‹ Institution de la religion chrétienneChapitre 73 sur 703 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

idillcs qu'oïl ne sauroit souhaiter chose plus deleetahle a voir: qu'il a assi^jiié a d'aucunes, connue aux csloilles du tiiiiianient, leurs tlenieures arrestées, en sorte qu'elles ne se peuvent houj^er d'un certain lieu : aux autres, connue aux planettes, iju'il leur a permis d'aller ça et la. neaiitnioius en sorte qu'en valant elles n'outrepassent pttint leurs limites: (ju'il a tellement distrihué le mou\enient et le cnurs il'une charune. qu'elles mesurent les temps pour diviser le jour et la nuict, les ans et leurs saisons: mesme que ceste inequalité des jours que nous \ oyons, il l'a si bienrengée en hoiioidi'e. qu'elle ne peut en-jendrer confusion. Semhlahlement, cpiand nous considérons sa puissance (ju'il démontre en soustcnant une si grosse niasse ([u'est celle du monde universel, et en Taisant lom"ner le ciel si iegicrement. qu'il achevé son cours en vinjxtquatrr heures, et autres choses semblahles. (>es exenqjles declairent assez que c'est de recognoistre les vertus de Dieu en la création du monde. Car si nous voulions tiaiter cest ariiument selon qu'il mérite, il n'y auroit nulle lin. comme j'ay desja dit. Car aut^mt (juil y a d'espèces de créatures au monde, ou [tlustost autant ipi'il y a de choses grandes ou petites, autant y a-il île miracles de sa puissance, d'approbations de sa bonté, et enseignemens de sa sagesse.

ai. Le second poinct qui appartient plus proprement <à la loy, est de comprendre que Dieu a ordonné toutes choses à nostre profit et salut : et mesme de contempler sa puissance et sa grâce en nousmesmes et aux bénéfices qu'il nous a fait, à fm de nous inciter par cela à nous fier en luy. à l'invociuer. à le louer et aimer. Or qu'il ait crié toutes choses pour l'honnue, il l'a demonstré en l'ordre qu'il a tenu, comme j'en ay adverti n'agueres. Car ce n'est point sans cause (ju'il a divisé la création du monde en six jours (tien. 1, 3lj: comme ainsi soit qu'il peust

aussi facilement parfaire le tout en une minute de temps, que d'y procéder ainsi petit a petit. Mais en cela il nous a voulu monstrer sa providence, et le soin paternel (piil a de nous, (jue devant qu'avoir créé l'homme, il luy a appresté tout ce (lu'il prevoyoit luy devoir eslre utile et salutaire. Or quelle ingratitude seroit-ce maintenant de douter si un si bon Père a le soing do nous, quand nous voyons (ju'il a pensé de nous pourvoir, mesme devant que nous fussions naiz ? Quelle meschanceté seroit-ce de trembler de deffiance, en craignant que sa largesse ne nous défaille en la nécessité, (juand nous voyons qu'elle a esté espandue sur nous si abondamment devant que nous fussions? Davantage, nous oyons de la bouche de Moyse, (jue toutes créatures du monde nous sont assubjetties par la bonté d'iceluy (Gen. 1, 28; 9, 2). Il est certain qu'il n'a point fait cela pour se mo(pier de nous par un filtre frivole de donation, laquelle soit nulle. Il ne faut donc craindre que rien nous défaille, entant (ju'il sera expédient pour nostre salut. Finalement, pour faire brieve conclusion, toutesfois et quantes que nous appelions Dieu, Créateur du ciel et de la terre, (pi'il nous vienne aussi en pensée, (|u'il est en sa main et en sa puissance de disposer de toutes les choses (pi'il a fait, et que nous sommes ses enfans, lesquels il a prins en sa charge pour nourrir et gou\eriier : tellement que nous attendic^is tout bien de luy, et que nous espérions pour certain que jamais il ne permettra (}ue nous ayons faute des choses qui nous sont nécessaires à salut, et que nostre espérance ne dépende point d'ailleurs : et quelque chose que nous desirions, que nous la demandions de luy : et quelques biens aussi que nous ayons, que nous luy en lacions recognoissance avec action de grâces; qu'estans incitez par une si grande libéralité (pi'il nous monstre, nous soyons induits à l'aimer et honorer de tout nostre cœur.

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