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Séance du Conseil rectoral, 28 octobre

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pour vivre au milieu des pensionnaires. Il n’y eut qu’une voix parmi les amis de l’Institut pour louer cette entreprise, et les familles chrétiennes en témoignèrent hautement leur satisfaction. Les liens qui unissaient déjà les élèAms se resserrèrent d’autant, et l’esprit de corps, si désirable dans une Université, continua à se développer. Aussi à peine s’était-il écoulé une année depuis l’ouverture de la maison de famille, que les étudiants demandèrent à se réunir de temps à autre dans un punch fraternel.

L’idée était trop heureuse pour n’être pas mise tout de suite à exécution. Depuis 1893, les étudiants de toutes catégories se réunissent donc quatre ou cinq fois l’an, et fraternisent dans de joyeuses soirées auxquelles les professeurs et quelques amis du dehors se font un plaisir de prendre part.

En attendant que leur union prît une forme plus concrète encore et plus indépendante, les étudiants de l’Institut continuaient à être encouragés par leurs maîtres à s’affilier aux groupes de jeunesse établis tout autour d’eux.

La plupart des élèves, surtout ceux qui ne vivaient pas en famille, fréquentaient donc ou le Cercle catholique du Luxembourg , cette admirable création de M. Beluze, qui a rendu, depuis un demi-siècle, de si précieux services à la jeunesse française; ou l’Œuvre de Notre-Dame des Etudiants , fondée dans l’église paroissiale de Saint-Sulpice ; ou les Conférences Olivaint et Laënnec , reportées, depuis 1891, dans la rue des Saints- Pères; ou enfin le groupe nouveau, créé, en 1895, par les PP. Maristes de la rue de Vaugirard, sous les noms de Réunion des Etudiants ou de Conférence Saint-Paul et Saint-Thomas.

L’Institut se faisait un devoir de recommander à ses propres élèves ces excellentes associations, assuré qu’ils

y trouveraient des ressources de choix pour le développement de leur intelligence et surtout pour la conservation de leur piété et de leurs mœurs, et que les familles chrétiennes recevraient ainsi, grâce au concours de ces œuvres, les garanties que l’Institut ne pouvait encore leur offrir par lui-même.

A mesure qu’ils appréciaient les avantages du groupement, et que le sentiment de l’association se déAœloppait en eux, les étudiants commencèrent à s’apercevoir qu’en cherchant au dehors leurs récréations et les éléments de leur vie morale, ils s’écartaient de leur centre naturel, et ils se prirent à regretter d’être restés jusqu’alors trop étrangers les uns aux autres.

Faute de réunions communes, faute de local pour se rencontrer, ils se connaissaient à peine; les ecclésiastiques vivaient à l’écart des laïques et les rapports d’amitié s’établissaient difficilement entre eux.

Outre que cet isolement, en mettant obstacle au développement de l’esprit de corps, enlevait ses charmes à la vie commune, il empêchait de nouer sur les bancs de l’Université ces cordiales relations, faites de droiture et de sincérité, qui laissent au cœur de si doux soiwenirs et qui deviennent, plus tard, si utiles sur le chemin de la vie.

Ils se décidèrent donc à s’unir de plus près, et, en 1897, dociles aux conseils de leurs maîtres, ils formaient entre eux Y Association amicale des Etudiants.

Cette Association comprend indistinctement tous les étudiants de bonne volonté, laïcs et ecclésiastiques, inscrits à la théologie, au droit, aux lettres et aux sciences. Elle possède à sa tête un Comité de direction, dont le président est élu en assemblée générale.

Elle s’est donné la mission de développer au sein des étudiants la vie universitaire, en créant entre tous un esprit de bonne camaraderie et d’étroite solidarité, de

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représenter l’Institut catholique dans les manifestations extérieures où la religion et l’enseignement ont une place marquée, cle préparer les fêtes religieuses et les réunions publiques de l’Institut et d’en rehausser l’éclat ; enfin, de se tenir en rapports suivis avec l’Association amicale des anciens élèves. Elle alimente les réunions, qui ont lieu une fois le mois, ou plus souvent, suivant les circonstances, par la discussion de quelque sujet d’actualité. La chorale qu’elle a fondée se charge de la partie musicale de l’Institut. Son drapeau, sur lequel elle a inscrit la belle devise : Dieu , liberté , patrie , sert de point de ralliement pour les jours de démonstration extérieure.

