Assemblée générale de 1897. Rapport de M. Gonil
l’institut catholique de paris
sans apporter à l’appui de leurs dires le moindre lambeau de preuve. L’intention n’était que trop claire ; il importait de préparer d’abord l’opinion, et quand l’opinion serait mise au point, on en viendrait à l’exécution du projet, dont l’échec n’avait été considéré que comme un ajournement.
Les événements politiques avaient marché rapidement. Dès le début de 1879, après les élections sénatoriales qui avaient fait passer la majorité de droite à gauche, le nouveau poqvoir s’attacha à détruire toute l’œuvre politique de l’Assemblée nationale.
Le ministre de l’Instruction publique, M. Jules Ferry, crut le moment Arenu de reprendre contre les Universités libres les propositions de M. Waddington.
Pendant que le projet ministériel était déposé devant le Parlement, l’archevêque de Paris et quatre des évêques, ses suffragants, protestèrent par une lettre collective adressée aux membres des deux Chambres. Après qu’il eut été voté par la Chambre des députés, l’archevêque de Paris conjura le Sénat, par une nouvelle lettre, de ne pas ratifier cette mesure d’ostracisme et de persécution. Son appel ne fut pas entendu.
Le 18 mars 1880, fut votée la nouvelle loi relative à l’enseignement supérieur, destinée à restreindre le peu de liberté dont jouissaient jusque-là les Universités libres.
Il y était décidé : que les établissements libres d’enseignement supérieur ne pourraient, en aucun cas, prendre le titre d’Université ; que les certificats d’études qu’on y décernait aux élèves ne pourraient porter les titres de baccalauréat, de licence ou de doctorat ; que les titres ou grades universitaires ne pourraient s’obtenir que par des examens subis devant les professeurs ou les juges de l’État ; qu’aucun établissement d’enseignement supé-