‹ Institution au droit françois; (volume 2)Chapitre 137 sur 270 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

en guerre celui qui lui a fait celte concession. Cette définition explique plutôt l'origine des fiefs que leur nature, telle qu'elle est aujourd'hui ; mais elle ne laisse pas d'en donner une idée assez distincte, et il est absolument nécessaire de savoir ce que les fiefs éloienl autrefois, pour voir la raison de ce qu'ils sont aujourd'hui.

Il est très-difficile de savoir en quel temps les fiefs ont commencé parmi nous, mais il est très-certain que l'usageena été très-fréquent depuis le commencement de la troisième race de nos rois ; car, dans ces premiers temps, la France étoit partagée entre une infinité de seigneurs, qui dépendoient tous les uns des autres, jusqu'à venir aux plus grands, qui dépendoient du roi; mais ils ne laissoient pas de se faire la guerre de pair à pair; et, dans ces guerres, ils se servoient de leurs vassaux, en vertu du serment qu'ils en avoient pris en leur accordant le fief. Depuis, les rois s'étant, petit à petit, rétablis dans une domination plus absolue, ce service de guerre, qui étoit l'essentiel des fiefs, n'a plus eu de lieu, et il n'en est plusresté que quelques devoirs decérémonie, et quelques petits droits, plus utiles aux praticiens, pour la multitude des procès qui en viennent, qu'aux seigneurs à qui ils sont dus.

Avant que d'expliquer ces droits en particulier, il n'est pas inutile d'observer que les fiefs, suivant les qualités qu'ils donnent à ceux qui en sont revêtus, s'appellent fiefs de dignité, comme les duchés, comtés, etc., ou sans dienité; et ceux-ci sont encore de deux sortes : car, si le droit de justice y est joint, cela s'appelle seigneurie proprement, sinon simple fief. Nous parlerons

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