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Ibid ., 16 novembre

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dant il semble qu’on en Amie poindre l’aube. La nouvelle organisation officielle de l’enseignement des sciences est, en effet, de nature à préparer les voies à une reprise sérieuse de l’étude des sciences naturelles.

Un décret du 22 janvier 1896 est venu modifier profondément les conditions de l’examen et du diplôme de la licence ès sciences.

Il règle que les Facultés de sciences délivreront des certificats d’études supérieures, correspondant à chacune des matières enseignées par elles ; et que le diplôme de licencié sera conféré à tout étudiant qui justifiera de trois de ces certificats, avec mention des matières correspondantes à chacun d’eux.

Il est donc aujourd’hui loisible à l’étudiant de sciences de composer lui-même sa licence, en prenant les divers certificats qui répondent le mieux à ses aptitudes ou à ses besoins.

Dès lors, rien de plus facile que de faire figurer au nombre des certificats requis, un ou plusieurs des certificats de sciences naturelles, sans être astreint, comme autrefois, à les prendre tous.

Aussi, depuis ce moment, l’étude de cette partie des sciences tend à se relever. Déjà le cours de géologie, assez longtemps interrompu, a recommencé avec succès ; des étudiants se présentent aussi pour la zoologie et la botanique, les collections se réorganisent, et il est permis d’espérer, dans un prochain a\7enir, la reprise complète de l’enseignement de toutes les sciences naturelles.

Dans les années 1886 et suivantes, le personnel enseignant de cette Ecole subit quelques changements, et le nombre des maîtres et des cours s’augmenta.

M. Paul Serret se retira cette même année et, en 1888, le R. P. Joubert, absorbé par les travaux de l’École Sainte-GeneAdève, résigna lui-même ses fonctions.

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Le R. P. d’Esclaibes, de la Compagnie de Jésus, docteur ès sciences, qui lui succéda, n’occupa que deux ans la chaire de calcul différentiel et intégral, et la céda, en 1890, sans cesser d’en être titulaire, à un jeune suppléant, le R. P. Fouet, licencié ès sciences mathématiques, ancien professeur de mécanique rationnelle àTUniversité d’Angers.

En 1887, M, André, docteur ès sciences mathématiques, ancien professeur de Faculté, ancien président de la Société mathématique de France, fut chargé d’un cours d’analyse.

Le départ de M. Fiot, arrivé la même année, fit confier les conférences de mathématiques spéciales à M. Rourguet, docteur ès sciences mathématiques, qui les conserva pendant sept ans. On lui associa, en 1890, un jeune maître, ancien élève de l’Institut, M. l’abbé Nau, qui s’était signalé par des aptitudes exceptionnelles. M. Nau devint titulaire de la chaire en 1894, et ne tarda pas à être reçu docteur ès sciences mathématiques.

Le cours de chimie, suspendu à la suite de la démission de M. Godefroy, et insuffisamment compensé pendant un an par des conférences, fut repris, en 1892, par un chimiste de grand talent, M. l’abbé Hamonet, docteur ès sciences, ancien professeur à la Faculté libre d’Angers, qui s’acquit bientôt de la réputation par son enseignement et ses découvertes de laboratoire.

Enfin, en 1893, l’enseignement de la mécanique et de l’astronomie fut confié à M. Chailan, licencié ès sciences mathématiques, membre de la Société mathématique de France.

Se sentant ainsi, d’année en amiée, plus vivante et plus forte, l’Ecole des sciences songea, à l’exemple de celle des lettres, à se reconstituer aussi sur le plan d’une Faculté. Déjà elle avait ses assemblées périodiques tous

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les mois. Elle élabora, en 1896, un règlement intérieur qu’elle fit approuver provisoirement parle Conseil supérieur des Évêques, et elle mita sa tête un doyen, élu par ses collègues pour une période de deux ans et rééligible.

Les publications scientifiques des professeurs de cette Ecole sont trop nombreuses et trop variées, pour que nous puissions essayer d’en donner même un simple aperçu. On en trouverait le relevé dans les registres du secrétariat de l’Institut.

Outre les articles presque innombrables dont la plupart d’entre eux nourrissent les revues scientifiques, plusieurs firent des découvertes dans le champ de la science, ou produisirent des ouvrages qui leur valurent la plus légitime notoriété, et même la célébrité.

M. André publia, chaque année, de savants mémoires sur des points de hautes mathématiques, dans les revues scientifiques de France et de l’étranger ; la série en serait presque infinie. S’inclinant en même temps vers les plus humbles, il ne composa pas moins de sept volumes relatifs à l’enseignement de l’arithmétique dans les écoles primaires.

