‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 433 sur 703 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

quels il olîre sa parolle pour s"allior avec eux. Ainsi combien qu'ils soyeut conviez extérieurement, ils n'ont point la vertu île persévérer jusques a la lin. Ainsi telle Nucatiun externe sans l'ellicace secrète du saiuct Esprit, est comme une .urace moyenne entre la rejection du ^aMU'e humain et l'élection des lideles, qui vrayement sont enlans de Dieu. Tout le peuple d'Israël a esté appelé l'iieritajie de Dieu : et touteslois il y en a eu beaucoup d'estran.ires : mais jjonrce rpie Dieu n'avoit point [iritmis frustratoirement de leur estre père et rédempteur, il a plustost eu esj;ai-d en leur donnant ce tiltre, à sa fa\eur yraluite, cpi'a la vilaine desloyauté des apostats «lui se révoltent, par lesquels aussi sa vérité n'a pas esté abolie : car en se gardant (luekjue résidu, il est apparu que sa vocation estoit sans rcpentance : car en ce (pi'il a tousjours ramassé son Ei^lise des enlans d'Abraham, plustost que des nations profanes, il a eu es.uardà son alliance. Et combien cpi'il l'ait restrainl à peu de gens, pource que la plus grande part à cause de son incrédulité n'en estoit jioint capable, tant y a prouveu qu'elle ne delaillist pdinl. Hi'el l'adoption comnuuie de la lignée d'Abraham a esté connue une image visible d'un plus grand bien et plus excellent, «pii a esté propre et particulier aux vrais esleus. C'est la raison pour kuiuelle sainct Paul discerne tant soigoeuscment les enfans d'Abraham selon la chair, d'avec les spirituels qui ont esté appelez à l'exemple d'Isaac (Rom. 9, 7. 8). Non pas que c'ait esté simplement une chose vaine et inutile d'estrc enlans d'Abraham (ce qui ne se peut dire sans faire injure à l'alliance de salut, de laquelle ils estoyent héritiers quant à la promesse) mais pource que le conseil immuable de Dieu, par lequel il prédes-

tine ceux (jue bon luy semble, a desployé .sa vertu pour le .salut tic ceux (pii sont nommez spirituels. Or je prie et exhorte les lecteurs de ne se point [m eocciqiei' d'une opinion ou il'autre, jusques à ce tpi'ayant ouy les tesmoignages de l'Escritnre ipie je produyray. ils cognoissent ce (ju'ils en devront tenir. .Nous disons donc, comme l'Escriture le monstre évidemment, que Dieu a une fois décrété i)ar son conseil éternel et imnuiable, les(|uels il vouloit prendre a salut, et lesquels il vouloit dévouer à {)erdition. Nous disons (jue ce conseil, (juand aux esleus, est fondé en sa miseiicorde sans aucun regard de dignité humaine. Aucon traire, (pie l'entrée de vie est forclose à tous ceux (ju-'il veut livrer en damnation: et (pie cela se fait pai' son jugement occulte et inconqirehensible, combien (lu'il soit juste et e(iuitable. Davantage, nous enseignons (jue la vocation des esleus estcomme une monstre et tesmoignage dt^ leur élection. Pareillement, que leur juslilicatiou en est une autre maniue et enseigne, jusques à ce qu'ils viennent en la gloire en laipiellegistl'accomiilissement d'icelle. Or comme le Seigneur mar(pie ceux (lu'il a esleus, en les appelant et justiliant: aussi aucontraire, en privant les reprouvez de la cognoissance de sa parolle, ou de la sanctilication île son Esprit, il demonstre par tel signe ([uelle sera leur fin, et (jucl jugement leur est prépaie, .le laisseray icy beauc()U[) de resveries que i)hisieurs fols ont forgées pour renverser la prédestination : je m'arresteray seulement à considérer les raisons lesquelles ont lieu entre gens savans, ou peuvent engendrer quelque scru])ule entre les simples : ou bien ont quehiue apparence pour faire à croire que Dieu n'est point juste, s'il est ainsi que nous tenons.

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