Chapitre i, pages 21 et
% Chapitre vi, page 79.
l’institut catholique de paris
A la différence des lettres, dont les cours avaient été reportés à l’intérieur du séminaire des Carmes, l’enseignement des sciences continua à être donné à l’Institut même, par les professeurs de l’ancienne Faculté.
Les réductions de personnel, qui s’étaient fait si lourdement sentir dans l’ordre des lettres, furent plus modérées dans l’ordre des sciences. L’Ecole rouvrit ses cours, en novembre 1880, avec cinq professeurs et deux maîtres de conférences.
Seules, les deux sections des sciences naturelles, la botanique et la zoologie, qui n’avaient été suivies que par un très petit nombre de candidats, furent supprimées, et les deux titulaires, M. Edmond Alix et M. Édouard Tison, furent nommés professeurs honoraires.
La rareté des étudiants en sciences naturelles s’expliquait en grande partie par l’extrême difficulté et la durée exagérée de la préparation au grade de licence dans cette branche. Il fallait alors de trois à quatre ans pour le conquérir, sans compter que ceux qui l’avaient obtenu restaient à peu près étrangers aux autres parties des sciences.
Tous les autres enseignements existant avant la loi de 1880 furent maintenus. Pour les mathématiques, le R». P. Jouberb recommença son cours d’algèbre supérieure, et M. Paul Serret, celui de calcul différentiel et intégral ; M. Édouard Branly continua l’enseignement de la physique, M. Lemoine, celui de la chimie, et M. de Lapparent, ceux de la minéralogie et de la géologie.
Toutefois, le départ de M. Dostor fit tomber l’enseignement de la mécanique rationnelle, que les aspirants à la licence ès^sciences furent obligés, pour quelque temps, d’aller chercher à la Sorbonne.
A défaut de cours régulier, des conférences d’astronomie et de mécanique furent faites par M. Eugène
l’école des sciences
Vicaire, ancien élève de l’École polytechnique et professeur à l’École des Mines ; et des conférences de mathématiques spéciales, par M. Ernest Fiot, agrégé de mathématiques.
Au moment de la fondation de l’Université, M. Edmond Alix avait été provisoirement chargé de remplir les fonctions décanales (1). En juillet 1876, le R. P. Joubert fut créé doyen par l’assemblée des évêques, et entra à ce titre, en octobre, au conseil rectoral (2). Comme ses travaux personnels l’absorbaient et lui laissaient peu de loisir pour s’occuper des intérêts de la Faculté, les évêques nommèrent, deux ans après, M. deLapparent vice-doyen, pour le suppléer dans cette charge (3).
La suppression de la Faculté et l’interruption des conseils qui en fut la suite amenèrent la cessation presque complète des fonctions du décanat ; elles furent positivement rétablies plus tard par application du règlement intérieur de 1896.
La valeur de l’outillage matériel ayant dans renseignement des sciences une importance très considérable, les professeurs avaient déporter leur plus vive attention, dès le début, sur l’installation des laboratoires et des collections. Nous avons dit quelles avaient été à cet égard les exigences de l’État et comment la reconnaissance de la Faculté avait été retardée pour quelques insuffisances provisoires. L’activité que déployèrent les maîtres pour mener tout à bien n’eut d’égale que leur compétence.
Pour la physique, M. Branly fit un voyage d’exploration scientifique en Belgique, en Suisse, en Hollande et en Allemagne. Il eut la satisfaction de constater que si, ailleurs, il pouvait admirer de plus beaux édifices que le
1. Assemblée générale des évêques, séance du 2' février 1876.