CHAPITRE II
lenient que du fruict de sa grâce: et sans luy tout le beau lustre de vertu que nous avons n'est rien, i)Ourco (|u'il n'y a (lu'aveuulonient d'esprit et perversité de eu'ur. Cela a bien estf desja clerenient exposé, que Jésus Christ flous est comme oisif, jusqu'à ce que nous le conjoignions avec son Esprit pour nous y adresser: {)Ource que sans ce bien nous ne faisons qur regarder Jésus Christ de loin et hors nous, voire d'une froide s|iecuiatinn. Or nous savons (pi'il ne prolite sinon a ceux dt'S(iueis il est chef et frère premier nav, mesnies qui sontvestus iW luy (Hphes. 4. lo." Rom. 8. -29: Gai. 3, 27). Ceste seule conjonction fait (|u"il ne soit point venu vain et inutile, quant a nous, avec le nom de Sauveur. A ce mesme but tend le mariage sacré, par lequel nous sommes faits chair de sa chair et us de ses os, voire un avec luy (Ephes. o, 30). Or il ne s'unit avec nous (lue par son Esprit, et [lar la grâce et vertu d'iceluy il nous fait ses membres, pour nous retenir à soy, et pour estre mutuellement possédé de nous.
4. Mais i)ource que la foy est son principal chef d'œuvre. la pluspart de ce que nous lisons en l'Escriture touchant sa vertu et opération, se rapporte a icelle foy, par laquelle il nous amené a la clarté de l'Elvangile: connue dit saincl Jean, que ceste dignité est donnée à tous ceux (pii croyent en Christ, d'estre faits enfans de Dieu, lesquels ne sont point naiz de chair et de sang, mais de Dieu (Jean 1, 13). Car en opposant Dieu a la chair et au sang, il monstre (pie c'est un don céleste et supernaturel. (|ue les e.sleuz re- <;oyvent Jésus Christ par foy. lesquels autrement denioureroyent adonnez a leur incredulilé. La response que fit Jésus Christ k Pierre, convient à cecy : La chair et le sang ne le t'ont point revelt. mais mon Père qui est au ciel .Matlh;16, 17). J'attouche brièvement ces choses, !»ource qu'elles ont esté déduites ailleurs tout au long. Le dire aussi de sainct Paul s'accorde tresbien à ce propos: c'est que les fidèles sont seellez ou cachetez du .sainct Esprit de la promesse (Ephes. 1. i:}). Car il signifie qu'il est le
maistre intérieur, par le moyen duquel la promesse de salut entre en nous, et transperce nos âmes: et tpi'aulrement elle ne femit (pie batre l'air, ou sonner a noz oreilles. Pareillement quand il dit que les Thessaloniciens ont esté esleuz de Dieu en sanctification de l'Espiit, et en la foy de la vérité cl Thess. "2. 13): par un tel lii et conjonction il nous advertit que la foy ne peut parvenir d'ailleurs (jue de l'Esprit: ce que sainct Jean e\pli(pie ailleurs plus ouvertement, parlant ainsi: .Nous savons qu'il demeui'e en nous [lar l'Esprit qu'il Udusadonné. ltem,Voicy dont nous savons (}ue nous demeurons en luy, et luy en nous : c'est (lu'il nous a donné de son Esprit (1 Jean 3, 24; 4, ISj.Panjuoy le Seigneur Jésus pour rendre ses disciples capables de la sagesse céleste, leur promet l'Es])rit de vérité, leipiel le monde ne peut conq)rendre (Jean 14, 17): et luy attribue cest office comme propre, de leur suggérer et faire cognoistre ce (pi'il leur avoit desja enseigné: comme aussi de fait la clarté se presenteroit en vain aux aveugles, si cest Esprit d'intelligence n'ouvroit les yeux de l'entendement: en sorte qu'à juste cause on le peut apiiel(,'r La clef, par laquelle les ti'csors du royaume des cieux nous sont ouverts : et son illumination peut estre noinniée La veue de nos âmes. Voila pourquoy sainct Paul magnifie tant le ministère de l'Esprit (2 Cor. 3, 6 — 8): ce qui vaut autant à dire comme la prédication ayant avec soy la vivacité spirituelle: i)ource que les Docteurs ne profiteroyent rien a crier, si Jésus Christ le souverain maistre ne besongnoit au dedans pour attirer ceux qui luy sont donnez du Père. Panjuoy, comme nous avons dit que toute perfection de salut se trouve en Jésus Christ, aussi luy, afin de nous en faire participans, nous baptise au sainct Esprit et en feu (Luc 3, 16), nous illuminant en la foy de son Evangile, et nous régénérant, tellement que nous soyons nouvelles créatures: finalement nous purgeant de toutes nos i)ollutioiis et ordures, pour estre consacrez de Dieu en saincts teinnles.