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Procès-verbal delà réunion du 11 août

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tantôt colle d’une simple École privée, donnant l’enseignement purement théorique, sans dissection ni clinique. Mais chaque lois qu’il croyaient le saisir, le projet glissait entre leurs mains ; à mesure qu’ils tentaient de s’approcher du but poursuivi, il fuyait devant eux comme un mirage, et chaque nouvelle étude faisait apparaître des difficultés jusque-là inaperçues.

Après quelques années de tâtonnement infructueux, les fondateurs de l’Université demeurèrent convaincus de l’impossibilité, faute de ressources suffisantes, de réaliser, pour le présent, l’idée qui avait été l’inspiratrice de la revendication de la liberté d’enseignement.

Mais s’ils renoncèrent à la réalisation immédiate de ce grand projet, ils n’en abandonnèrent jamais l’espérance et s’occupèrent sans cesse des moyens d’en assurer le succès pour une époque ultérieure.

Le 25 janvier 1877, ils avaient décidé la constitution d’un comité spécial, chargé de poursuivre l’étude de la question. Un instant, ce comité eut de magnifiques espérances. Des libéralités extraordinaires en perspective allaient lui permettre de commencer tout à la fois un hôpital et une Faculté.

Bientôt la vision s’évanouit et le comité, réduit à ses seules ressources, se décida à procéder méthodiquement et à concentrer d’abord toutes ses vues sur la création d’un hôpital ; car aussi longtemps qu’il n’aurait pas à son service un hôpital indépendant, l’enseignement libre de la médecine devait être tenu pour impossible à Paris.

« Un jour, raconte le docteur Le Bec, en juillet 1878,. Mgr d’Hulst apprit que 20.000 mètres de terrain étaient à vendre dans le quartier de Plaisance. Aussitôt il réunit douze hommes de bonne volonté, je pourrais dire douze apôtres. Je n’ai pas besoin, Messieurs, de vous les

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nommer, ce sont ceux qui sont toujours à la tête des grandes œuvres de la charité à Paris.

« La réunion eut lieu dans son cabinet. Il leur exposa une excellente affaire. Il s’agissait de trouver

360.000 francs. Alors que d’autres doutaient encore, séance tenante ils les votèrent ; c’était pour chacun d’eux

30.000 francs qu’ils mettaient dans une spéculation de terrains, spéculation dont Dieu se charge de payer les dividendes. Ainsi fut constituée la Société civile immobilière qui acheta les terrains.

« En juin 1879, on pensa qu’il était sage d’introduire un rouage nouveau. On créa la Société anonyme hospitalière, dont le rôle était de prendre à bail les terrains et d’y construire des bâtiments.

« Cette complication de contrats parut une garantie de plus contre l’éviction toujours possible, toujours à craindre dans nos temps troublés.

« En 1880, une occasion s’offrit, permettant d’acheter encore 26.000 mètres à des conditions avantageuses. Le terrain fut doublé et il atteint maintenant quatre hectares et demi, ce qui est énorme pour Paris.

« Au mois de juillet de la même année, le plan de l’hôpital fut commencé ; en octobre 1881, le chantier fut oiwert, et au 15 janvier 1885, le petit hôpital était terminé (1). »

Le plan général de la construction comporte en effet deux parties ; le grand hôpital dont les douze pavillons comprendront neuf cent cinquante lits, et un petit hôpital, réservé aux contagieux, composé de quatre pavillons, des logements du personnel et d’une petite chapelle.

Par raison d’économie on avait commencé par le petit hôpital.

1. Dr Le Bec, Rapport lu à la séance solennelle de rentrée de l'Institut catholique le 25 novembre 1896.

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Pour subvenir aux dépenses obligatoires entraînées par l’admission des malades, on reconnut qu’il fallait avoir recours à une nouvelle forme de la charité chrétienne. C’est aux dames, aux mères de famille que Mgr d’Hulst alla s’adresser; c’est alors que prit naissance le Comité de Notre-Dame de Consolation , présidé par Mme la duchesse d’Estissac (1).

Le comité fit appel à toutes les générosités et recueillit annuellement les fonds nécessaires à l’entretien de l’hqpital. Il créa l’œuvre du Son des malades , qui s’adresse particulièrement aux familles de condition modeste, et qui consiste à verser un sou par semaine.

La direction de l’hôpital fut confiée aux Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul.

Dès que les salles furent prêtes, le docteur Tison, ancien professeur de botanique à l’Institut catholique, mit au service de l’œuvre son nom, son titre et son dévouement ; il prit sur lui la responsabilité légale de la maison, fit les déclarations nécessaires et obtint toutes les autorisations que de droit.

L’idée d’un grand hôpital libre et chrétien trouvait à ce moment faveur près de la population parisienne, irritée contre la laïcisation des hôpitaux de la ville. Aussi le but charitable qui frappait les yeux et parlait aux cœurs prit vite le pas sur le but scientifique.

