‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 621 sur 703 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

noyeut point encore la force. Et n'estimons pas (|u"il soit licite d'eniprunter rcij^le des expiations des Payens, laquelle clian^^e en nustre Haptesnie la loy inviolable que Dieu a establie en la Circoncision. Pour conclusion, il argue que s'il est licite de baptizer sans intelligence, le Haptcsnie (|ue font les petits enians en leurs jeux et badinages sera vallable. Mais je le renvoyé à Dieu pour playder contre luy, veu qu'il a ordonné que la Circoncision fust commune tant aux grans qu'aux petits, sans attendre que les enfans vinssent en a;ige d'Iiomme. Puis que tels a esté le connnandementde Dieu, malheur sur celuy qui sous telle couleur voudra renverser l'insiitution saincte et immuable de Dieu. Mais il ne se faut point esbaliir si ces esprits réprouvez, comme estans transportez de plirenesie, desgorgent des absurditez tant énormes pour maintenir leurs erreurs, veu que Dieu punit justement par telles forcenerie leur orgueil et obstination. Certes je pense avoir assez évidemment monstre combien les raisons de Servet sont débiles, pour aider ses confrères en cest endroit.

3:2. Ce que nous avons dit est assez suffisant, comme on peut voir, pour monstrer comment sans raison ne propos ceux-là troublent l'Eglise du Seigneur lesquels esmeuvent questions et débats, afin de reprouver l'observation saincte qui depuis les Apostres a esté gardée diligemment des fidèles, puis que nous avons évidemment prouvé qu'elle a certain et asseuré fondement sur la saincte Escriture : et aucontraire, avons abonilamment refuté toutes les objections, lesquelles ont accoustumé de se faire à l'encontre. Tellement que nous ne doutons point que tous bons serviteurs de Dieu, après avoir leu ce traité, ne soyent pleinement satistaits, et n'icpperçoyvent à l'œil que tous les assauts qui se font pour renverser et abolir ccste saincte ordonnance, ne soyent cauteleuses ma-

chinations du diable, afin de diminuer le fruit singulier de fiance et consolation que le Seigneur nous a voulu donner par sa promesse, et obscurcir d'autant la gloire de son nom : laquelle est d'autant plus exaltée, que les largesses de sa miseri(H)rde sont amplement espandues sur les hommes. Car quand le l'ère céleste visiblement nous testifie par le signe dn Baptesme, que pour l'amour de nous il veut avoir esgard a nostre postérité, et estre Dieu de noz enfans, n'avons-nous point bonne matière de nous resjouir, à l'exemple de David, reputans que Dieu prend envers nous la personne d'un bon père de famille, estendant non seulement sur nous sa providence, mais sur les nostres après nostre mort? En laquelle re.sjouissance Dieu est singulièrement glorifié. Voila pouiciuoy Satan s'efforce de priver noz enfans de la comnuniication du Baptesme : c'est afin que ceste testification (jue le Seigneur a ordonnée pour nous confermer les grâces qu'il leur veut faire, estant effacée de devant noz yeux, petit à petit nous oublions pareillement la promesse ([u'il nous a donnée pour eux. Dont s'ensuyvroit non seulement une ingratitude et mescognoissance de la miséricorde de Dieu envers nous, mais une négligence d'instruire noz enfans en la crainte et discipline de .sa Loy, et en la cognoissance de sou Evangile. Car ce n'est pas petit esguillon pour nous inciter à les nourrir en vraye pieté et obéissance de Dieu, quand nous entendons que dés leur nativité le Seigneur les a receuz entre son peuple, pour membres de son Eglise. Parquoy ne rejettans point la grande bénignité de nostre Seigneur, présentons luy hardiment noz enfans, ausquel.? il a donné par sa promesse entrée en la compagnie de ceux qu'il advoue pour ses familiers et domestiques de sa maison, qui est l'Eglise Chrestienne.

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