CHAPITRE XVIII
ne s'en aliéner sans eseourre le puis: de Dieu, (|ui l'avuit la assiijeli : et tuutest'ois (|ue la liLierlé na |)as esté oslée a Dieu (|u'il ue iiunisl Tinj^ratilU'if (le SaldUKin par tel moyen. Nous voyons comment Dieu, qui hait la (lesloyaulé, a justement \oulu i>our une autre (in, uuc révolte de soy mauvaise. Dont aussi Jeroitoam est poussé eoiitre son espoir au royaume par l'onction du l'ro|ilicle. Pour ceste laison l'histoire saincte declaire (jue c'est Dieu qui a suscité un ennemy 'au nis de Salomon pour le despouiller d'une partie de son ro\aiuiie (1 iiois 11,:2:{). (Jue les lecteurs poisent dilifxemment ces deux choses: assavoir, ([ue d'autant ([u'il avoit pieu a Dieu (|ue tout ce i)euple fust conduit sous la main d'un seul Roy, ([uand il est couppé et divisé en deux parties, cela se lait contre sa volonté : et neaiitmoins que c'est aussi de sa propre volonté que le commencement de tel divorce est advenu. Car ce que le Prophète tant de bouche (jue par l'onction sacrée solicite Jeroitoam à ref,nier, sans (|uil y pensast, cela ue se fait pas maujjfré Dieu, ou sans son seu, veu (|uc c'est luy (jui envoyé son mes.sa^'er: et toutesfois le peuple à bon droit est redar<:ué de rébellion, en ce que contre le vouloir de Dieu il s'est révolté de la maison de David. Suivant cela l'histoire saincte exprime notamment (|ue Rehabeam a par' son orj^aieil refusé la requeste du peuple, qui demandoit estre .soulagé (1 Rois 12, lo): et que tout cela a esté fait de Dieu, pour ratifier la parolle qu'il avoit prononcée par la main d'Aliiha son serviteur. VoUa conuaent l'union que Dieu avoit con.sacrée, a esté dissipée contre son vouloir : et neantmoins (|ue luy-mesme a voulu que les dix lignées fussent ostées au fils de Salomou. Adjoustons un exemple semblable: Quand les fils du Roy Acliab sont tous meurtris, et sa lignée exterminée, le peuple y consent, et mesme y ayde (2 Rois 10, 7): sur cela Jchu dit (pi'il n'est rien tombé en terre des parofies de Dieu, et de ce qu'il avoit prononcé par la main de son serviteur Helie. Ce (]ui estoit bien \ray et neantmoins il ne laisse point de taxer à bon droict les habitans de Samarie, de ce ([u'ils avoyent servi à telle exécution. Estes-vous justes ? dit-il : car si j'ay cons|)iré contre mon maistre, qui est-ce qui a nieurtry tous ceux-cy? Je pense avoir desja assez clairement deduict cy dessus, comment
en un mesme acte le crime et forfait des honnnes se declaire, et la justice de Dieu reluyt, et tousjûiu's les gens modestes se contenteront de ceste lesponse de sainct Augustin: Comme ainsi soit, dit-il, que le Peie céleste ait livré son Fils a mort, que Jésus Christ se soit livré, et que Judas ait livré son maistre : ""'connuent en telle conformité Dieu est-il juste etriionuiiecouliiable, sinon (|u"en une mesme chose (pi'ils ont faite, la cause qui les y a induits n'est pas une ? Or si quelcun se trouve envelop])é en ce que nous disons qu'il n'y a nul consentement de Dieu avec les mesclians, (juand ils sont poussez de luy par un juste jugement a faire ce (pii ne leur est pas licite, et mesme (pi'ils cognoissent leur estre défendu de luy : qu'ils pensent bien à l'advertissement que donne ailleurs ce mesme docteur : Qui est-ce, dit-il, qui ne tremblera à ces jugemcns-cy, ([uand Dieu besogne aux coeurs des mescbans selon qu'il luy plaist, et neantmoins leur rend selon leui's démérites ?^''^ Et de fait, en la tialiis(»n (ju'a iait Judas, il n'y aura non plus de raison d'attribuer aucune coulpe à Dieu, de ce qu'il a voulu son Fils estre livré à mort, et l'y a livré de fait, que de donner à Judas la louange de nostre redenq)tion et salut, d'autant <[u'il en a esté ministre et instrument. Paniuoy le mesme docteur dit tresbien en un autre passage, (|u'en cest examen Dieu ne s'emiuierl point de ce (|uc les hommes ont peu faire, ou de ce qu'ils ont fait, mais de ce qu'ils ont voulu: tellement que c'est le conseil et la volonté qui viennent en conte. Que ceux qui trouvent cecy trop aspre ou rude, pensent un peu combien leur chagrin et desdain est supportable, en ce qu'ils rejettent ce (jue Dieu a clairement testilié par tant de passages de l'Escriture, sous umbrc que cela surmonte leur capacité: mesme qu'ils osent bien blasmer ceux qui mettent en avant la doctrine, la(iuelle Dieu n'eust jamais permis estre publiée par ses Prophètes et Apostres, s'il ne l'eust cognuc estre utile. Car nostre savoir ne doit esti'e autre, que de recevoir avec un esprit débonnaire et docilité, tout ce qui nous est enseigné en l'Escriture sans rien excepter. Ceux qui se lasclientencores plus la bride a detracter, d'autant (jue sans honte ne vergongne ils jappent contre Dieu, ne sont pas digues de plus longue réfutation.
LE iSECOXD LIVRE
DE
LINSTITUTIOX CHRESTIENNE
nri KST ItK LA CÛGNOISSANCE DE DIEU, ENTANT Ql'IL SEST MOXSTHÉ
HEDEMl'TEL R EN JESl'S CHRIST : LAQIELLE A ESTÉ COGNl'E PREMIEREMENT DES PERES