‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 68 sur 703 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

coiiiiiiriiceiiu'ul il n'ait ilonnô à cn^Mioistre sa lioiile, sagessi' et justice. Atiii iloiic île ri'lMiuter telles imaginations, il est requis d'i-slever UdZ entemleuieiis plus haut ([ue noz yeux ne peuvent atteindre. El île fait il est vray semblable, ijue (-'a esté à ceste fin et intention (juau conrile (ie Nice Dieu est notamment appelé ereateui' lies choses invisibles. Toutesl'ois en |taiiant des Anj^es je m'estudieray a icnii' telle mesure que IHeu nous commande: c'est de ne point spéculer plus haut (|u'il sera expédient, de peur (pie les lecteurs ne SLiyent escartez île la sinqdieite de la foy : car aussi puis que le saiiict Esprit nous CDseigne tou.sjours ce (pii nous est utile: et la où il n'y a pas grande importance pour ediller, il se tait du tout, ou bien il en touche légèrement et en passant : nostre devoir est d'ignorer volontiers ce (jui n'apjtorte nul profit.

'i. Certes puis (jue les Anges sont uiiiiistn's de Dieu, ordonnez pour faire ce qu'il leur commande, il n'y a doute ipi'ils ne soyent ses créatures d's. l():{|. D'esmouvoir (|uestions contentieuses pour savoir en (piel temps ils ont esté créez, ne seroit-ce point (tpiniastreté plustost (pie diligence' Moyse recite (pie la terre a esté parfaite, et les cieux parfaits avec tous leurs ornenïens ou armées ((îen. :2, 1) : que faut il se tormenter iiour sa\oir au (piantieim' jour les Anges (jui sont armées du ciel ont commencé d'estre? A fin de ne faire [tins long procès, ([u'il nous souvienne, (ju'icy aussi bien qu'en toute la doctrine Chrestienne il nous faut reigler en humilité et modestie, pour ne parler ou sentir autrement des choses obscures, mcsnie pour n'ap- |ieter d'en savoir, que comme Dieu nous en traite par .sa Paroile : puis après ([ue nous devons aussi tenir une autre reigle, c'est qu'en lisant l'Escriture nous cherchions continuellement et méditions ce (pii ajipartient a l'édification, ne lascliant point la bride a nostre curiosité, n'a un désir d'apprendre les choses qui ne nous sont p(tint utiles. Et d'autant (pie Dieu nous a \(iulu instruire, non point en i|uestions frivoles, mais en vraye pieté, c'est à dire en la crainte de son nom. en sa fiance, en saincteté de vie, contentons n(nis de ceste science. Parquoy si nous \oulons (jue nostre savoir soit droitement ordonné, il nous faut laisser ces questions vaines, des(iuelles se débattent les esprits oisifs traitans sans la parolle de Dieu, de la nature et nuiltitude des Anges et de leurs ordres, .le say bien (pie plusieurs sont plus convoiteux d'eii(|uerir de ces choses, et y prennent plus de plaisir qu'à ce qui nous doit estre familier par l'usage continuel : mais s'il ne nous fasclie pas d'estre disciples de Jésus Christ, (pi'il ne nous soit point grief de suyvre la facjon de profiter (pi'il nous a monstrée. En ce fai.'^ant nous serons contens de la doctrine qu'il nous baille, en nous abstenant de toutes (luestioiis supertlues, desquelles il nous

retire: et non seulement pour nous en faire abstenir, mais a ce (pie nous les a\(»ns en horreur. Nul ne niera que celii\ (pii a escritla Hiérarchie céleste, (pi'on intitule de sainct Denis, n'ait là (^lisputé de beaucoup de choses avec grande subtilité: mais si quelcun espluche de plus près les matières, il ti'ouvera (pie pourla|iliis grande part il n'y a (pie pur babil. Or un Théologien ne doit pas apiili(iuer son estiide à délecter les oreilles en jasant, mais de confcrmer les consciences en enseignant choses vrayes. certaines et utiles. H seiidde en lisant ce livre-là (pie ce s(»it un homme tombé du ciel (pii recite les choses (pi'il a non seulement apprises, mais \eues a 1 u'il. Ur sainct l'aul, (piiavoit esté eslevé par dessus le troisième ciel, non seulement n'a pas ainsi enseigné, mais a protesté qu'il n'estoit point licite de relever les secrets (pi'il avoit veu {"2 Cor. 12, 1 ss.). Pourtant en laissant là toute ceste folle sagesse, considérons seulement st^oii la simple doctrine de l'Escriture ce que Dieu a voulu que nous seussious des Anges.

0. Nous lisons par toute l'Escriture, ([ue les Anges sont esjirits célestes, du ministère des- (piels Dieu se sert pour faire et exécuter sa volonté : et de là aussi leur est imposé le nom d'Anges, d'autant (pie Dieu les fait ses messagiers envers les lioimues, pour se manifester a eux. Semblableiuent les autres noms que l'Escriture leur donne, s(»nt piins d'une mesine raison. Ils sont appelez Armées (Luc "2, i'^), d'autant (pie comme les gendarmes sont autour de leur Prince ou Capitaine, aussi ils sont jtresens devant Dieu pour orner et honnorer sa majesté: et sont tousjours prests atteiidaiis son bon plaisir, i)our s'employer iiar tout où il ordonne, ou plustost avoir la main a r(eiivi-e. En telle magnificence nous est dcscrit le llir(jiie de Dieu par tous les Prophètes, et nommément en Daniel, quand il dit (pie Dieu estant monté (Ml son siège royal, il avoit des millions d'Anges en nombre infiny tout à l'entour (Dan. 7, 10). Davantage, pource que Dieu dedaire par eux la force de sa main, ils sont de là nommez Vertus (Col. i, 10). Pource (pi'il exerce par eux son Emjiire par tout le monde, selon ceste raison ils sont nommez maintenant Priiicipautez, niainteiiaiit Puissances, maintenant Seigneuries (lilplies. 1. :21 ). Finalement pource (|ue la gloire de Dieu réside en eux. ils sont aussi nommez ses Thrones : condiien (pie touchant ce dernier mot je n'en veux rien alîeiiiier, pource que l'autre exposition convient aussi bien ou mieux. Mais lais.sanl là le nom de Thrones: quant aux jirecedensdont nous avons parlé, lesainctEsprit use souventesfois de ces filtres, pour magnifier la dignité du ministère des Anges. Car ce n'est pas raison que les créatures dont le Seigneur use comme d'instruinens pour dcclairer specia-

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