‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 37 sur 703 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

reiglc ou lunnaine, ou an,ueli(iuo, ou autre, on pourroit dire ([ue lors il seroit abaissé, voire nicsuie réduit en servitude : mais quand il est comparé à soy-mesme, et en soy considéré, «jui pourra dire qu'en cela on luy face injure? Mais il est, disent-ils, en ceste manière examiné, .le le confesse: mais d'un examen ])ar lequel il a \(»ulii (pu' sa majesté l'ust establie envers nous. 11 nous doit bien sullire ([uand il se descouvre à nous : mais afin que sous son ombre l'esprit de Satan n'ait entrée : il veutestre reconnu de nous en son image, L'uiuelle il a imprinnie aux Escritures. Il est l'autlieur d'icelles : il ne peut pas estre variable ne dissemblable à soy- Parquoy il faut (pi'il demeure tousjoui's tel qu'il s'est la une fois déclare, (lela ne luy t(jurne pas en opprobre, sinon que nous disions que ce luy fust lionneur de dégénérer de soy-mesme, et comme se renoncer.

3. Toucbant ce qu'ils nous taxent de trop nous arrester à la lettre (jui occit : en cela ils monstrent comment ils n'eschajjpent point la punition de Dieu, d'avoir liesprisé l'Escriture. Car il appert assez que sainct Paul combat en ce passage contre les séducteurs, qui exaltent la Loi nue sans Christ, destournant le jjeuple de la grâce du nouveau Testament : au(juel le Seigneur promet qu'il engravera es entrailles des fidèles sa Loy, et l'escrira en leurs cœurs (2 Cor, 3, 6). La Loy de Dieu donc est lettre morte, et occit ses disciples quand elle est séparée de la grâce de Christ, et sonne tant seulement aux oreilles sans toucher le cœur : mais si par i'espiit de Dieu elle est vivement imprimée en la volonté, et si elle nous communirpie Jésus Christ : elle est la i)arolle de vie, convertissant les âmes, donnant sagesse aux petits. Et de fait au mesme passage l'Apostre appelle sa prédication Ministère de l'esprit (;2 Cor. 3, 8) : assavoir, signifiant que l'Esprit de Dieu est tellement conjoinct etlié à sa vérité, Ia(iuelle il a exprimée es Escritures, que lors finalement il declaire sa vertu quand la Parolle est receue en telle révérence qu'il appartient. Ce qui ne répugne rien k ce qui a esté n'agueres dit : c'est que la Parolle ne nous est gueres certaine, sinon qu'elle soit ap-

I)rouvée par le tesmoignage de l'Esprit. Car le Seigneur a assemblé et accouplé connue d'un fien nuituel, la certitude de son Esprit et de sa Parolle : afin que nostre entendement reçoive icelle jiaroUe en obéissance, y voyant reluire l'Esl)rit, qui luy est connue une clarté pour luy faire là contempler la face de Dieu : afin aussi que sans crainte de tromperie ou erreur, nous recevions l'Esprit de Dieu, le recognoisssant en son image, c'est à dire en sa parolle. Et certes il est ainsi. Car Dieu n'a pas voulu faire une monstre et parade de petite durée, en donnant sa ParoUe aux hommes, laquelle il vousist incontinent abolir par l'advenement de son Esprit. Mais plustost il a envoyé son Esprit, par la vertu duquel il avoit auparavant dispensé sa parolle, pour achever son ouvrage en icelle, la conformant avec efficace. En ceste manière Christ ouvroit l'entendement à ses deux disciples : non pas pour les rendre sages d'eux-mesmes en rejetlant l'Escriture : mais afin qu'ils en eussent intelligence (Luc 24, 27). Pareillement sainct Paul, en exhortant les Thessaloniciens de ue point esteindre rE.sprit(l Thess.5, 19. 20), ne les ti'ansporte point en l'air à vaines spéculations hors de la Parolle : mais consequemment il adj ouste, qu'Us ne doyvent point mespriser les prophéties. En quoy pour certain il signifie que lors la lumière de l'Esprit est suffoquée, quand les Prophéties viennent en mespris. Que diront à cela ces orgueilleux phantasticiues, qui ne rejiutent autre illumination estre valable, sinon quand en délaissant et repoussant loin la parolle de Dieu, ils prennent témérairement tout ce qu'en ronfiant leur vient à la phantasie ? Certes il y doit bien avoir une autre sobriété aux enfans de Dieu, lesquels, comme ils se voyent desnuez de toute lumière de vérité quand ils sont sans l'esprit de Dieu : pour ceste cause ils n'ignorent pas que la Parolle est comme instrument, par lequel le Seigneur dispense aux fidèles l'illumination de son Esprit. Car ils ne cognoissent point d'autre esprit, que celuy qui a habité aux Apostres, et a parlé par leur bouche, par lequel ils sont tousjours réduits et ramenez à donner audience à la Parolle.

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