‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 25 sur 703 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

toulesfois il est certain <iuil a imprimé en leurs cœurs une telle cerliUule île doctrine, par la- (luelle ils tussent persuaii(V. et entemlissent (|ue ce (pii leur estoit révélé et [iresclié, estoit procédé du vray Dieu : car il a tousjours ratifié sa parolle, à fin qu'on y adjmislast foy par dessus toute upininn humaine. Finalement, afin que d'un train conlimiel la \eiite demeurasl tousjours en vigueur d'aagc en aage, et fust cognuc en la terre, il a voulu que les révélations (pi'il avoil commises en la main des Pères connue en depost, fussent enregistrées : et à cest efîect il a fait pid)lier sa Loy, à laquelle il a puis après adjousté les Prophètes connue expositeurs. Car condtien (pie la doctrine de la Loy contienne plusieurs usages, comme nous verrons eu îein[is et lieu: et sur tnut (pie .Moyse et les Prophètes ayent insisté a monstrer couunenl c'est que les hommes sont reconciliez avec Dieu (dont aussi vient ipie saint Paul nonnne Jésus Christ la fin de la Loy: Hom. 10, i) toutesfois de rechef j'advertis les lecteurs, ([u'outre la doctrine de foy et de pénitence, la(pielle nous propose Jésus Christ ])onr médiateur, l'F^scriture a ce regard de magnitler le ^ray Dieu et uni(iue, (|ui a créé le monde elle gouverne par marques et enseignes notahles, afin ([u'il ne fust meslé parniy la troupe des faux dieux. Parf(uoy combien que les hommes doivent dresser les yeux pour contempler les œuvres de Dieu, d'autant tpi'ils en sont ordonnez spectateurs, et ([ue le monde leur est dressé comme un théâtre ii cest effect, toutesfois le principal est, pour mieux jirofiter, d'avoir les oreilles dressées à la Parolle pour s'y rendre attentifs. Ainsi il ne se faut esmcnciller, si est^ms nez en ténèbres ils s'endurcissent de plus en plus en leur stupidité, pource qu il n'y en a gueres qui se rendent dociles à la parolle de Dieu, pour se tenir entre les barres qui leur sont là mises: mais plustost s'esgayent avec toute licence en leur vanité. Voici donc un poinct résolu, que pour estre esciaircz et adressez en la vraye religion, il nous faut commencer par la doctrine céleste, et que nul ne peut avoir seulement un petit goust de saine doctrine pour savoir que c'est de Dieu, jusques à ce qu'il ait esté à ceste cscolle, pour cstrc enseigné par l'Escriture sainte : eu de là procède le commencement de toute droite intelligeuce, voire nous recevons reveremment tout ce que Dieu y a voulu tcstifier de .soy. Car non seulement la foy en sa perfection et toutes ses parties est engendrée d'obéissance, mais aussi tout ce que nous avons à cognoistre de Dieu. Et de fait, il a usé d'une providence singulière pour le profit des hommes un tous aages, par le moyen (pie nous traitons.

3. Car si on reg.'u-de combien l'esprit humain est enclin et fragile pour tomber en oubliance de Dieu : combien aussi il est facile à décliner

en toutes espèces d'erreurs, de quelle convoitise il est mené pour se forger des religions estranges à chacune minute: de là on jiouri'a voir combien il a esté nécessaire (lue Dieu eust ses registres autlienti(pies pour y coucher sa vérité, à fin qu'elle ne peiil point par oubly, ou ne s'esvanouist par ei'reur, ou ne fust corrompue par l'audace des hommes. Puis donc (pie c'est chose notoire, quand Dieu a voulu instruire les hommes avec piitfit. (|u'ii a usé du moyen et aide de sa paiolle, d'autant (pi'il \oyoit (pi'ii y avoit peu d'efficace et vertu en son image (jui est engravée partout: si nous desirons de le contempler purement, il nous comient tenir ce mesme chemin. Il faut, dy-je, venir à sa parolle, et nous y renger: là ou Dieu nous est droitenient monstre et peint au vif en ses (euvi'es: car alors elles sont estimées selon (ju'il appartient, assavoir par la vérité immuable (jui en est la reiglc et non pas selon la i)erversité de uostre jugement. Si nous déclinons de là, comme j'ay desja dit, quoy (juc nous courions liastivement, toutesfois pource que nostre course sera esgarée hors du cliomin. jamais nous ne viendrons où nous prétendons : car il nous faut penser que la clarté de la gloire de Dieu, (jue saint Paul nomme inaccessible (1 Tim. 6, 16) nous sera comme un lab\Tinthe pour nous entorteil- 1er de tous costez, si nous n'avons nostre adresse en la Parolle: tellement qu'il nous vaut uu(nix clocher en ce chemin, que de courir bien \ iste à l'esgarée. Parquoy David enseignant que les superstitions seront raclées du monde, afin que la pure religion y tlorisse, souvent introduit Dieu régnant: n'entendant pas seulement par ce mot de Régner,^ l'empire qu'il a et qu'il exerce à gouverner le cours de nature, mais la doctrine (jui est pour establir sa principauté spéciale, à ce qu'on s'assujettisse à luy. Car les erreurs ne se peuvent jamais arracher du cœur des hommes jusques à ce qu'une vraye cognois.sancc de Dieu y soit plantée.

4. Dont vient que le mesme Prophète, après avoir tait mention que les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament l'œuvre de ses mains (Ps. 19, 1), et (pie r(trdre continuel et réciproque des jours et des nuits preschent sa majesté, descend tantost après à la Parolle disant, La Loy de Dieu est sans macule, convertissant les âmes; le tesmoignage du Seigneur est fidèle, donnant sagesse aux petits. Les justices de Dieu sont droites et esjouissent les cœurs: le commandement de Dieu est clair, illuminant les yeux. Car combien qu'il comprenne d'autres usages de la Loy, toutesfois il signifie en gênerai, pource que Dieu ne profite de rien conviant tous peuples à soy par le regard du ciel et de la terre, qu'il a ordonné ceste oscolc particulière pour ses enfans, et à cela aussi tend le Ps. 29, où le Prophète, après avoir parlé de la

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