‹ Institution au droit françois; (volume 2)Chapitre 35 sur 270 · DES MONNOIES ET DE LA POLICE · texte numérisé non relu

DES MONNOIES ET DE LA POLICE

A cette même partie de l'autorité royale se peut aussi rapporter le droit de battre monnoie ^ et généralement tout ce qui est de la police. Il est de la même puissance qui fait les lois de mettre le prix à la monnoie; aussi voyons-nous que la bonté de la monnoie s'appelle loi ou aloi.

Il y a deux choses à considérer dans la monnoie : la valeur interne et la valeur externe'. L'interne dépend de la matière, qui est, parmi nous, or, argent ou cuivre, du poids qui se règle par marcs de huit onces, onces de [vingt-quatre] deniers, et deniers de [vingt-quatre] grains; et de la bonté de l'aloi, qui dépend du plus ou du moins d'argent mêlé avec l'or, et de cuivre avec l'argent, ce qui s'appelle remède. La valeur externe dépend entièrement de la volonté du prince, qui peut aussi la hausser et l'abaisser quand il lui plaît, et même la décrier tout à fait. Elle est marquée par les ligures imprimées sur chaque pièce, où depuis environ cent ans on recommence à mettre le portrait du souverain.

* Nau, Abrégé des ordonnances, p. 59.

^ Loiseau, Des Seigneuiies, cliap. m, n. 5H.

' Voyez Dumoulin, en son Traité des usures.

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