CHAPITRE IX
tis comniaiuloinons, et aura ainsi enseigné les liomnies ne sera en nulle estime au Royaume des cieux (Mattli. 5, 19). Ne sont-ils pas de ce nombre là. (juand ils osent tellement exténuer la trausj^ression de la Loy, ctinuiie si elle n'estoit pas digue de mort ? Mais ils devoyent considérer non pas seulement ce qui est ('((mmandé, mais (lui est celuy ([ui ctiuMuande : car il n'y a si jietite transgression, en laquelle on ne derogue à son autliorité. Est-ce peu de chose, à leur opinion, ([ue la majesté de Dieu soit violée en (iael(iue endroit? Davantage, si le Seigneur a declairé en la Loy sa volonté, tout ce qui contrevient à la Loy luy desplait. Et pensent-ils que l'ire de Dieu soit si loible et desai'mee, (juc la vengeance ne s'en ensuyve incontinent. Et de fait il l'a assez declairé, s'ils se pouvoyent renger à escouter sa voix, plustost que par leurs sulitilitez frivoles obscurcir sa vérité : L'ame, dit-il, lai[uelle aura péché, mourra de mort
; (Ezech. 18, 20). Item ce que j'ay uagueres alle- ; gué de sainct Paul, Le loyer de péché c'est I mort (Rom. 6, 23). Ceux-cy confessans concuj piscence estre péché, pource qu'ils ne le peuj vent nier, maintiennent loutesfois que ce n'est [ point péché mortel. Puis qu'ils ont si longuement tenu l)on en leur rolic. poui' le moins ([u'ils s'amendent maintenant : (|ue s'ils veulent tousi jours persévérer en leurs resveries, que les en- ! fans de Dieu les laissent là, et recognoissent i que tout péché est mortel : veu que c'est rebel- I lion contre la volonté de Dieu, la(|uelle neces- I sairement provoque son ire ; veu que c'est transgression de la Loy. sur laquelle est dénoncée la mort éternelle sans exception aucune. Touchant des péchez que commettent les saincts et fidèles, ils sont bien véniels : mais c'est de la miséricorde de Dieu, et non point de leur nature.