Mais le cardinal Guibert, dont la sagesse n’était jamais en défaut, avait eu soin de rappeler et de consacrer en quelque sorte l’idée inspiratrice de l’œuvre, et, dans une lettre publique, au mois de décembre 1878, il

1. Mgr d’Hulst, Rapport aux évêques, du 19 novembre 1884. Mme la duchesse d’Estissac-La Rochefoucauld, née de Ségur, mourut en septembre 1905, et fut remplacée à la tête du Comité de Kotre- Dame de Consolation, par sa belle-fille, Mme la duchesse d’Estissac- La Rochefoucauld, née de Rochechouart-Mortemart.

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avait expressément rattaché à l’Université catholique l’hôpital Saint-Joseph en préparation .

« Ce qui rend cette fondation, disait-il, particulièrement opportune, c’est la relation qui s’établit naturellement entre elle et cette autre œuvre si nécessaire et si difficile : l’adjonction d’une école de médecine à notre Université catholique. L’existence d’un hôpital est la condition posée par la loi à l’ouverture d’une semblable école. En même temps donc que votre Société jette les fondements d’une œuvre éminemment charitable et chrétienne, elle fraye la voie à une entreprise, qui, faute de cet indispensable préliminaire, ne pourrait même pas être tentée (1). »

Chaque année, à l’époque de l’assemblée générale de l’œuvre de l’hôpital Saint-Joseph, les orateurs distingués qui sont invités à prendre la parole ont presque toujours eu soin d’exposer, en termes explicites, cette pensée essentielle des fondateurs, de faire de l’hôpital le théâtre d’une Faculté ou d’une Ecole de médecine, en Ame de compléter le groupe d’enseignement supérieur de l’Institut catholique.

Il est vrai de dire que cet enseignement médical a déjà commencé, mais peu à peu, sans caractère officiel, et sans qu’on puisse lui assigner d’acte de naissance. Il est intéressant de suivre les développements imperceptibles et continus de cette petite semence, qui, un jour, deviendra un grand arbre et abritera à son ombre de savantes générations de médecins.

« Depuis 1885, écrivait Mgr d’Hulst, des milliers de malades ont été soustraits par les soins de nos Sœurs et de nos dames aux conséquences de la laïcisation.

« La science a suivi. Un enseignement clinique a

1. Paguelle de Follenay, Vie du cardinal Guiberl, t. II, p. 635.

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commencé il y a quelques semaines, et groupe déjà, autour de notre habile chirurgien, des étudiants et même des médecins en exercice, désireux de mettre à profit le nouveau champ d’expérience ouvert sous leurs yeux.

« En même temps, les conférences d’étudiants en médecine, instituées depuis longtemps au cercle catholique du Luxembourg et ailleurs, voient grossir chaque jour le nombre de leurs membres, qui approche maintenant de trois cents (1). »

Ajoutons que des conférences du même genre avaient lieu à l’Institut. La dispersion des PP. Jésuites, opérée par les décrets de 1880, avait fait chercher à leur œuvre de jeunesse un refuge dans les bâtiments de l’Institut catholique, et la conférence d’étudiants en médecine, qui en faisaient partie, continuait à s’y développer librement.

Aux services de médecine et de chirurgie qui fonctionnaient dès l’origine à l’hôpital, s’ajoutèrent successivement un service spécial de maladies d’enfants, un d’orthopédie, un d’ophtalmologie, un d’otologie, un pour les affections du nez, du larynx et des oreilles, un pour les voies urinaires, un pour les maladies nerveuses et un laboratoire de bactériologie.

Les docteurs qui y ont exercé leur art depuis l’origine ou qui sont encore en exercice sont :

Pour la médecine : MM. les docteurs Tison, Leroux, Mérigot de Treigny et Meslay.

Pour la chirurgie :

Adultes : MM. les docteurs Le Bec, Noël Hallé et May et.

Adultes et enfants : M. le docteur Monnier.

1. Mgr d’Hulst, Rapport à la. séance solennelle de rentrée de l’Institut catholique, du 19 novembre 1890.

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Maladies des yeux : M. le docteur Kopff; précédemment les docteurs Yalude et Bourgon.

Maladies des oreilles, du nez et de la gorge : M. le docteur Henri Chatellier.

Maladies des voies urinaires : M. le docteur Genouville.

Maladies nerveuses : M. le docteur Berbez.

Chirurgie dentaire : M. Montfort.

Laboratoire : M. le docteur Lorrain.

Il se fait à l’hôpital, depuis le mois de novembre 1890, des cours exclusivement pratiques et cliniques, où les élèves sont exercés à l’examen et aux soins des malades. Les traitements médicaux et chirurgicaux sont appliqués avec leur aide sous les yeux du chef de service. Tous les ans un concours y est ouvert pour l’internat. De son côté, l’Institut s’occupe d’organiser des conférences sur la déontologie ou les devoirs du médecin.

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