Ibid., séance du 31 juillet
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vieux couvent do la rue de Yaugirard, et de plus nombreux instruments, nulle part cependant il ne trouvait un ensemble d’appareils plus perfectionnés que ceux qui étaient mis à sa disposition. Plus de 80.000 francs dépensés en deux ans lui avaient permis de se procurer tous les instruments nécessaires, construits selon les derniers perfectionnements de la science (1).
Depuis cette époque, le cabinet a été tenu soigneusement au courant de toutes les inventions contemporaines, et, ce qui n’est pas un petit mérite, beaucoup d’instruments ont été construits sur place, sur les dessins de M. Branly, avec le concours de son habile préparateur, M. Gendron, et de quelques ouvriers mécaniciens mis à son service.
Pour la chimie, on installa, sous la direction de M. Lemoine, un triple laboratoire : un premier, pour la préparation des cours, un second pour les manipulations des candidats à la licence, et un troisième, destiné aux professeurs et aux aspirants au doctorat, en vue de leurs recherches scientifiques. Dès la première année r ces laboratoires s’enrichirent de plusieurs dons, consistant surtout en produits spéciaux de diverses usines, et plus particulièrement intéressants pour la chimie industrielle (2).
Quelques autres apports lui furent faits depuis, parmi lesquels nous citerons de précieux échantillons de rubis offerts au laboratoire de l’Institut par M. le comte Edouard Frémy . Ces échantillons avaient été obtenus par son père, le célèbre professeur Frémy, qui avait développé avec une extrême précision la méthode de reproduction des pierres précieuses découverte, en 1847, par l’ingénieur Ebelmen.
1. Assemblée générale des évêques, séances du 25 janvier 1877 et du 30 janvier 1878. Rapport de M. de Lapparent.
2. Assemblée générale des évêques, séance du 25 janvier 1877.
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Une riche galerie de géologie et de minéralogie fut formée en peu d’années par les soins de M. de Lapparent, aidé de plusieurs autres savants, ses amis.
Le point de départ des collections consista dans une série d’échantillons de minéraux et de fossiles qui avaient appartenu à l’Ecole des Hautes Etudes ecclésiastiques, mais qui étaient loin de contenir toutes les espèces nécessaires pour les études de licence. On pourvut au plus pressé par quelques acquisitions faites à prix d’argent, puis les lacunes furent comblées, et au delà, par de généreux donateurs.
L’Institut doit un tribut particulier de reconnaissance à M. le marquis de Raincourt, à M. Ferrand de Missol et à M. Bayle, qui consacrèrent spontanément et par pur dévouement un temps considérable à l’organisation, au classement et à l’étiquetage des richesses qui niaient pas tardé à affluer sous leurs mains. M. de Raincourt, outre un don princier, poursuivit pendant dix ans, jusqu’à sa mort, avec une patience sans égale, ce délicat et minutieux travail. M. de Lapparent ne recula même pas devant la fatigue des voyages pour rechercher certains échantillons plus rares, et il trouva dans ses relations personnelles le moyen de faire de fructueux échanges.
Composée presque entièrement de dons volontaires, sans qu’il en coûtât rien aux finances de l’œuvre, cette galerie mérite d’attirer l’attention des connaisseurs, surtout comme instrument de travail pour les étudiants sérieux.
M. de Lapparent a lui-même raconté la genèse de cette galerie dans le Bulletin de l’Institut (1).
« Il s’y rattache, dit-il, tout un ensemble de précieux souvenirs ; et la multitude des noms des donateurs ins-
1 . Histoire d'une collection, la Galerie de géologie et de minéralogie à l'Institut catholique, in*8°, Poussielgue, 1891.
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crits sur les étiquettes est comme un hymne permanent en l’honneur de l’active charité des amis de l’Institut. Si donc il fallait à notre galerie géologique une devise qui marquât bien son origine, on ne pourrait mieux faire que d’inscrire au-dessus de la porte : Ex omnium car it ale. »
En rendant à tous ces bienfaiteurs de l’Institut ce juste et délicat hommage, M. de Lapparent a pris soin de conserver leurs noms à la postérité.
Ne pouvant à notre grand regret les citer tous ici, nous croyons cependant devoir rappeler au moins, parmi ceux qui firent les dons les plus considérables :
M. Arnould, magistrat à Châlons-sur-Marne, pour le don d’une collection complète de minéraux ;
M. Lallemand, pour 200 échantillons des roches d’Auvergne ;
Mlle Monestier- Savignat, de Clermont-Ferrand, pour 900 échantillons de minéraux recueillis par son père ;
M. de Lansac, pour plus de 1.500 échantillons de minéraux bien déterminés et très propres à renseignement ;
M. Joachim Barrande, l’illustre géologue, dont la magnifique collection, le don le plus précieux en ce genre que l’Institut ait reçu, comprenant 1.900 échantillons de fossiles étiquetés avec un soin scrupuleux, représente d’une manière exceptionnelle les terrains anciens (1) .