Un sol aussi bien préparé offre désormais un excellent terrain de culture à toutes les œuvres de piété et de zèle destinées à nourrir la vie religieuse et morale et à préparer la jeunesse aux grands devoirs de la vie sociale.

Se sentant devenir plus forte, la jeune Association a commencé à vroler de ses ailes et à prendre d’heureuses initiatives. En 1904, elle envoyait une délégation à Rome, avec la Jeunesse catholique, pour dire au Souverain Pontife son amour et son dévouement. L’année suivante, c’était un autre groupe, fort nombreux, qui allait prendre part aux fêtes organisées à Bruxelles par les étudiants catholiques belges. Puis une première et une seconde fois, elle célébrait avec solennité, au retour du printemps, la fête éminemment patriotique de Jeanne d’Arc, à laquelle elle conviait les étudiants des universités et des collèges libres, et où elle avait l’art d’attirer un évêque, Mgr Touchet , et un député de Paris , M. Charles Benoist (1 ) . Enfin, entraînée par l’esprit d’apostolat, elle envoie ses

1. Jeanne d’Arc à V Institut catholique, 1904;— L’Enseignement libre à Jeanne d’Arc, 1905.

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missionnaires dans les divers collèges catholiques, et travaille à entraîner les plus jeunes dans son sillage, afin d’en faire avec le temps de vaillants défenseurs de la religion et de l’ordre social.

Parallèlement au progrès de l’association universitaire, s’avance, depuis quelques années, le progrès des œuvres pieuses et charitables.

La piété d’un certain nombre de jeunes laïques, qui faisaient partie de la Congrégation du P. Hubin, leur fit d’abord accepter deux nuits pendant le triduum de l’Adoration perpétuelle déjà en usage à l’Institut. Un peu plus tard, quand fut inaugurée l’adoration du premier vendredi du mois, ils voulurent s’inscrire pour leur demiheure de garde (1).

En 1897, les plus fervents commencèrent à passer chaque année une nuit au pied du Saint Sacrement, dans la basilique du Sacré-Cœur, à Montmartre.

La Conférence de Saint-Vincent de Paul, qui avait, suspendu ses séances, après un essai infructueux, se rouvrit en 1896, sous l’impulsion de M. le vice-recteur Paguelle de Follenay; depuis lors, elle n’a cessé de fleurir et compte aujourd’hui environ cinquante membres actifs, qui se réunissent exactement, AÛsitent les pauvres à domicile et leur portent, avec l’aumône matérielle, la bonne parole qui réjouit et réconforte.

Les étudiants les plus zélés et qui disposent de quelques loisirs, vont prêter main forte, les dimanches et parfois en semaine, aux directeurs de plusieurs patronages de la capitale et de la banlieue : au patronage Olier, à ceux des Malmaisons, de la Maison-Blanche, de Nazareth, de Saint-Ouen, de Saint-Georges, de Saint-Pierre de Ménilmontant, de Saint-Louis de Plaisance, de Mala-

1. Cette pratique de dévotion fut inaugurée à l’Institut catholique le 1er vendredi d’août 1889.

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koff, aux œuvres populaires du Marais et à plusieurs autres groupes du même genre .

Ils sont aussi les auxiliaires des membres de Y Œuvre si intéressante des Ramoneurs , connue dans toute la capitale. Cette œuvre doit son existence à la charité du ATénérable Bénigne Joly, qui, vers 1666, aidé de son ami, le jeune de Villers, réunissait de pauvres artisans et surtout des savoyards pour leur apprendre le catéchisme. Après des fortunes diverses, cette œuvre réorganisée en 1816 par l’abbé Legris-Duval fut transportée, en 1854, dans l’ancien couvent des Carmes, aujourd’hui l’Institut catholique, où elle continue à vivre. Bien qu’il n’existe plus aujourd’hui de petits ramoneurs venus de la SaAmie, l’œuvre a néanmoins conservé son nom traditionnel et recrute ses adeptes parmi les jeunes garçons de Paris dont l’instruction religieuse a été le plus délaissée. Ces enfants sont réunis et catéchisés plusieurs fois la semaine par de fervents laïques, sous la direction du vice-recteur, et avec le concours de quelques étudiants laïques et de quelques ecclésiastiques du séminaire des Carmes, qui les préparent à leur première communion.

