CHAPITRE XVI
per son ju<,fement. Car le son de la trompette sera ouy de tous les bouts du niunde : par laquelle tous lioninies seront appelez et citez a sou throne judicial, tant ceux qui seront pour lors en vie. (jue ceux qui seront trespassez au paravant. 11 y en a aucuns qui exposent par les vivans et les morts, les bons et les mauvais. Et de fait, Udus voyons ([u'aucuns de-. Anciens ont douté comment ils devu\eut exjioser ces vocables: mais le premier sens est beaucoup plus convenable, d'autanl qu'il est i)lus sinqjle et moins contraint, et prins de la manière accuustumée de l'Escriture. El ne contrevient point ce qui est dit par l'Apostre, qu'il est une fois estably à tous hommes de rnom'ir (Ilehr. 9, 27). Car combien (jue ceux (pii seront pour luis en la vie mortelle quand le jugement viendra, ne moui'ront point selon l'ordre naturel, toutesfois la mutation (ju'ils soutVriront, d'autant ({u'elle aura grande convenance à la mort, n'est pas sans raison appellée mort. Il est certain cpie tous ne reposeront pas longuement : ce que l'Escritme appelle dormir: mais tous seront nmez et changez (1 Cor. lo, ol). Qu'est-ce à dire cela? c'est que leur vie mortelle sera abolie en une minute de temps et transformée en une nouvelle nature. Nul ne peut nier (ju'un tel abolissement de la chair ne soit mort. N^eantmoins cela cependant demeure tonsjours vray, (pie les vivans et les morts seront citez cnjugement. Car les morts qui sont en Christ, ressusciteront les premiers: i)uis après ceux (jui seront survivans, viendront au devant du Seigneur en l'air: comme dit sainct Paul (1 Thess. 4, 16. 17). Et de fait, il est vray semblable que cest article a esté prins de la prédication de sainct Pierre, selon tpie sainct Luc recite, et de l'adjuration notable que fait sainct Paul a Timothée, où il est nommément parlé des vivans et des morts (Acî. 10. 4-2 ; -2 Tim. 4, i).
18. De là nous revient une singulière consolation, que nous oyons la puissance de juger estrc donnée à celuy qui nous a ordonnez comme participans de son lionneur a faire jugement: tant s'en faut (|u'il monte en son throne pour nous condanmer (Matth. 19, 28). Car comment un Prince de si grande clémence perdroit-il son peuple? comment le chef dissiperoit-il ses membres? comment l'advocat condanmeroit-il ceux dont il a prins la défense? Et si l'Apostrc ose se gloiifier, qu'il n'y a nul qui puisse condamner quand Jésus Christ intercède pour nous (Rom. S, :{3), il est encores plus certain que (Christ est<'int nostre intercesseur, ne nous condamnera point, veu qu'il a prins nostre cause en main, et a promis de nous soustenir. Ce n'est pas certes une petite asseurance, de dire que nous ne comparoistrons point devant autre siège judicial, que celuy de nostre Rédempteur, duquel nous attendons salut. *"* Davantage nous
avons icy. que celuy qui nous promet maintenant par son Evangile béatitude éternelle, ratifiera lors sa promesse, en faisant jugement. Le Pore donc a tellement honnoré son Fils en luy attribuant autliorité de juger (Jean 5, 22), qu'en ce faisant il a proveu à consoler les consciences de ses serviteurs, lesquelles pourroyent trembler de l'horreur du jugement, si elles n'y avoyent certaine espérance. Jusques icy j'ay suyvi l'ordre du Symbole qu'on appelle des Apostres, pource que là nous pouvons voir comme en un tableau, par les articles qui y sont contenus, en quoy gist nostre salut : et par ce moyen aussi entendons à quelles choses il nous faut arrestcr pour obtenir salut en Jésus (Christ. J'ay desja dit (pi'il ne nous faut pas beaucoup soucier de l'autheur de ce Sommaire. Les Anciens d'un comnuin accord l'attribuent aux Apostres: soit ([u'ils estimassent (pi'il avoit esté laissé d'eux par escrit, soit qu'ils ayent voulu authoriser la doctrine laquelle ils .savoyent estre provenue d'eux, et fidèlement l)aillée de main en main. Et de fait, je ne doute point (|ue ce n'ait esté une confession receue sans contredit dés la première origine de l'Eglise, et mesme du tenqjs des Apostres. Il est aussi vray semblable qu'un tel Sommaire n'a pas esté composé par (luelque homme privé : veu que dés le commencement il a obtenu authorité sacrée entre les fidèles; ce qui nous doit estre le jjrineipal et hors de dispute : assavoir que toute l'histoire de nostre foy y est brièvement racontée en tel ordre et distinction, qu'il ne nous faut chercher davantage, et que rien n'y est mis qui ne soit prouvé par fermes tesmoignages de l'Escriture. Cela cognu, ce seroit chose inutile de beaucoup travailler, à nous enquérir de l'autheur, ou débattre avec celuy qui ne s'accordera point avec nous, sinon que nous soyons si difficiles à contenter, que ce ne nous soit point assez d'estre enseignez par l'Esprit de Dieu en la vérité infaillible, si nous ne savons de quelle bouche elle a esté proférée, ou de quelle main elle a esté escrite.
19. Or puis que nous voyons toute la somme et toutes les parties de nostre salut estre comprises en Jésus Christ, il nous faut garder d'en transférer ailleurs la moindre portion qu'on sauroit dire. Si nous cherchons salut : le seul nom de Jésus nous enseigne qu'il est en luy. Si nous desirons les dons du sainct Esprit ; nous les trouverons en son onction. Si nous cherchons force : elle est en sa seigneurie. Si nous voulons trouver douceur et bénignité : sa nati\ ité nous la présente, par laquelle il a esté fait semblable à nous, pour apjjrendre d'estre pitoyable. Si nous demandons redenq)tion : .sa passion nous la donne. En sa damnation nous avons nostre absolution. Si nous desirons que la malédiction nous soit remise : nous obtenons ce bien-là en