M. Albert de Lapparent, M. Amédée Ferrand de Missol, M. le vicomte de Belle, M. Catteau, d’Auxerre,
4. Nous sommes heureux d’ajouter que les nièces de M. Joachim Barrande, Mlle C. Barrande et Mme Vuillet, héritières des généreux sentiments de leur oncle, firent don à l'Institut. catholique, en 490S, têe cent exemplaires de son grand ouvrage en 29 volumes in-4° sur le Système silurien du Centre de la Bohême, dont la publication s’achève sous la direction de rUniversit-é de Prague.
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M. Charles Barrois, de Lille, M. Farges, d’Angers, M. le marquis de Vibraye, M. Bioche, M. le marquis de Roys, pour des apports considérables de fossiles des terrains tertiaires ;
M. le marquis de Raincourt, pour plus de 450 espèces de fossiles des mêmes terrains ;
M. Raoul Tournouër, géologue très distingué, qui avait surtout collectionné les échantillons des terrains tertiaires de F Aquitaine, et dont la collection fut donnée à l’Institut en 1883, par sa famille ;
Mme Flottes, pour la riche collection de fossiles de son mari ;
M, l’abbé Le Mordez, MM. Bardin, Choyer, Jannel, de Marsilly, Molière et plusieurs savants étrangers, pour des apports très variés ;
Mme veuve Martin de Moussy, pour 500 espèces de fossiles de la Touraine et des minéraux du Brésil ;
M. l’abbé Lambert et M. 1 abbé Rangés, pour des collections de fossiles d’une grande rareté ;
Mgr Grosleau, évêque d’Evreux, pour une riche collection d’oursins recueillis par M. l’abbé Sorignet, collection d’une haute valeur scientifique, qui appartenait au grand séminaire diocésain, et qui fut cédée à l’Institut en échange d’une collection de fossiles plus pratique pour l’enseignement ;
Citons enfin la famille de M. Charles Gloria, sous-chef de bureau au ministère de l’agriculture. Ce savant modeste consacra ses loisirs pendant quarante ans à recueillir dans le bassin tertiaire de Paris, surtout dans les sables de Fontainebleau et d’E lampes, et à classer avec une merveilleuse habileté une série d’invertébrés fossiles, qui n’a de similaire dans aucun établissement public, même le mieux outillé, et dont la famille Olmer Gloria et ses autres héritiers firent présent à l’Institut catholique.
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D’année en année, ce riche trésor continue à s’accroître quoique avec plus de lenteur, toujours en vertu du principe qui l’a fait naître, c’est-à-dire de la générosité d’un grand nombre d’amis de l’enseignement libre, qui se dépouillent en sa faveur, modestement et sans bruit, de leurs collections particulières.
Tout récemment encore, M. Crépeaux, professeur à l’Institut agricole de Beauvais, lui envoyait une série de tiroirs abondamment garnis et renfermant un certain nombre d’échantillons de valeur ; Mme la vicomtesse d’Hérouville, fille de l’éminent minéralogiste des Cloizeaux, lui faisait don de précieux instruments qui ont appartenu à son père, tels que microscope ordinaire, microscope polarisant pour lumière convergente, goniomètre de Wallaston et plusieurs belles pièces de collections; et M. Ghaumetlui offrait quelques échantillons de diamant très bien cristallisés, ainsi que de petits rubis avec faces cristallines.
La collection de géologie fut divisée en deux parties, les roches et les fossiles.
Les différentes classes de roches furent rangées conformément aux travaux des pétrologistes les plus distingués. Elles comprennent actuellement environ 1.500 échantillons, dont 500 en tiroirs et 1.000 en vitrines. Ces derniers sont placés sur une monture spéciale qui les fait valoir et qui donne à la collection un aspect très flatteur.
La série des fossiles ne comprend pas moins de 38.000 échantillons, répartis sur environ 13.000 cartons, soigneusement étiquetés et rangés suivant l’ordre des terrains. On a chaque jour l’occasion de constater qu’ils font l’admiration des connaisseurs.
La collection des minéraux présente environ 3.000 pièces distinctes.