Cette cérémonie s’accomplit chaque année dans la chapelle des Carmes, le lundi de la Pentecôte, au milieu d’un nombreux concours de parents. Les bienfaiteurs de l’œuvre se chargent, ce jour-là, des frais du festin. Quel touchant spectacle de voir la franche gaieté, la reconnaissance, le bonheur qui éclatent sur les visages et dans les paroles de ces petits déshérités du monde, que la religion a traités aAœc une si maternelle tendresse !

Toujours en quête de quelque bien à faire, certains étudiants s’émurent encore de l’abandon moral où vivent la plupart des jeunes employés de l'alimentation, si nombreux dans Paris, et auxquels leurs occupations prof es-

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sionnelles enlèvent tout moyen de sanctifier le dimanche et de remplir leurs devoirs religieux.

En 1899, plusieurs d’entre eux fondèrent X Œuvre des Marmitons , afin de s’occuper des jeunes employés de l’alimentation, qui sont condamnés au travail fêtes et dimanches, et grandissent en dehors de toute instruction religieuse et de toute pratique de culte. Soutenus par un zèle admirable et appuyés sur un comité de Dames patronnesses, ils groupent, plusieurs fois par semaine, ces jeunes employés, et les intéressent par de saines et joyeuses distractions, en même temps qu’un prêtre, attaché à l’Œuvre, sous le nom d’aumônier, les instruit par quelques leçons de religion et de morale. Mis au courant de la déplorable situation morale faite à cette catégorie d’ouvriers, le cardinal Richard n’hésita pas à leur accorder la faveur d’une messe à minuit pour leur rendre possible l’accomplissement du devoir pascal. Après quatre années d’efforts déjà fructueux, les étudiants, se sentant trop à l’étroit dans les murs de l’Institut, créèrent une succursale sur la rive droite de la Seine, où leur zèle groupe d’autres auxiliaires et s’exerce sur un champ plus vaste. Combien n’est-il pas à souhaiter que ces succursales se multiplient pour porter secours aux vingt mille marmitons de Paris, privés de tout secours religieux !

C’est par toutes ces cernées de foi et de charité que les étudiants de l’Institut catholique entretiennent et développent en eux la AÛe morale et se préparent à remplir un rôle utile au sein de la société.

Ces œuvres ont un caractère de pure spontanéité. Si les maitres encouragent les élèves à y prendre part, ils leur laissent, à cet égard, la plus complète liberté, estimant que cette liberté en fait, tout à la fois, le charme et le prix.

Ils y voient, d’ailleurs, moins un service actuellement

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rendu aux pauvres cpii en sont les bénéficiaires, qu’une préparation à en rendre de plus grands et do plus durables dans l’avenir, et surtout un complément d’éducation morale pour les jeunes gens qui leur sont confiés.

Loin que les heures consacrées h ces œuvres fassent tort aux progrès des études, elles leur sont bien plutôt favorables. Elles apportent une heureuse diversion à la continuelle tension do l'esprit, elles tiennent l’étudiant éloigné des tentations dangereuses, donnent satisfaction à son activité naturelle, à son besoin d’aimer et de se dévouer, et, en lui mettant la joie au cœur, elles le préparent à reprendre, avec une nouvelle ardeur, son travail un moment interrompu.

Aussi, les succès des élèves de l’Institut catholique, dans les examens publics, ont-ils toujours été remarquables. Ils ont donné satisfaction aux désirs de leurs familles, ils ont fait honneur à leurs maîtres et impressionné favorablement l’opinion publique. Car bien que les circonstances au milieu desquelles se sont fondées les Unreersités catholiques n’aient cessé d’entraver le jeu de la liberté, les familles chrétiennes ont témoigné, par leur persévérance, en quelle estime elles les tiennent, et laissé entrevoir aAœc quel empressement elles leur confieront leurs fils, le jour où elles ne seront plus menacées, comme elles le sont aujourd’hui, dans leurs intérêts les plus légitimes.

Le nombre des étudiants ecclésiastiques qui viennent à l’Institut catholique se préparer au professorat des séminaires et des collèges libres, ou qui s’adonnent aux études plus spéculatives de la théologie, du droit canonique et de la philosophie, a suivi une progression ascendante ininterrompue, s’accroissant chaque année de quelques unités. L’amour des hautes études, qui va grandissant dans le jeune clergé, et les besoins toujours plus nom-

breux du personnel enseignant, assurent, de ce côté, à l’Institut, un recrutement régulier et lui ouvrent de brillantes perspectives sur l’avenir.

