Conseil rectoral du 27 mars
l’école des lettres
s’appliquait à visiter les établissements libres d’enseignement secondaire, collèges et séminaires, au point de vue des études, et elle répondait avec empressement aux demandes qui lui étaient adressées par quelques-uns de ses évêques protecteurs. Les diocèses de Bourges, Besançon, Séez, Chartres, Versailles, Saint-Flour furent les plus fidèles à réclamer des inspecteurs.
L’École prit encore l’heureuse initiative d’un concours annuel entre les élèves des mêmes établissements répandus dans les trente-deux diocèses qui forment la circonscription de l’Institut.
Son projet longtemps mûri fut mis à exécution au printemps de 1898 pour les classes de seconde, de rhétorique et de philosophie, et il se compléta dans les années suivantes pour les classes de mathématiques. Les petits séminaires et collèges répondirent, avec assez d’entrain, à l’invitation qui leur fut adressée, et, chaque année, une soixantaine de maisons libres continuent à prendre part à ces concours. Les noms des lauréats sont proclamés en présence des évêques à la séance solennelle de rentrée. Cette institution fut jugée assez utile pour être immédiatement imitée par d’autres Facultés libres.
Former des professeurs pour les classes supérieures, exciter par des concours l’émulation des élèves, c’était déjà rendre à l’enseignement secondaire de précieux services. L’École crut qu’elle en pouvait rendre encore d’autres non moins précieux. Après avoir constaté que les maîtres des classes de grammaire étaient restés jusque-là en'dehors de toute influence réelle de l’Institut, parce qu’ils n’y venaient point se préparer à la licence, elle songea à faciliter leur tâche et à leur donner un encouragement. Elle résolut de leur délivrer, après une préparation faite dans leurs établissements, mais sous
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sa direction et son contrôle, et après de sérieuses épreuves, un diplôme de grammaire, moyen terme . entre le baccalauréat et la licence, qui certifierait leur aptitude à 1’enseignement des grammaires classiques. Le règlement de cette nouvelle institution fut publié en 1 901 et servit encore de type aux règlements analogues faits aussitôt après dans d’autres centres intellectuels. Il faut cependant convenir que l’entreprise n’eut pas tout le succès (ju’on en attendait, et que le nombre des candidats à ce diplôme ne répondit ni aux espérances que l’on avait conçues, ni à la peine que l’on s’était donnée.
(Grâce à toutes ces industries de son zèle, la vie intellectuelle dont l’École est le foyer tend à se répandre de plus en plus au dehors. Par ces communications suivies avec les établissements secondaires, elle se donne à ellemême un aliment sans cesse renouvelé et, pour sa récompense, elle a la satisfaction de voir croître chaque année le nombre de ses propres élèves et celui de leurs succès.
Au mois de février 1901, lorsque l’Institut catholique célébra le Aungt-cinquième anniversaire de sa fondation, l’École des lettres put déjà mettre en ligne pour sa part, 625 licenciés, 33 agrégés et 22 docteurs reçus parmi ses élèves depuis l’année 1875. En 1907, elle ne compte pas moins de 910 licenciés, 32 docteurs et 36 agrégés. De ces derniers, elle compterait davantage, si le ministre de l’Instruction publique n’avait interdit, en 1904, par une mesure d’ostracisme inqualifiable, l’accès de ce concours aux ecclésiastiques. Cet abus de la force aura peut-être ce bon résultat, qu’il ouvrira à l’École des lettres une voie nouvelle et l’amènera un jour à se suffire à ellemême par l’établissement d’un concours d’agrégation pour 1’enseignement libre.
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