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CHAPITRE XII

Extensions universitaires.

Enseignements annexes pour le public : Conférences, cours publics et libres sur la religion, la philosophie, l’histoire, les langues, la musique, l’agriculture et les questions sociales. — Cours d’enseignement supérieur pour les jeunes filles. — Congrès scientifiques internationaux des catholiques.

Les divers genres d’enseignement que nous venons de parcourir constituent la vie intime de l’Institut; ils s’adressent à un personnel d’étudiants régulièrement immatriculés, qu’ils forment à la science par de sévères méthodes et qu’ils conduisent pour la plupart aux grades académiques. C’est le premier et principal but que les évêques s’étaient proposé en fondant une Université libre. Pendant les vingt premières années de son existence, l’Institut n'en poursuivit pas d’autre, et il ne le pouvait guère sans s’exposer à une dispersion de forces prématurée et à un affaiblissement dangereux pour sa prospérité.

Mais il arriva peu à peu, comme on pouvait le prévoir, qu’un public, en quête d’éclaircissements sur les problèmes qui agitent l’opinion, des âmes religieuses troublées par les attaques dont la foi est l’objet sous leurs yeux, des pères et mères de famille à la recherche d’un complément de culture intellectuelle et morale pour leurs jeunes filles, des hommes déjà sortis du cours de leurs études et avides de descendre dans l’arène où se

l’institut catholique de paris

débattent des questions brûlantes, vinrent frapper avec confiance à la porte d’un établissement d’enseignement supérieur dont la réputation était arrivée jusqu’à eux. « Pourquoi, dirent-ils, une Université catholique, sinon pour offrir un foyer intellectuel et moral où chacun puisse venir, à son aise, s’éclairer et se réchauffer au contact de la vérité et du bien? La vôtre, placée au cœur de la capitale, n’aurait-elle rien à dire sur tant de problèmes qui passionnent l’opinion? Aux idées malsaines qui infectent l’atmosphère sociale n’en auraitelle pas de plus saines à opposer? Ne pourrait-elle pas accueillir le public dans ses amphithéâtres, afin de l’instruire, de le guider et d’acquérir ainsi une plus sérieuse influence sur la société contemporaine? »

Ces désirs souvent renouvelés étaient trop légitimes pour qu’on y restât longtemps insensible et qu’on ne tentât pas de leur donner satisfaction. Le public venait avec confiance à l’Université ; l’Université devait répondre à sa confiance par des actes. D’ailleurs elle ne pouvait oublier que sa vie repose sur la générosité des fidèles catholiques, auxquels elle demande chaque année de nouveaux sacrifices. Elle se considéra donc comme tenue de payer sa dette à la société en la faisant entrer en partage de la science de ses maitres ; et c’est ainsi qu’elle fut amenée à chercher les moyens de constituer, autour de ses cours fermés, un enseignement extérieur auquel elle admettrait le public. Sans doute cet enseignement n’offrirait pas toujours la profondeur du premier et il n’aurait point la sanction des grades académiques ; mais il répondrait à d’autres besoins, il attirerait d’autres catégories d’esprits, il mettrait l’Université catholique en contact avec des milieux qui l’avaient jusque-là ignorée et il répandrait à pleines mains la semence de doctrines salutaires.

EXTENSIONS UNIVERSITAIRES

Déjà M. l’abbé Conil avait entrevu l’utilité de cette orientation et il avait, dès les débuts, émis l’idée « d’ouvrir des conférences publiques, qui seraient faites gratuitement par des hommes éminents et qui ajouteraient à l’organisation scolaire de l’Université l’éclat qui lui manquait encore ». L’idée était juste; toutefois le temps n’était pas x^enu de la réaliser.

Mgr d’Hulst la reprit à son compte en prenant possession de sa charge, et il était homme à la faire réussir (1). Mais la mutilation que subit alors l’Université libre et le long affaiblissement qui en fut la suite, en retardèrent pour longtemps encore l’exécution.

Ce ne fut qu’au mois de février 1895 que les premières conférences publiques furent inaugurées. Elles eurent lieu dans la salle du rez-de-chaussée du bâtiment construit l’année précédente sur la rue d’Assas. Elles furent faites par quelques-uns des professeurs et par de savants amis de l’Institut, le R. P. Gardet, M. Louchet et M. le comte de Luçay, qui lui accordèrent gracieusement leur concours.

Depuis lors, cette heureuse institution a pris une extension toujours croissante, et maintenant elle présente chaque année une série variant de vingt-cinq à trenie conférences. Elle a procuré à d’éminents professeurs, à de spirituels causeurs, à des savants de profession, à des orateurs de marque l’occasion de développer leurs idées originales sur la religion, la philosophie, l’histoire, la littérature, d’exposer leurs découvertes scientifiques, de raconter leurs impressions de voyage et souvent de faire applaudir leur talent. Citons, au hasard de la plume, parmi les professeurs de l’Institut, MM. Alix, Charles Chobert, de Lapparent, Terrât, Baudrillart, Bureau, de

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