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VI NOTICE SUR LA VIE ET LES OUVRAGES

jeté quelque éclat (^).CharlesduCaurroy de laCroix,sonpôre, avocat au parlement de Paris et lieutenant du bailliage d'Eu, avaitlui-même acquis unecertaine réputation comme jurisconsulte, notamment par sa collaboration au Répertoire de Jurisprudence. Les événements politiques ayant interrompu sa carrière, il résolut de consacrer ses loisirs à l'éducation de son jeune fils. Le système qu'il adopta, dans ce but, se ressentit un peu des théories de VÉmile, encore en vogue à cette époque. Le travail sédentaire y tenait peu de place; les leçons se donnaient le plus souvent au milieu de causeries familières, dans le cours de longues promenades, où chaque objet nouveau provoquait une question nouvelle et amenait une réponse instructive. Telles étaient dès lors la vivacité de son intelligence et la sûreté de sa mémoire, qu'à l'âge de douze ans et demi M. Du Caurroy se trouvait avoir acquis, de cette manière, des notions assez étendues sur la géographie , la botanique , la physique et les mathématiques élémentaires.

A cette époque, un grand changement dut s'opérer dans son existence. Son père venait d'être appelé à remplir des

(>) Nous citerons seulement :

C. Du Caurroy, capitaine de Gerberoy, en 1368, lors des guerres contre les Anglais.

Valentin Du Caurroy , avocat au Parlement de Paris, auteur d'une traduction partielle des œuvres de saint Augustin, imprimée en 1551.

Charles Du Caurroy, lieutenant civil et criminel de l'amirauté de France, dans les dernières années du xvi" siècle.

François Du Caurroy, commandeur de Malte, et son frère Antoine Du Caurroy, maréchal-des-logis de la reine Anne d'Autriche.

Enfin Eustache Du Caurroy, maître de chapelle dos rois Charles IX, Henri III et Henri IV, l'un des premiers compositeurs de son temps et dont les œuvres sont encore appréciées aujourd'hui.

DE iM. Dl CALRROV. VU

fonctions administratives qui ne lui permettaient plus de continuer le rôle de précepteur dont il s'était chargé jusqu'alors. Il fut donc décidé que M. Du Caurroy quitterait la maison paternelle et serait placé dans un des collèges de Paris. Toutefois, une circonstance heureuse adoucit pour lui les regrets de celte séparation. S'il perdait, en s'éloignant de son père, un maître instruit et affectueux, il allait en retrouver un autre non moins dévoué, mais plus sévère, et dont la direction devait exercer sur son esprit la plus salutaire influence.

Il existait alors à Paris, dans l'intérieur de l'ancien collège Louis-le-Grand, une institution spécialement destinée à l'enseignement des langues orientales et qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours sous le nom d'École des jeunes de langues. Le frère aîné de M. Du Caurroy, qui depuis s'est fait un nom comme orientaliste et a mérité les plus honorables distinctions par ses longs services dans les échelles du Levant, venait d'être nommé sous-directeur de cette école. Sa position le mettant en rapports journaliers avec le collège auquel se rattachaient les jeunes de langues, il avait offert d'y placer son jeune frère. C'était, à tous égards, la combinaison la meilleure, et la famille s'était empressée de l'adopter. Conduit à Paris au mois d'octobre 1800, M. Du Caurroy devait donc être mis immédiatement au collège, mais aucune indication précise ne fixant la classe dans laquelle il pourrait entrer. Il eut préalablement à subir une sorte d'examen sommaire qui, nous devons le dire, ne tourna pas entièrement à son honneur . Cette épreuve, en effet, constata dès l'abord que, s'il avait appris déjà beau-

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