EFFETS DE L'INDUSTRIE
médecins, ne faisant qu'une société arec les manulkctoriers, ont été influencés par eux ; d'autres, au contraire, ont pu être hostiles ; mais tous cependant ont été d'accord sur an fait, c'est que de tenir des enfants de moins de 15 ans 12, 14 et même 16 heures au traTÛi, où les doigts et lesyeux sont obligés de suivre le mouvement monotone d'une machine, paralyse chez eux toute intelligence ; et s'il y a dégradation dans ht vie intellectueUe, peut-on s'occuper de la dégradation dans l'existence matérielle? Qu'importe alors que les filles arrivent plus tôt à l'époque de la puberté, et que les garçons n'atteignent jamais leur vigueur naturelle, qu'ils pèsent 2 pfund 5 onces de moins, et qu'ils soient plus petits d« quelques pouces? Si les enfants qui ne peuvent pas encore marcher sont destinés à éprouver un jour la même flétrissure, qu'importe qu'on leur donne de l'opium à la maison, ou qu'il en meure la moitié avant l'&ge de cinq ans? Qui peut les plaindre si, pat* la suite, ils ne doivent connaître ni dimanches, ni fêtes, ni religion, ni repos, ni plaisirs ; s'ils, doivent vivre dans cette atmosphère poudreuse, qui, chez les femmes, exige des purgations continuelles, et chez les hommes des émétiques pour v6mir le coton ; et si arrivés à quarante ans ils ne doivent plus avoir de profession ? tout cela pour avoir obtenu jusqu'alors, mais seulement par intervalles, du travail et du pain t Heureux qui meurt avant son temps, peut-on dire de tous ceux qui ont été élevés d'après les théories philosophiques !
» Mais que dire d'un homme d'un poste si élevé que celui do commissaire, qui vient justifier tant de turpitudes, on disant que les enfattts qui sont dans les manufiictures de coton ne sont pas plos malheureux que ceux qui travaillent aux épingles? Mais ce nombre d'enfants qui travaillent aux épingles est limité à 50 ou 60 pour fabriquer on article à peu près nécessaire, tandis qu'en i83S on en comptait dans
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les maDu factures plas de iûO mille au-dessous de quinze ans, et aujourd'hui ce nombre est peut-être double.
» Il s'ensuit donc que parce que la magistrature dans le ressort de laquelle a eu lieu cette monstruosité de mutiler 50 enfants Ta tolérée, il sera loisible d'en mutiler par centaines de mille. Et n'est-ce pas un monument de honte pour notre siècle, pour l'humanité, pour l'Angleterre, de voir qne des populations entières aient été' réduites à ce degré de misère et d'avilissement qu'il faille que le Pariement rende des lois, restant, il est vrai, pour la plupart, sans exécution, pour protéger des enfants contre les exigences de leurs parents dans le dénûment? Ou plutôt n'admirerat-oQ cette immense charité de l'Angleterre, qui d'abord a fait tant d'efforts pour abolir la traite des noirs, qui ensuite a lioaité à quarante-cinq heures par semaine le travail des nègres, et qui enfin a sacrifié 200 millions de florins pour ôter à l'agriculture de ses colonies 500,000 esclaves , les hommes les plus robustes du globe, quand elle ne sait pas nourrir ses adolescents, ni même ses enfants sans les soumettre auk travaux forcés des galériens ? Et encore ces tristes histoires ne sont-elles pas finies I
» On doit s'étonner de voir les Anglais s'appuyer à cet égard de l'autorité des Américains, vu le dédain qu'ils ont toujours professé pour ce pays. Mais ici il semble que ce sont les Américains qui ont le droit d'être dédaigneux ; ils occupent en effet des enfants, mais ils en ont plusieurs relais pour chaque nature d'ouvrage ; ils ne les occupent qu'une partie du temps et peuvent veiller à leur éducation. Leurs manufactures ayant des chutes d'eau pour moteur ne peuvent pas s'accumuler; les enfants jouissent d'un air vif, et la poussière du charbon ne se mêle pas à la poussière du coton ; d'ailleurs, le coton est une des productions de leur sol et les toiles sont pour eux un objet de première