Son mérite trouva des appréciateurs ; il fut nommé, en 1905, membre correspondant étranger, puis, en 1907, membre titulaire de l’Académie pontificale des Nitovi Lincei, et reçut de l’Académie des sciences le prix Poncelet pour l’ensemble de ses travaux sur l’analyse combinatoire.

Dans le même ordre des sciences mathématiques, M. Ghailan écrivit, pour les écoles primaires et pour les classes de mathématiques élémentaires , divers traités d’arithmétique, d’algèbre et de géométrie descriptive.

M. Nau publia d’utiles ouvrages manuels sur l’arith-

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mé tique et la trigonométrie, et présenta à l’Académie des sciences des études sur le calcul différentiel et intégral, qui méritèrent d’ètre couronnées.

M. Fouet donna au public un ouvrage de haute valeur sur la Théorie des Fonctions analytiques.

M. Hamonet se livra, avec autant de persévérance que de perspicacité, à des recherches de laboratoire qui l’amenèrent à de remarquables synthèses et à la découverte de corps nouveaux jusque-là inconnus.

Les études de M. de Lapparent sur l’écorce de la terre, non seulement se formulèrent pour le public dans des Traités de Géologie et de Minéralogie qui sont devenus classiques et qui font autorité dans tous les pays, mais elles aboutirent à la création d’une science nouvelle, la Géographie physique, dont les règles furent exposées par lui, pendant l’hiver de 1892, dans ses leçons à l’Institut catholique.

Il s’ensuivit une polémique assez retentissante, dont le résultat final fut la consécration de la nouvelle théorie. Au cours de la discussion du budget de l’Instruction publique, qui eut lieu au Sénat, en 1895, M. Bardoux souligna même, d’une façon très expressive, l’initiative de l’éminent professeur de l’Institut catholique : « Messieurs, dit-il, je voudrais, en quelques mots, appeler l’attention de M. le ministre de l’Instruction publique sur une lacune de l’enseignement supérieur. Je veux parler de l’enseignement de la Géographie physique. ..

« Savez-vous ce que sont obligés de faire les étudiants qui sont candidats à l’agrégation d’histoire ? Ils sont obligés d’aller dans un établissement libre, l’Institut catholique, pour suivre le cours, très remarquable, du reste, de M. de Lapparent (1). »

1. Bulletin de V Œuvre de Saint-Thomas d'Aquin, 25 janvier 1879, page 9.

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Aussi l’État s’empressa-t-il de mettre à profit la nouvelle création, en instituant une chaire de géographie physique et un certificat spécial.

L’Institut de France rendit, à son tour, hommage au mérite de l’éminent professeur, et l’Académie des sciences l’appela, le 28 juin 1897, à prendre rang dans son sein pour la section de minéralogie.

Quelques années auparavant, le laboratoire de physique de l’Institut catholique avait été témoin d une découverte dont il est à peine possible, jusqu’ici, de mesurer les destinées. En même temps qu’il se livrait à l’étude de la physique générale, qu’il en répandait la connaissance au dehors par des Traités de Physique d’une remarquable clarté, et qu’il publiait des travaux importants sur l’identité de la matière colorante du sang chez les différents vertébrés, sur la déperdition de l’électricité par les rayons très réfrangibles, par la lumière du jour et à l’obscurité, sur la conductibilité des gaz au contact des corps incandescents, M. Branly concentrait ses recherches sur un chapitre spécial de l’électricité. En 1890, il parvint, comme il résulte de ses communications à l’Académie des sciences, à la merveilleuse constatation des phénomènes de conductibilité électrique intermittente, déterminée à distance par des étincelles électriques, sans conducteur apparent, qui allait apporter, dans toutes les applications de l’électricité, et tout d’abord dans la télégraphie et la téléphonie, une révolution jusque-là inouïe.

Sur les données de sa découverte, il construisit le Radioconducteur qui porte son nom, simple tube de cristal à demi rempli de limaille métallique, qui permet, selon l’emploi qu’on en fait, d’obtenir de loin, par exemple, l’incandescence d’un fil, le soulèvement d’un poids, le mouvement d’un moteur, l’explosion d’une

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torpille, etc., et dont l’intermittente conductibilité ferme à distance, sous l’action d’une étincelle, et ouvre, sous l’action d’un léger choc, suivant qu’il est soumis ou soustrait à l’action des ondes hertziennes, le circuit des appareils employés en télégraphie. Cette découverte de la radioconduction, dontM. Branly avait le premier découvert le principe, qu’il avait poursuivie dans tous ses détails et qu’il avait, dès le début, étendue à tout contact imparfait, soit multiple, soit unique, fut mise à profit, en 1896, par un physicien russe, M. Popoff, pour la transmission des signaux, et utilisée, un peu plus tard, par M. Marconi, pour l’établissement delà télégraphie sans fil.