Telle qu’elle a été conçue et telle qu’elle continue à se
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développer, la Galerie de l’Institut catholique réalise le type d’une collection didactique, et c’est ce caractère propre qui lui a valu sa juste renommée auprès des spécialistes. Sans doute, elle ne se peut comparer aux grandes collections nationales, qui sont surtout conçues à l’usage des savants, mais elle répond aux besoins des étudiants.
« Cantonnée, de propos délibéré, dans les limites des vrais besoins d’une Faculté, la Galerie n’est pas tombée dans les conditions d’un musée d’histoire naturelle, et elle a gagné cet inappréciable avantage d’être la seule en France, qui offre constamment aux regards, dans un ordre tout à fait didactique, ce qui convient pour les candidats à la licence, sans crainte d’égarer leur attention sur d’interminables séries d’échantillons (1). »
Les deux autres branches de l’histoire naturelle, la zoologie et la botanique, qui sont le complément de la géologie, avaient été aussi l’objet d’une attention soutenue de la part de M. Alix et de M. Tison.
D’abord pour la zoologie, une allocation de 1 .500 francs permit d’accroitre immédiatement le premier fonds du cabinet. Il s’enrichit rapidement de beaux échantillons des diverses espèces du règne animal, et -de presque toutes les pièces nécessaires pour l'anatomie comparée.
On peut y voir trois squelettes de l’homme de l’àge de pierre, découverts dans les grottes de Menton. Deux d’entre eux furent offerts par M. Bouvier. Ils sont placés sous vitrines, dans l’état où on les a trouvés, accompagnés d’instruments de silex placés à côté d’eux et de débris d’étranges parures de coquillages.
M. Charles Gourtheau, adjudant d’infanterie de marine, offrit plus tard un groupe de serpents du Tonkin fort
1. De Lapparent, La Galerie de géologie et de minéralogie à l’Institut catholique.
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bien conservés ; le ministre de l’Instruction publique du Canada, une superbe tète d’élan, qui avait figuré à l’Exposition universelle de 1900.
Pourtant, la collection zoologique se formait assez lentement, lorsque, en 1903, elle reçut de la Congrégation des Prêtres de la Mission un don très considérable, qui en centupla la valeur.
L’abbé Armand David, prêtre de cette célèbre Compagnie, longtemps missionnaire en Chine, avait formé, à son retour en France, deux vastes collections : l’une, personnelle, qui renfermait, pour l’ entomologie, des curiosités uniques ; l’autre, pour le siège de sa Congrégation. Ses connaissances étendues en histoire naturelle, ses découvertes personnelles pendant de longues années d’apostolat lui avaient permis de montrer, sous un nouveau jour plus scientifique, les curiosités rapportées de l’étranger par différents missionnaires de sa Compagnie religieuse. C’était avec un réel plaisir que visiteurs et savants se rendaient à la rue de Sèvres pour admirer le musée entomologique et entendre les explications de son créateur. Que d’amis, que d’inconnus mêmes, toujours accueillis avec empressement, étaient allés solliciter quelques raretés, faire quelques échanges, demander renseignements et conseils.
Cet excellent vieillard, arrivé au terme de sa carrière, n’avait pu former un élève et se choisir un successeur ; il était donc à craindre que son précieux trésor ne manquât des soins toujours nécessaires pour sa bonne conservation. En mourant, il légua à un ami, et tout ensemble un savant, M. René Oberthur, sa collection personnelle. Et, après sa mort, M. Fiat, supérieur général, fit don à l’Institut catholique de la collection formée pour la Congrégation. Celle-ci fut donc transportée à l’Institut et disposée avec le plus grand soin dans
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une salle spacieuse. Elle comprend plusieurs groupes importants :
Les mammifères. — Ce groupe renferme les espèces les plus rares de l’Orient et de l’Amérique du Sud. On s’est attaché à n’avoir que des types parfaits et F on a eu soin de les déterminer d’après les découvertes les plus récentes. Aucune grosse espèce : auroch, rhinocéros, phoque, n’y a trouvé place.
Les oiseaux. — Ici, tout est complet, et dans un ordre auquel l’esprit le plus difficile ne trouverait rien à redire. Cette partie était la spécialité bien connue de M. David et son livre si documenté, si précieux: Les Oiseaux de Chine, qui a fait sensation lors de son apparition, a donné la preuve d’une compétence vraiment remarquable en cette matière.
Les reptiles. — Ce groupe' comprend un grand nombre d’espèces dans un parfait état de conservation. Les types peu communs sont montés de manière à permettre une étude approfondie de tous les sujets ; quelques notes précises s’ajoutent au nom de l’individu, et enlèvent toutes difficultés sur les recherches.
