RAPPORTS DE L'ÉGLISE
TEtat, en réglant les mœurs des citoyens, en leur recommandant le respect et Tobservation des lois, Tobéissance à Tautorité légitime, et en procurant par les moyens spirituels le développement de toute vertu et la prospérité de Tordre moral. L'Etat, de son côté, aide l'Eglise dans la poursuite de sa fin, en la protégeant, en réprimant les attaques des impies contre elle, et en lui procurant les moyens d'exercer plus facilement son action salutaire. Ainsi se forme des deux une seule famille, terrestre et divine tout à la fois, par l'union amicale et sans confusion des offices propres à l'Eglise et à l'Empire. Tel est l'idéal de FEtat chrétien à peu près réalisé au moyen-âgé dans la société européenne, sauf les imperfections que la faiblesse humaine ne peut manquer d'y mêler dans la pratique. Le protestantisme arrêta son développement et en empêcha la consommation, telle qu'elle pouvait être espérée sur la terre. La Révolution, sa fille, en a pris à tâche la destruction complète, qui rejetterait le monde dans la barbarie, s'il lui était donné d'y réussir; et c'est proprement en cela que consiste le progrès dont on assourdit nos oreilles. L'empereur Justinien, dans sa
disûrevitt propriâ voîetu medicinali hvmilitate gvrêùm efferri^ non Humana snperH& rvrêùs in i^femum demergi, itt et Ckrif tiani Imperatores pro œtemâ vitâ Pontificilm* vndigerent^ et Pontificâê pro evrsu temporalittm tanttimmodo rerum imperialibM leçibttê vterentnr ; quatenUt spiritualis aetio à camalilwi digtaret inourgitmê^ et ideo militant Deo minime êe negotOt tf eularidttê impU^aret; ac vicisHm- non ilU rebut divinispratidere rider etur^ qui estet neçotiie sœcnlarihvt impîicatne, — Décret ^ C. 6, distinct. 96.
ET DE l'État. 437 J
Novelle VI, exprime très-bien les rapports naturels des deux puissances : c Maxima quidem in hominihus 8U7it dona Dei à supremâ collata clenientiâ, sacerdotium et imperium : et illud quidem divinis minis" tranSf hoc autem humanis prœaidens^ ac diligentiam exhihens. Ex uno eodemque principio utraque procederitia humanam exomant vitam. Bene autem omnia geruntur et competenier si rei principium fiai decens et amabile Deo. Hoc autem futurum esse cr^ dimus si sacrarum regularum observantia custodia' tur; quam juste et laudandi et adorandi inspectores et ministri Dei verhi tradiderunt Apostoli, et Sancii Patres custodierunt et explanaverunt. » Namy dit ailleurs ce prince, quod in religionem divinam corn" mittitur in omnium fertur injuriam. Cod,j Lib. I, Tit. V. 4. — Les deux puissances doivent donc unir leurs efforts pour la répression de ces entreprises pernicieuses. Il y a deux écueils à éviter dans cette alliance de rÉglise et de TÉtat. Le premier serait que les ecclésiastiques, sous prétexte d'aider TÉtat, s'ingérassent, surtout malgré ses chefs, dans les affaires purement séculières, contre le précepte de Tapôtre, abaissant ainsi vers la terre leur ministère céleste, au risque d'exciter la défiance du pouvoir civil en usurpant ce qui lui appartient.
L'autre écueil, plus à craindre, est que l'autorité politique, sous prétexte d'une protection hypocrite, porte une main sacrilège sur les choses saintes, mette des entraves à l'exercice du ministère sacré et usurpe tout ou partie des droits de l'Église, en la privant de sa