‹ Institution au droit françois; (volume 2)Chapitre 141 sur 270 · DES DEVOIRS DU VASSAL · texte numérisé non relu

DES DEVOIRS DU VASSAL

Le service de guerre n'ayant plus de lieu, la seigneurie directe ne produit plus aucun effet qu'aux mutations de fiefs. La mutation est ou du seigneur ou du vassal.

Le vassal change, ou par succession, ou par aliénation entre- vifs.

Par succession, si c'est en ligne directe, le vassal ne

* Faucliel, <ha|). Des châtelains, fiefs et vassaux, tout à la (in.

doit que la bouche et les mains, c'est-à-dire la foi et hommage, qui n'est autre chose qu'un serment de fidélité que le vassal fait au seigneur. Autrefois, il sefaisoit avec beaucoup de cérémonie ; car le vassal éloit obligé d'aller trouver en personne le seigneur, et de se mettre à genoux devant lui, nu-téte, sans épce, sans ceinture ni éperons, puis joindre les mains et dire certaines paroles qui contenoient la formule du serment; et cependant qu'il prononçoit ces paroles, le seigneur, qui étoit assis, lui lenoit les mains, et ensuite le baisoit. Aujourd'hui l'hommage ne se fait plus guère que par fiction, c'est-à-dire par un acte par-devant notaires, oii l'on doit rapporter la chose, comme si elle s'étoit passée suivant toutes ces anciennes formes, autrement l'acte seroit inutile, car il n'y a que la civilité qui en dispense; mais on observe encore exactement le temps, le lieu et l'âge du vassal. Le temps est d'ordinaire de quarante jours après l'ouverture du fief. Le lieu est communément celui du fief dominant, où le vassal peut s'acquitter de son devoir, tant en l'absence du seigneur qu'en sa présence. L'âge du vassal est, en la plupart des coutumes, vingt ans pour les garçons et quinze pour les filles; ce qui vient de l'ancienne institution, parce qu'à cet [âge], les garçons peuvent porter les armes, et les tilles être mariées à un homme qui fasse le service pour elles. Or, en attendant que les enfants du vassal décédé aient atteint cet âge, le seigneur est obligé de donner souffrance qui tient lieu de foi ; si ce n'étoit qu'il aimât mieux, comme en quelques coutumes, recevoir le tuteur à faire l'hommage. Il y a un petit droit accessoire à celui-ci, qui s'appelle

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