Pour rendre h cette magnifique découverte, si honorable pour la science française, l’hommage qui lui était dû, l’Académie des sciences décerna, en 1898, àM. Branly, le prix Houllevigue.

Depuis lors, l’éminent physicien réussit à perfectionner encore sa découverte. Ses études sur les radioconducteurs à billes d’acier poli, àlarges disques métalliques dressés et superposés ouvrirent la voie à de nombreuses recherches. En 1902, il fit connaître à l’Académie des sciences un nouveau récepteur d’ondes hertziennes, basé sur l’emploi d’un radioconducteur à contact unique, qui apporte dans la télégraphie sans fil une grande simplification.

Allant plus avant encore, il ajouta, en 1904 et 1905, à sa découverte antérieure sur l’électricité, une nouvelle application qui fit sensation dans le monde savant, à savoir la transmission à distance de la force et du mouvement par le seul jaillissement de l’étincelle électrique. Dans une brillante conférence donnée au Trocadéro,en présence de 5.000 auditeurs, il prouva, par une série d’expériences, qu’il pouvait arriver à déterminer à distance, grâce à des appareils fort simples, des phénomènes extraordinaires de mouvement et de force, par exemple, l’ex-

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plosion d’une mine, la mise en action d’un électroaimant, l’allumage d’un phare, le tir d’un revolver ou d’un canon, au gré de l’opérateur même absent, avec autant de facilité que s’il était sur place.

Ce prodigieux transport de la force que M. Branly appela lui-même la télémécanique sans fil , ouvrait sur l’avenir d’immenses perspectives, agrandissait le champ des applications de la science, et ajoutait à la couronne du professeur un nouveau fleuron, dont l’Institut a le droit d’être fier.

L’Exposition universelle de Paris, en 1900, valut aux professeurs de l’Ecole des sciences les plus flatteuses distinctions.

M. Branly reçut du jury international un grand prix pour sa remarquable découverte, et, comme conséquence, le gouvernement français lui décerna la croix de la Légion d’honneur.

M. de Lapparent obtint un grand prix pour ses travaux sur la géographie physique et une médaille d’or pour ses ouvrages de géologie.

M. l’abbé Hamonet, une médaille d’argent, pour la découverte d’une nouvelle série de composés chimiques; et M. Gendron, préparateur de physique, une médaille de bronze et le ruban d’officier d’ Académie, comme collaborateur de M. Branly.

A cette occasion, la galerie de géologie et de minéralogie de l’Institut fut visitée par un savant groupe de géologues réunis en Congrès à Paris. M. de Lapparent leur en fit les honneurs, et ils en témoignèrent hautement leur admiration.

Un peu plus tard, en 1904, le comité du Syndicat de la Presse parisienne attribuait à M. Branly une somme de quarante mille francs sur les cent mille qu’un généreux donateur, M. Osiris, avait mis à sa disposition,

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pour le récompenser de ses belles découvertes en électricité. Dans le cours de la meme année, lors de la session triennale de l’Association internationale des Académies à Londres, M. de Lapparent, qui était un des délégués de F Académie des Sciences de Paris, fut choisi pour occuper l’un des postes de secrétaire aux Assemblées plénières comme à celles de la section des Sciences proprement dites. Il participa en cette qualité aux fêtes très brillantes qui marquèrent cette réunion : banquet de la Société Royale de Londres, réception au château de Windsor par le roi et la reine d’Angleterre, soirée à l’Uni versité de Londres, fêtes universitaires à Cambridge. Au banquet du Lord Maire à Mansion-House, il eut l’honneur de remercier au nom des Français.

Si l’importance d’une école se mesurait uniquement au mérite des maîtres et à la valeur de l’enseignement, l’Ecole des sciences de l’Institut catholique devrait être classée au premier rang. Pourtant, au point de vue numérique, il faut convenir que cette Ecole ne compta jamais, depuis la fondation de l’Université libre, qu’un nombre fort restreint d’étudiants. La moyenne annuelle des dix dernières années ne s’est guère élevée, en effet, au delà d’une cinquantaine. Le développement de l’enseignement scientifique, aujourd’hui en progrès constant dans les séminaires et les collèges libres, tend, il est vrai, à faire augmenter peu à peu cette moyenne. Mais par suite d’un trop long engourdissement ou du manque de pratique de la liberté, à laquelle nos mœurs ne sont pas encore assez faites, l’accroissement du nombre des étudiants reste toujours au-dessous des vrais besoins de l’enseignement libre.

Au 1er janvier 1907, l’Ecole comptait déjà, parmi ses anciens élèves, 9 docteurs, 1 agrégé de sciences et 290 licenciés.

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