Le nombre des étudiants laïques qui s’adonnent aux sciences, aux lettres et surtout au droit, a subi beaucoup plus de A^ariations, reflétant assez fidèlement les fluctuations des événements politiques, s’élevant ou diminuant summt le degré de libéralisme de la législation et de la jurisprudence administrative .

Dans leur totalité, les inscriptions des étudiants de F Université catholique se sont tenues, depuis une quinzaine d'années, à une moyenne annuelle d’environ six cents ; elles ont rarement dépassé sept cents.

Les succès académiques remportés par eux jusqu’à la date du mois de juillet 1907, c’est-à-dire pendant trentedeux années d’exercice, soit devant les Facultés canoniques pour la théologie , le droit canonique et la philosophie , soit devant les jurys d’Etat pour les lettres, les sciences et le droit, se répartissent de la manière suivante :

Bacheliers. .

Licenciés . .

Théologie

Droit canonique

Philosophie scolastique. . . .

droit

Théologie

Droit canonique

Philosophie scolastique. . . .

Droit

f Lettres A

Lettres. ™l0S0phie- ' ■

J Histoire . . . . 1

[ Langues vivantes ;

Sciences

Diplômes de langues sémitiques 4

Diplômes d’études supérieures 10

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Agrégés . .

Docteurs .

i Droit 1 \

< Lettres 3G >

( Sciences 1 )

/ Théologie 29 \

l Droit canonique 13 J

J Philosophie scolastique. ... 8 f

j Droit 185 f

I Lettres 32 \

\ Sciences 10 y

Aujourd’hui, ces lauréats sont répandus dans la France entière, où ils occupent des situations honorables, quelques-unes même très importantes. Ils sont, en général, restés fidèles aux principes qu’ils ont puisés à l’Institut, ils font honneur à leurs anciens maîtres et travaillent activement à maintenir les saines doctrines au cœur de la nation française.

L’atmosphère de religion et de pureté créée autour d’eux parmi enseignement irréprochable et parleur participation aux œuvres chrétiennes, a inspiré à un grand nombre l’ambition de s’élever plus haut dans les voies de la perfection. Il est peu d’années où ne se révèle parmi eux quelque vocation supérieure. Pendant la période de trente-deux ans dont nous venons de retracer l’histoire, il ne serait pas difficile de citer les noms de plus de soixante étudiants laïques de l’Institut qui sont entrés dans le sacerdoce séculier ou dans la vie religieuse.

Dans les derniers jours de décembre 1905, ils firent une manifestation spontanée de leur foi, qui indique mieux que tout commentaire la nature et l’élévation des sentiments qui les animent. La loi sur la séparation de l’Église et de l’État venait d’être promulguée (11 décembre). Émus par cet acte d’apostasie officielle, ils éprouvent le besoin de s’unir et de manifester leur foi et leur attachement à l’Église ; et, sur le signal de leur pré-

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sident, Couvrat-Desvergnes, ils descendent tous ensemble à la crypte de la chapelle de l’Institut ; c’est là que reposent les ossements sacrés des martyrs de septembre. De ces vieux murs, plaqués de marbres où se lisent les noms des héros, de ces pierres qu’a cimentées le sang des forts, une prédication muette se dégage.

Quelques instants se passent, à genoux, dans une méditation bienfaisante pour l’âme.

Alors, au milieu d’un religieux silence, un étudiant, vice-président de l’Association, l’abbé Pouchard, se lève, et, simplement, avec un accent de foi éloquente qui pénètre et émeut profondément ses auditeurs, il parle :

« Mes chers amis,

« L'heure grave, appréhendée de tous, a sonné pour l’Église de France. Des mains fiévreuses ont fait crouler l’édifice vénérable qui avait abrité, durant tant de siècles, la foi de nos pères. Nous ne sommes point résignés à laisser coucher dehors nos âmes et celles des nôtres. Il s’agit de construire un nouvel abri. Et c’est pour dire à tous que nous sommes prêts à consacrer nos forces a cette tâche, à nous en faire les ouvriers humbles et dévoués, que nous sommes venus ici aujourd’hui. Nous avons voulu que nos chefs, ceux qui seront les architectes et les maîtres de l’œuvre, sachent qu’ils peuvent compter sur la collaboration passionnée des jeunes, tous déjà occupés, dans l’obscur travail de la formation personnelle, à se sculpter et à se polir pour devenir les moellons vivants de la future Église. C’est afin de donner à cette affirmation un caractère de simplicité et de fermeté que nous avons choisi ce lieu pour en être témoin. Ici, vraiment. les pierres parlent. Des os de martyrs composent les murs de cette crypte, ici gisent les cendres d’Ozanam, ici Lacordaire se livra à ses pénitences solitaires.

