‹ Institutes du droit naturel privé et public et du droit des gensChapitre 115 sur 129 · LA, DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

LA, DÉMOCRATIE

de se soulever , de se révolter à la moiadre appai'ence de contrainte? Us ea vieaaeat à la fia, comEoe ta sais » jusqu'à ne tenir aucun compte des lois écrites ou non écrites, afin de n'avoir absolument aucun maître. — Je le sais. — C'est de cette foripe de gouvernement, si belle et si charmante» que naît la tyrannie, du moins à ce gue je pense. — Charmante, en vérité 1 mais continue de m'en expliquer les effets. — Le, même fléau qui a perdu l'oligarchie prenant de nouvelles forces et 4^ nouveaux accroiasemeiits par la licence générale, pouâse à i'p8cla,vago déqiocratique : car il est vrai de dire qu'on ne p^ut donner dans on excès sans s'exposer k tomber dans un excès contraire. C'est :ce qu'on remarque dans, les .saisons, dans les plantes, «dans nos corps et dans les États, comme ailleurs, --r Cela doit être. -* Ainsi par rapport à un État comme par rapport à un simple particulier, la liberté excessive doit amener tdt ou tard une extrême servitude. «— Gela doit être encore. — Il est donc naturel que la tyranttie ne prenne naissance d'aucun, autre gouvernement que du gouvernement populaire ; c'est-à-dire qu'à la liberté la plus pleine et la plus entière .succède le àe^^-^ polisme le plus absolu et le plus intdénableu — C'est l'ordre mêmei des choseSi-^ Mais oe> n'est pas là ce que tu me demandes. Tu veux savoir quel est ce fléau qui, formé dans l'oligarchie et accru ensuite dans la démocratie, conduit celie-<ci à la tyc»uinie» — Tu as raison.

-- Par ce fléau, j'entends cette foule de gens oisifs, et prodigues, dont les uns, plus couoageux, vont à la tête, et les autres, plus lâches, marchent à la «uite.«-^J(>^ou^ avons comparé les premiers à des firèloos aj^més. d'aiguillons, et les seconds, à des frôlons sans aiguillons. .— * Cette comparaison me parait juste. .**• Ces deux espèces d'hommesiont dans tont ofwps politique les mêmes ravages

SELON PIATON. &M.

que le flegme et la bile dans le corps humain. Le sage Idgislateur, en habile médeciu de FÉtat, prendra à leur égard les mêmes précantioas qu*un homme qui élève des abeilles prend à Tégard des frôlons. Son premier soin sera d*empéoher qn -ils ne s'introduisent dans la ruche ; et si, malgré sa vigilance» ils s'y sont glissés, il les détruira au plus tôt avecles alvéoles qu'ils ont infestées. — Il n'a pas d'autre parti à prendre. — Pour comprendre encoVe mieux ce que nous voulons dire, faisons une chose. — Quoi ? — Séparons par la pensée l'État populaire en trois classes, dont en effet il est composé. La première comprend ceux dont je viens de parler ; la licence publique les y fait naître en aussi grand nombre que dans l'oligarchie. — La chose est ainsi. — Il y a néanmoins cette différence, qu'ils sont beaucoup plus malfaisants dans l'État démocratique^ — Pour quelle raison ? — C'est que dans l'autre État, comme ils n'ont aucun crédit, et qu'on a soin de les écarter de toutes les charges, ils ne peuvent ni agir, ni se fortifier; au lieu que dans l'État démocratique, ce sont eux presque exclusivement qui sont à la tétc des a^res« -«- Les plus ardents parlent et agissent ; les autres bourdonnent autour de U tribune, et ferment la bouche à quiconque voudrait donner un avis contraire : de sorte que, dans ce gouvernement, toutes les affaires passent entre leurs mains, à l'exception d'un très«-petit nombre. — Gela est vrai. — La secondé classe fait bande à part, et n'a nul commerce avec la multitude. •— Quelle est-elle? Ckjmme dans cet État tout le monde travaille à s'enrichir, ceux qui sont plus sages et plus modérés dans leur conduite sont aussi pour l'ordinaire les plus riches. — Gela doit être. — C'est de ces gens-là sans doute que les frelons tirent le plus de miel et avec le plus de facilité..— Quel butin feraiont-ils sur ceux qui n'ont rien

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