettres, de sciences, ou les cours publics, la bibliothèque, les bâtiments, le corps des étudiants. De cette façon, nous croyons n’avoir rien laissé d’important en dehors de notre récit.
Peut-être trouvera-t-on quelque intérêt dans cette série de tableaux qui mettent en relief, après un exposé d’ensemble, les développements parallèles de chacune des branches de l’enseignement.
Tous nos renseignements ont été puisés aux sources les plus sûres. La plupart des documents dont nous nous sommes servi sont encore manuscrits, ou, s’ils sont imprimés, leur caractère d’intimité les a tenus en dehors de la circulation. Ce sont surtout les archives de l’Institut catholique, la correspondance avec Rome et avec l’Autorité académique, les procès-verbaux des assemblées générales des évêques fondateurs , ceux des assemblées solen-
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ne lie s de rentrée et des séances solennelles des Facultés canoniques ; Les procès-verbaux du conseil rectoral , ceux des conseils des Facultés et Ecoles, les Registres dit 'personnel et les Annuaires. Les quelques ouvrages imprimés dont nous avons fait usage seront cités au cours de l’ouvrage parmi nos références. Quant aux documents législatifs qui ont trait à l’enseignement supérieur libre, ils sont dans toutes les mains.
Nous avons fait de fréquents appels aux souvenirs de nos collègues, que leur situation ou leur compétence mettait à même de nous mieux renseigner, et tout particulièrement h la longue expérience de M. Joseph Chobert, le très dévoué secrétaire général de l’Institut. C’est à eux que nous devrons d’avoir échappé, si toutefois nous y avons réussi, à bien des inexactitudes de détail presque inévitables dans un travail de ce genre. Aussi est-ce pour nous tout à la fois un devoir et un plaisir de leur témoigner publiquement notre gratitude pour leur intelligent et bienveillant concours.
Quelque imparfait que soit ce travail, nous espérons que le public lui reconnaîtra au moins le mérite d’un effort sincère pour apporter notre contribution à l’histoire de la liberté de l’enseignement en France sur la fin du xixe siècle. Nous l’offrons donc avec confiance à tous ceux qui s’intéressent à ce problème capital, si douloureusement remis en question sous nos yeux, et de la solution
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duquel dépend, en grande partie, l’avenir intellectuel et moral de notre patrie. Nous l’offrons à nos évêques fondateurs, qui veillent avec tant de sollicitude sur cet Institut dont ils sont les pères ; à nos administrateurs, qui l’entourent de tant de dévouement; à nos professeurs, qui en sont par leur science et leurs travaux la force et l’honneur ; à nos chers élèves, qui comprennent si bien la grandeur de la cause à laquelle ils sont associés, et qui répondent si fidèlement aux soins dont ils sont Fobjet ; à tous nos amis enfin, et ils sont nombreux, qui soutiennent l’enseignement supérieur chrétien de leurs sympathies et de leur généreux concours.
Nous nous estimerions largement récompensé de nos efforts, si tous ceux qui liront ces pages emportaient de cette lecture la conviction que l’Institut catholique de Paris est une des plus fécondes applications du principe de la liberté d’enseignement, qu’il n’a cessé, malgré les difficultés des temps, de croître et de se perfectionner, et qu’il a déjà rendu de Aurais serAÛces à la Patrie et à la Religion.
Paris, iQV Février 1907 .