SELON PLATON
leurs égaux, à les craindre même; ceux-ci à s'égaler à leurs pères, à ii*avoir ni respect, ni crainte pour eux, parce qu'autrement leur liberté en souffrirait ; qUe les citoyens et les simples babitauts, que les étrangers même aspirent aux mêmes droits.-^G'est ainsi que les choses se passent. — Et pour descendre à de moindres objets , les maîtres , dans cet État, craignent et ménagent leurs disciples ; ceuxci se moquent de leurs maîtres et de leurs gouverneurs* £n général les jeunes gens veulent aller de pair avec les vieillards et leur tenir tête, soit en paroles, soit en actions. Les vieillards, de leur côté, descendent aux manières des jeunes gens et «'étudient à copier leurs façons dans la crainte de passer pour des gens d'un caractère bourru et despotique. — Gela est vrai. — Mais l'abus le plus itflo- ^rable que la liberté intreduise dans ee gouvernement, c^ést que les esclaves de l'un et de l'autre sexe soDt aussi libres que ceux qui les ont achetés. J'allais presque oublier de. dire à quel point dé liberté et d'égalité vont les relations entre les hommes et les fenimes. — N'oublions rien , et , selon Texpression d'Eschyle, disons tout ce qui nous viendra à la bouche. -^ Fort bien. C'est aussi ce que je fais. On aurait peine à croire, à moins de 1 -avoir vu, combien les animaux qui sont à l'usage des hommes sont plus libres que partout ailleurs. De petites chiennes, selon le proverbe, y sont sur le même pied que leurs maîtresses ; les chevaux et les ânes, accoutumés à marcher tête levée et sans se gêner, heuiienttous ceux qui se rencontrent- si on ne leur cède le passage. Enfin tout y jouit d'une pleine et entière liberté. -^ Tu me racontes mon propre songe : je ne vais presque jamais à la ■ campagne que cela ne m'arrive.
— Or, Tois-tu le mal qui résulte de tout cela? Vois-tu eomfbien les citoyens en deviennent ombrageux^ an point