MUTILATION DE LA LIBERTÉ DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
tisfaisante ; et, dans l’ensemble des épreuves devant les deux jurys, elle fut supérieure à celle des étudiants de l’État.
Chose remarquable ! les étudiants les plus faibles de chaque promotion redoutaient le jury mixte et recherchaient de préférence le jury de l’Etat. Les plus forts, au contraire, optaient pour le jury spécial (1).
Dans le cours de ces quatre premières années, 1.258 candidats de la Faculté libre de droit se présentèrent aux examens, dont 664 devant le jury mixte et 594 devant le jury d’État. La proportion des admissions, qui fut de 80 °/0 devant le jury d’État, et de 75 °/0 devant le jury mixte, malgré la valeur supérieure des candidats, donnait la preuve évidente que les exigences du jury spécial étaient plus hautes (2).
Aussi la presse hostile, accourue, la première fois sm> tout, pour assister aux examens, se montra sobre de renseignements, et, faute de pouvoir mordre, elle se borna à enregistrer les faits. La simple impartialité aurait dû l’obliger à reconnaître que ce mode d’examen par un jury composé était plutôt défavorable aux étudiants libres, et qu’il était plus propre à relever le niveau des études qu’à l’abaisser (3).
Mais, de cette impartialité, elle n’était pas capable.
Le jury spécial représentait un commencement de liberté, un premier dessaisissement de l’État, c’était trop ; il fallait à tout prix qu’il pérît.
Il devint donc le bouc émissaire, « le pelé, le galeux, d’où venait tout le mal » . Une certaine presse lui fit son procès, ses ennemis s’échauffèrent à crier ses méfaits, ils lui reprochèrent de faire baisser le niveau des études,