CHAPITRE XI
paiement deux, dont l'un est en Isaie, où il est dit. Coninio je feray consister devant ma face les cieux nouveaux, et la lene nouvelle que j'ai créée : ainsi sera vostre semence permanente : et un mois suyvra l'autre, et un salthath suyvra continuellement l'autre saLbatli. Toute chair vienilra pour adorer devant ma face, dit le Seigneur : et on verra les corps des trans^aesseurs qui m'ont contemné et mis en opprobre. Leur ver ne mourra jamais, et leur feu ne s'esteimlra point (Is. Gt), ii—ii). L'autre est en Daniel: En ce temps-la. tlit-il, se lèvera Michel Archange, le(iuel est député pour garder les enlans de Dieu: et viendra un temps de destresse, tel qu'il n'y en a jamais eu depuis que le monde est créé. Lors sera sauvé tout le peuple (jui sera trouvé escrit au livre : et ceux qui reposent en la terre se lèveront, les uns en vie éternelle, les autres en ojjprohre éternel (Dan. 12. 1. 2).
•2'^. Des deux autres puincts, assavoir (jue les Pères anciens ont eu Christ pour gage et asseurance des promesses que Dieu leur avoit faites, et qu'ils ont remis en luy toute la fiance de leur heneiliction: je ne mettray pas beaucoup de peine à les prouver, pource qu'ils sont faciles à entendre, et qu'on n'en fait pas Umt de controversie. Nous conclurrons donc, (pie le vieil Testament, ou l'alliance que Dieu a faite au peuple d'Israël, n'a pas esté seidemcnt contenue en choses terriennes : mais aussi a comprius certaines promesses de la vie spirituelle et éternelle, de laquelle l'espérance devoit estre imprimée au cœur de tous ceux qui s'allioyent vrayement à ce Testament. (a-sIc résolution ne peut estre renversée par aucunes machines du diable. Pourtiint, (pie ceste opinion enragée et pernicieuse soit loin de nous : assavoir que Dieu n'a rien propo^^é aux Juifs, ou qu'ils n'ont attendu autre chose de sa main, sinon de repaistre leurs ventres, vivre en délices charnelles, estre abondans en richesses, estre exaltez en honneur, avoir grande lignée, et autres telles choses que désirent les hommes mondains. Car Jésus (>lirist ne promet point aujourdhuy d'autre royaume des cieux à ses fidèles, sinon auquel ils repose-
ront avec Abraham, Isaac et Jacob (iLatth. 8, 11). Sainct Pierre l'emonstroitaux Juifs de son tem})s, (ju'itsestoyent héritiers de la grâce Evaugelique, pource (juils estoyent successeurs des Prophètes, estans compiins en l'alliance que Dieu avoit faite anciennement avec Israël (Act. 3, 2o). Et afin que cela ne fust pas seulement testifié de parolles, le Seigneur l'a aussi bien approuvé de fait. Car en la mesme hmiro (pi'il ressuscit;i, il fit plusieurs des saincts jiarticipansde sa résurrection, lesquels on vit en Jérusalem (Matth. 27, o2). p]iiquoy il domia une certaine arre, quet<jut ce (ju'il a\oit fait ou soulTert pour acquérir salut au genre humain, n'appartenoit pas moins aux fidèles de l'ancien Testament, qu'a nous. Et de fait, ils avoyent un mesme esprit que nous avons, par lequel Dieu régénère les siens en vie éternelle. Puis que nous voyons que l'esprit de Dieu, lequel est comme une semence d'immortalité en nous, et pour ce est appelé arre de nostre héritage, a habité en eux (Ephes. 1, 14) : comme leur oserions nous oster l'héritage de vie ? Pourtant un homme prudent ne se pourra assez esmerveiller, comment il s'est fait que les Sadduciens soyent anciennement tombez en si grande stupidité, que de nier la résurrection et iuMiiortalite des âmes, veu que l'un et l'autre est si clairement demonstré en l'Escriture (Act. 23, 7. 8). L'ignorance brutale que nous voyons aujourdhuy en tout le peuple des Juifs, en ce qu'ils attendent follement un royaume terrien de Christ, ne nous devroit pas moins esmerveiller, n'estoit qu'il a esté prédit que telle punition leur adviendroit pour avoir mesprisé Jésus Christ et son Evangile. Car c'estoit bien raison que Dieu les frappast d'un tel aveuglement, veu qu'en esteignant la lumière qui leur estoit présentée, ils ont préféré les ténèbres. Ils lisent donc Moyse, et sont assiduellement à méditer ce qu'il a escrit : mais ils ont le voile qui les empesche de contempler la lumière de son visage. Lequel voile leur demeurera tousjours, jusques à ce qu'ils apprennent de le réduire a Christ : duquel ils le destournent maintenant tant qu'il leur est possible (2 Cor. 3, 14. lo).