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« Nous sommes venus prendre contact avec ces morts pour une résolution de vie, nous sommes venus écouter la leçon de virilité et d’espérance qu’ils nous donnent. Les prêtres qu’abattirent ici les piques des bourreaux, aux massacres de septembre, ne sont tombés que pour avoir estimé qu’il y a des raisons de vivre préférables à la vie et qu’on n’est pas digne du nom d’homme, si l’on ne donne de sa foi tous les témoignages que les temps exigent. Leçon d’espérance aussi, si l’exemple de ces héros a prouvé que les causes ne meurent pas pour lesquelles on sait mourir. Nous Aboulons vivre pour la nôtre. L’aATenir est ce qu’on le fait ; nous sommes décidés à tous les sacrifices pour le faire grand.

« Vous irez, Monseigneur le Recteur, vous irez transmettre au vénérable Cardinal ArcheA^èque de Paris rengagement que nous allons prendre. Nous n’avons pas eu d’autre motif de Amus inviter à assister à cette manifestation spontanée des étudiants de l’Institut catholique, qui doit garder son caractère de spontanéité absolue.

« Et maintenant, mes amis, du fond de cette obscure crypte, fixant nos regards sur les demains lumineux de notre action virile, en présence de ces reliques sacrées dont l’àme survit en notre âme, avec l’enthousiasme réfléchi de gens convaincus que ceux-là peuvent compter sur Dieu, sur lesquels Dieu peut compter, chantons le Credo pour lequel nos martyrs sont morts. Nous avons le droit de le chanter, voulant le Advre. »

Et soudain, en effet, de toutes ces poitrines de jeunes hommes, le Adeux Credo s’échappe comme un cri spontané, le Credo que chantaient les victimes des Carmes et qu’une persécution plus habile voudrait leur faire renier aujourd’hui. Et tandis que sous les voûtes vibrent encore ses derniers échos, le Recteur, d’une Aroix émue, féhcite

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et remercie les étudiants de la joie qu’ils lui ont donnée : « Ce jour restera, dit-il , l’un des plus doux souvenirs de ma vie. »

Deux mois à peine s’étaient écoulés, lorsqu’au mois de février 1906, à l’occasion des inventaires , fit explosion un mouvement spontané de résistance provoqué par la loi de séparation ; c’est alors que quelques-uns d’entre eux méritèrent de voir leurs noms inscrits au livre d’or de la défense des églises catholiques.

Au premier bruit des attentats qui se préparaient, ils s’étaient portés nombreux, à titre indhdduel, sur les dreers théâtres de Paris et des environs, où devait avoir lieu le crochetage des églises, et aA^aient pris une part active aux manifestations et aux protestations des fidèles contre des opérations sacrilèges, qui étaient le prélude manifeste de la spoliation . La plupart sortirent indemnes de ces échauffourées ; mais quelques-uns y reçurent de mauvais traitements et de graves blessures, d’autres furent ensuite condamnés à des peines aussi excessives qu’injustes par des juges affolés et sendles. Leurs noms méritent d’être relatés avec honneur dans cette histoire.

Stanislas Courbe, arrêté à Saint-Pierre du Gros-Caillou, passa une nuit au dépôt; Gabriel de Lassus, fut très dangereusement blessé à Sainte-Ciotilde ; Pierre Maître, arrêté à l’assaut de l’église cathédrale de Versailles, fut condamné à six mois de prison ; René d’Aubeigné, ensanglanté et arrêté à Saint-Thomas d’Aquin, se vit infliger quatre mois de prison ; Robert d’Harcourt, arrêté à l’attaque de Saint-Pierre du Gros-Caillou, fut également condamné à six mois de prison, mais avec sursis.

Ces jeunes étudiants subirent fièrement ces peines encourues pour la défense du droit, et quand ils reparurent au milieu de leurs condisciples, grandis par l’épreuA^e, ils furent l’objet d’une ovation bien méritée.

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