CH. IX. DES CURATEURS
famille, au lieu que la chose abandonnée en est retranchée entièrement, et a perdu sa qualité de propre, par le délaissement du propriétaire. Au premier cas, le dernier propriétaire a laissé la chose entre ses biens; au deuxième, il l'en a séparée lui-même ; 5^ ceux même qui ne sont pas encore au monde, ou qui n'y sont plus, ont quelquefois des curateurs. L'enfant qui est encore dans le ventre de sa mère en doit avoir, en certains cas, pour exercer les droits qui doivent lui appartenir ; et, pour faire le procès à ceux qui se sont tués euxmêmes, on crée un curateur au cadavre , qui est obligé de défendre la mémoire du mort, comme un accusé se défend lui-même.
Voilà toutes les espèces de curateurs. On les peut rapporter à deux genres : les curateurs aux biens, qui approchent plus des tuteurs, et sont les curateurs des insensés, des interdits, des mineurs pubères; et les curateurs aux causes, qui ressemblent plus à des procureurs, et sont ceux des mineurs émancipés, des mineurs en tutelle, des femmes mineures ; c'est aussi à ce dernier genre qu'il faut rapporter les cinq espèces de curateurs qui se créent pour la régularité de la procédure. Les curateurs aux biens sont obligés de faire inventaire, de gérer fidèlement, et de rendre compte. Ils peuvent s'excuser; ils peuvent être ôtés comme suspects; enfin, tout ce qui a été dit des tuteurs leur convient, excepté ce qui regarde l'éducation, et le soin de la personne. Ce genre de curatelle finit aussi de la même manière que finit la tutelle, ou par des causes semblables, comme lorsque l'insensé recouvre l'usage de la raison, ou lorsque l'interdiction est levée.