Les insectes. — Cette partie de la collection renferme toutes les espèces connues, et les cinq parties du monde y sont représentées par les plus beaux spécimens : le genre Morpho, en particulier, ne laisse rien à désirer. La splendide parure des coléoptères, la richesse de coloris des lépidoptères, la bizarrerie des formes des orthoptères attirent les regards, et retiennent l’attention des moins connaisseurs.
Les mollusques. — Ce groupe possède quelques beaux types, mais en petit nombre; cette partie avait été moins soignée; à moins que les missionnaires, qui voyagent
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plutôt dans l’intérieur des terres à la recherche des âmes, n’aient oublié d’explorer attentivement les bords de la mer.
Tout cet ensemble forme l’une des plus belles collections particulières que l’on connaisse et, mis à part le Muséum d’Histoire naturelle de Paris, peu de musées de province possèdent d’aussi magnifiques raretés et des familles aussi complètes. Si l’on considère qu’à cet ensemble de groupes différents viennent s’ajouter de nombreux spécimens de squelettes de tous genres : singes, oiseaux, poissons, on comprendra facilement combien une étude sérieuse est rendue possible et pratique. L’image vénérée de M. Armand David a été placée, comme il était juste, au milieu de ce musée, qui est presque entièrement son œuvre.
Depuis lors, de nombreux dons, de moindre importance, mais toujours précieux, sont venus accroître ce trésor, surtout la sectiondesinsectes.il convient de citer, entre autres, la belle collection d’orthoptères de M. le capitaine d’état-major Finot (1905), et celle de coléoptères circa-européens de M. Édouard Lefébure (1906).
Un conservateur attaché au musée zoologique, M. l’abbé Foucher, assure par des soins assidus la conservation de ces richesses scientifiques.
Peu à peu les coquillages vivants affluèrent aussi de toutes parts. Une première collection fut offerte par l’abbé Lambert, une seconde par Mlle Monestier- Savignat, puis une troisième, très remarquable, et composée surtout des coquillages de la Nouvelle-Calédonie, par F Œuvre delà Sainte-Enfance.
Longtemps ces échantillons restèrent entassés dans des caisses et de multiples tiroirs, attendant que la main d’un spécialiste vint les aligner en ordre et les déterminer.
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Ce travail fut enfin entrepris, en 1904, par les soins de M. l’abbé Foucher, qui disposa tous les individus par genres et par espèces, et créa ainsi une nouvelle galerie aussi agréable à l’œil qu’utile à l’étude. Cette galerie continue à s’enrichir : en 1904 elle recevait de beaux échantillons de M. Borgogno, de Nantes.
La botanique aA-ait aussi sa part dans les libéralités des amis de l’Université.
Pour remplacer l’herbier apporté de Provence par M. l’abbé Conil, longtemps négligé etdeA^enu sans valeur, M. l’abbé Jourdan en avait offert un beaucoup plus riche.
Une dame anglaise, Mme ShutleAAmrd, veuve d’un savant botaniste, fit don d’une seconde collection qui renfermait toute la flore d’Europe et une partie de celle d’Amérique ;
M. de Béarn donna son herbier des plantes de France ;
Les Frères des Ecoles chrétiennes offrirent la flore de Jérusalem, recueillie par un des leurs ;
M. Olmer- Gloria fit don d’un herbier soigné des environs de Paris ;
M. l’abbé LelièArre abandonna sa riche collection des espèces de la région méditerranéenne ;
Le Dr Miergues y ajouta celles du sud-ouest de la France et de l’Algérie ; la famille Arnollet, un herbier de la flore des Alpes ; M. Baudoin et M. Mouillefarine, grand nombre de plantes rares.
Malheureusement ces belles collections de botanique furent à peine utilisées, d’abord parce que cette science n’attira jamais à l’Institut qu’un nombre minime d’étudiants, et que la chaire en fut supprimée dans le remaniement de 1880; puis parce que l’étude de la botanique changea complètement de point de vue, et qu’elle se transforma peu à peu en une étude de biologie et de
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physiologie des plantes, pour laquelle les collections de fleurs sèches offrent peu d’intérêt.
Après être restés presque à l’abandon pendant plus de vingt ans, les herbiers furent remaniés de 1902 à 1907, expurgés avec soin par M. Baulès et fondus sous la direction de M. Mouillefarine en une collection unique, qui ne compte pas moins de quinze mille échantillons.
En même temps qu’il présidait aux divers classements faits à l’origine, M. le Dr Tison transformait le jardin de l’Université en un jardin botanique où il arrivait à grouper jusqu’à 2.223 espèces diverses de plantes (1).
Tout entière à ses recherches de laboratoire et aux travaux de l’enseignement, l’Ecole des sciences offre peu d’événements extérieurs capables de nourrir une chronique.
