‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 154 sur 703 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

en (hMTCts (Ephes. 2. 14), etc. Il n'y ;i imllo doute (jue ce |)ioiius ne se doyve entendre des cérémonies : car il dit (juc ceste Loy estoit comme une muraille pour séparer les Juils d'avec les (lentils. Je confesse donc (lue la première exposition a bon droit est reprise des seconds : toutesl'ois il me semble qu'eux-mesmes n'exi)li(pit'nt jias encore du tout bien la sentence de l'Apostre : car je n"approu\e jioint qu'on confonde ces deux passatjes, connue si l'un estoit tout semblable a l'autre. Ouant est de celuy (pii est en l'Epistre aux Epliesiens, le sens est tel : Sainct l'aul les voulant acertener comme ils estoyent receus en laconununion du peuple d'Israël, leur dit (pie l'empescliement (lui estoit auparavant pour les di\iser, a esté osté. C'esloyent les cérémonies : car les l;i\ emens et sacrifices par les(iuels les Juifs se sanctinoyent à Dieu, les separoyent d'avec les Gentils. Mais en l'Epistre aux Colossiens, il n'y a celuy qui ne voye qu'il touclie un plus liaut mystère. Il est là ([uestion desobser\ations Mosai(pies. ausquelles les seilucleurs vouloyent contraindre le peuple Clirestien. Comme donc en l'Epistre aux Galatiens. ayant ceste mesme dispute à démener, il la tire plus loin et la réduit à sa source : ainsi fait-il en cest endroit. Car si on ne considère autre chose aux cérémonies, sinon la nécessité de s'en acquiter : pounpioy les appelle-il un obligé ? et un obligé contraire à nous? El à quel propos eust-il quasi constitué toute la sonune de nostre salut en ce (|u"il l'ust cassé et mis à néant ? Parquoy on \oit clairement (lu'il nous faut ici regarder autre chose que l'extériorité des cérémonies. Or je me confie d'avoir trouvé la vraye intelligence, si on me confesse estre vray ce qu'escrit en (|uelque lieu tres-veritablemeut sainct Augustin, ou plustost ce (lu'il a tiré des parolles toutes évidentes de l'Apostre, c'est (|u"aux cérémonies Judai(pies il y a\oit plustost confession des péchez, que purgation

(llelir. 7. \) et 10). Car qu'est-ce qu'ils faisoyent en sacrifiant, sinon (lu'ils se confessoyent estre coulpables de nioit. \cii (pi'ils substituoyent en leur lieu la best(? pour esti'e tuée? Par leurs lavemens (pi'est-ce ([u'ils faisoyent, sinon se confesser inunondes et contaminez. Paniuoy ils confessoyent la dette de leur inqmreté et de leurs olïenses. Mais en ceste piotestation le payement n'en estoit point fait. Pour huiuelle cause l'Apostre dit (|ue la rédemption des olïenses a esté faite par la moi't de Christ, lesrpielles demouroyent sous Tancien Teslanienl, et n'estoyent point abolies (Hebr. 9, l.'i). C'est donc à bon droit (pie sainct Paul ajjpelle les cérémonies, Des cedules contraires a ceux (pii en usoyent, veu que par icelles ils testilioyent et signoyent leur condamnation. A cela ne contrevient rien que les anciens Pères ont esté participans d'une mesmc grâce avec nous : car ils ont obtenu cela par Christ, non point par les cérémonies, les(pielles sainct Paul en ce passage sépare de Christ, d'autant (luelles obscurcissoyent lors sa gloire, après que l'Evangile avoit esté révélé. Nous avons que les cérémonies, si elles sont considérées en elles-mesmes, sont à bonne raison nommées cedules contraires au salut des hommes, veu (lue ce sont comme instrumens authenti(pies pour obliger les consciences a confesser leur dettes. Poursuit veu que les séducteurs vouloyent astreindre l'église Chrestienne à les observer, sainct Paul à bon droit regardant l'origine première, admonneste les Colossiens en (juel dangier ils tresbuscheroyent, s'ils se laissoyent subjuguer en telle sorte. Car par un mesme moyen la grâce de Christ leur estoit ra^ ie : d'autant que par la purgation (|u'il a faite en sa mort, pour une fois il a aboli toutes ces observations externes, par lesquelles les hommes se confessoyent redevables à Dieu, et n'estoyent point acquitez de leurs dettes.

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