‹ Institution au droit françois; (volume 2)Chapitre 14 sur 270 · AVERTISSEMENT. XIX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XIX

à celle vue si juste; on trouve dans les deux volumes de Daragon des inslruclious, rédigées pour le duc de Bourgogne, qui toutes ont le droit et la politique pour objet; par exemple , un Exlrail de la République de Platon , dont Fleury admirait beaucoup l'idée fondamentale, une Lettre sur la justice, des Réflexions sur Machiavel, etc. Partout, Fleury fait preuve d'une élévation d'esprit et d'une connaissance des principes qui feraient honneur à nos plus célèbres jurisconsultes.

Mais je ne sais rien de plus remarquable qu'une pièce intitulée : Avis à Louis, duc de Rourçjofjne, puis Dauphin^. Ce sont des notes concises, qui contiennent tout un plan de gouvernement. Eglise, justice, police, commerce, etc., tout est examiné par l'auteur ; il indique en quelques mots les réformes nécessaires avec une netteté et une hardiesse remarquables. Fleury n'a jamais été appelé aux affaires ; on ne peut savoir si, dans la pratique, il ne se fût pas arrêté devant le privilège et le préjugé, comme lit d'Aguesseau; mais, si l'on veut comparer les projets de l'un et de l'autre et ne considérer que les idées de ces deux grands hommes, on verra, je ne crains pas de l'anirnier, que le sous-précepleur des princes était un esprit plus solide et plus politique que ne le fut jamais l'honnête et timide chancelier.

Je regrette de ne pouvoir copier tout au long les idées de Fleury sur l'Eglise, c'est-à-dire sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat, de la royauté et de Rome; mais voici quelquesunes de ses vues sur la réformation de la justice: on verra qu'à la veille de 1789 l'opinion n'allait pas encore aussi loin que le précepteur et le conseiller du duc de Bourgogne.

' Daragon, Droit public, tome 1", p. 140.

Page 1