Elle éprouva, vers la fin de 1881, une pénible secousse, qui mit en pleine évidence, sous les regards do tout le monde, combien il en coûte d’user de la liberté* de celle même qui est garantie par les lois.
Deux professeurs de l’Ecole, M. de Lapparent et M. Lemoine, le premier, ingénieur au corps des Mines, et le second, ingénieur des Ponts et Chaussées et examinateur à l’Ecole polytechnique, furent mis en demeure par le ministre de l’Instruction publique, M. Jules Ferry, d’opter entre leur carrière officielle et leur place de professeur à l’Institut catholique. M. de Lapparent eut le généreux courage de sacrifier sa carrière officielle pour rester fidèle à la religion et à la liberté. M. Lemoine, ami de la première heure, maître éprouvé et chrétien fidèle, n’aurait pas hésité à faire le même sacrifice, si les conseils paternels du vénérable cardinal Guibert ne l’eussent prémuni contre les élans de son désintéressement.
1. Assemblée générale des évêques du 30 janvier 1878. Rapport de M. de Lapparent.
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Ri emporta, en se retirant, F estime de tous les gens de bien et l’affection de tous ses collègues (H). Ces deux persécutés devaient avoir F honneur et la joie de se retrouver plus tard sous la coupole de l’Institut de France .
Après la retraite de M. Lemoine, aucun successeur ne lui fut immédiatement donné, et, pendant deux ans, les élèves durent suivre, en Sorbonne, les cours de chimie et d’analyse chimique.
Mais, dès 1883, l’enseignement de la chimie fut repris par un de ses anciens élèves, M. l’abbé Godefroy, qui commença par de simples conférences et devint titulaire de la chaire dès qu’il eut conquis son diplôme de docteur.
L’enseignement des sciences naturelles n’étant plus représenté, depuis 1880, que par le cours de géologie, ce vide se faisait péniblement sentir, surtout parmi les élèves ecclésiastiques. Mgr d'Hulst, qui ne manquait aucune occasion d’exprimer ses regrets pour les suppressions opérées à la suite de la loi du 18 mars 1880, profita de cet état d’insuffisance pour proposer aux évêques réunis le 18 novembre 1886, de reprendre cet enseignement sous une forme un peu différente et de rendre à l’Ecole des sciences son titre de Faculté.
« L’absence de tout enseignement des sciences naturelles, leur dit-il, est grandement à regretter. La commission a préparé un projet qui consisterait à organiser des cours de zoologie et de botanique sur le plan du cours abrégé de géologie que M. de Lapparent fait depuis trois ans. Cet enseignement s’achèverait en une seule année et aurait pour sanction un examen et un diplôme propres à notre Ecole. Les jeunes gens qui préparent chez nous la licence ès sciences physiques, pourraient, en prolongeant d’une année seulement leur séjour, revenir
1. Assemblée générale des évêques, juillet 1881. Rapport du Recteur.
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dans leurs diocèses avec une formation scientifique complète, qui les mettrait à même d’enseigner tout le programme du baccalauréat ès sciences et toute la partie scientifique du baccalauréat ès lettres : grand avantage pour les collèges libres et les petits séminaires.
« Si NN. SS. les Évêques peuvent nous promettre quelques sujets pour suivre ce cours d’une année, nous avons en vue deux professeurs docteurs. A ce prix, nous serions en mesure de rendre à notre École de sciences sa forme et son titre de Faculté, ce qui serait une excellente réponse aux craintes et au découragement de plusieurs. »
Le cardinal Guibert proposa de voter sur le principe. La commission devrait adresser une circulaire aux évêques pour savoir s’ils seraient disposés à envoyer quelques sujets, à la rentrée suivante, pour les sciences naturelles. Dans ce cas seulement les cours seraient rétablis et la Faculté reconstituée (1).
La proposition fut adoptée à f unanimité. La circulaire fut envoyée ; mais elle ne donna pas les résultats attendus. Les cours de sciences naturelles ne furent donc pas rétablis, ni la Faculté des sciences relevée (2).
Cependant le jardin botanique créé par M. le docteur Tison continuait à être entretenu aux frais de l’Institut, et semblait être conservé à dessein pour nourrir l’espérance, lorsqu’on crut utile, dans le budget de 1891, de faire quelques économies sur ce chapitre. La botanique céda donc le pas à la culture maraîchère ; aux plantes et aux arbustes savamment étiquetés succédèrent de modestes légumes dont l’économat du séminaire tira le meilleur parti possible, en attendant, pour la science, un retour de fortune.
Ces jours meilleurs ne sont pas encore levés ; cepen-