TOME I
226 DROIT prive/
La dépendance et la supériorité des personnes vient ou de la nature, ou d'un pur droit positif. La puissance des pères sur leurs enfants est sans doute la plus naturelle, et il semble que, parmi nous, elle est réduite à ses justes bornes, car elle est principalement fondée sur la nécessité qu'il y a que les hommes, comme tous les autres animaux, soient nourris et conservés par ceux qui les ont fait naître, jusqu'à ce qu'ils soient en état de subsister et de se défendre par eux-mêmes. Et c'est pourquoi il est fort raisonnable quelle finisse par la majorité, comme il s' observe, par toute la France coutumière. Et puisque les mères ont leur part de la charge des enfants, il étoit juste aussi qu'elles participassent à la puissance paternelle. Ce qui paroit être plus de droit . positif est la nécessité qu'il y a d'avoir le consentement des «parents pour la validité des mariages, ou pour se mettre à couvert de l'exhérédation, comme il sera expliqué ailleurs ; car, au reste, selon le droit françois, la puissance paternelle n'est qu'une espèce de tutelle naturelle, et un fils de famille n'est qu'un mineur qui a son père vivant1. Ainsi, s'il ne peut agir ni être convenu en justice, s'il ne peut contracter ou aliéner, ce n'est pas tant à cause qu'il est dans la dépendance, que parce qu'il n'a encore aucuns biens, ou parce qu'il n'a pas atteint l'âge auquel les lois ont différé les principales fonctions de la vie civile. Il y a peu de cas exceptés, comme si le fils mineur s'est obligé pour tirer son père de prison, et toutes les fois qu'il n'aura fait que ce qu'un majeur bien sage auroit dû faire. Il y a aussi quelques
1 Coquille, Instit., De l'état des personnes } V.Imbert, Enchiridm, cbap. Les pères; etc.